Noël Thomas, ancien photographe publicitaire et industriel, s'est reconverti dans l'image sportive, il y a dix ans, lorsqu'il est venu vivre à la Réunion. Depuis quatre ans, il couvre les rencontres handisports sur l'ßle mais aussi en Métropole et à l'étranger lorsque les occasions le permettent.
Depuis quelques années, Noël Thomas a le handisport dans l'?il et dans le c?ur. Il a fait la connaissance des membres du comité régional handisport, par hasard, lors des Jeux des ßles de 2003, événement qu'il couvrait pour les médias réunionnais. " Nous avons sympathisé et j'ai eu envie de les suivre, explique-t-il alors qu'il accompagne, en voiture, le tour de l'ßle des "Messagers de l'Espoir"". à l'époque, La Réunion, seul territoire à avoir une filiÚre handisport bien structurée, était la meilleure de la discipline ; aujourd'hui, Madagascar et Maurice l'ont surpassée. " Il faut re-motiver les jeunes, leur redonner le goût de l'effort. Les effectifs sont moins nombreux qu'avant et surtout inégalement répartis sur l'ßle. Du coup, certaines vocations, faute de partenaires et de stimulation, s'éteignent, déplore le photographe. Il faut aussi que les sportifs valides comprennent qu'ils peuvent jouer au tennis, à la pétanque ou au basket avec des personnes handicapées ".Un contact fort avec les athlÚtes
Pour ce grand amateur de sport en tout genre, le handisport est synonyme d'émotions vives, d'échanges trÚs forts avec les athlÚtes. " Le contact est différent de celui que l'on a avec un sportif valide. Ce dernier pratique pour son plaisir alors que, dans le cas d'une personne handicapée, faire du sport s'apparente plus à une galÚre et demande davantage d'efforts. De plus, le sportif handicapé agit pour lui, pour sa propre cause et non pour la gloire " témoigne le photographe. Pour montrer le dépassement de soi porté à son paroxysme, pour rendre compte de la prouesse réalisée, Noël Thomas s'attache, avec son appareil, à saisir l'effort dans les attitudes du corps, les expressions du visage : " Je suis contre l'idolùtrie du champion. Pour moi, le premier n'a pas de mérite. Je préfÚre me focaliser sur ceux qui sont au milieu ou qui arrivent en dernier. C'est toujours cette notion d'effort qui me fascine " confie-t-il.
Chaque moment est important
Quand on lui demande son plus beau souvenir, il rĂ©pond qu'il n'a pas de prĂ©fĂ©rence ; tous les moments, qu'ils soient associĂ©s Ă de grandes compĂ©titions comme le championnat de France de basket en fauteuil (pour lequel une Ă©quipe du Port est d'ailleurs allĂ©e jusqu'aux phases finales de D2 cette annĂ©e) ou Ă de simples rencontres locales, sont dignes d'intĂ©rĂȘt et riches en Ă©motion. " DĂšs lors que j'aime le sujet, je m'Ă©clate. Je photographie par conviction " raconte NoĂ«l Thomas. Il Ă©voque toutefois un penchant particulier pour le Torball, ce sport pour non-voyants et malvoyants qui se joue Ă trois contre trois avec un ballon Ă grelot. Les tirs s'effectuent uniquement Ă la main en lançant la balle sous des ficelles sonores disposĂ©es Ă 40cm du sol au milieu du terrain. " C'est chirurgical ! " s'enthousiasme NoĂ«l Thomas. Chirurgical ? " Les joueurs font preuve d'une prĂ©cision incroyable et peuvent marquer un but toujours au mĂȘme endroit, c'est Ă©tonnant ". Actuellement en sommeil sur l'Ăźle, la discipline n'a pas trop mal rĂ©ussi aux RĂ©unionnais puisqu'ils ont plusieurs fois disputĂ© le championnat de France en nationale 3 et l'ont mĂȘme remportĂ© en 2004 !
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