À La Réunion, 68 % des sociétés et entreprises individuelles (hors micro-entrepreneurs) créées en 2018 sont encore en activité cinq ans après leur création, indique le rapport de l'Insee ce jeudi 12 février 2026. Les sociétés sont bien plus pérennes que les entreprises individuelles (75 %). Les entreprises individuelles sont moins pérennes sur l’île (63 %). Le profil de leurs créateurs, les montants investis et les secteurs d’activité dans lesquels ces entreprises sont créées sont moins favorables. En revanche, pour les sociétés réunionnaises, le profil du créateur influence moins la survie de l’entreprise qu’au niveau national (Photo d'illustration : rb/www.imazpress.com)
- Comme au niveau national, sept entreprises sur dix encore actives cinq ans après leur création -
À La Réunion, parmi les entreprises dites "classiques" créées en 2018 - sociétés ou entreprises individuelles hors micro entrepreneurs -, 68 % sont encore en activité cinq ans après leur création, une part équivalente au niveau national (69 %). À La Réunion comme en France, la pérennité à cinq ans est nettement plus élevée pour les sociétés (75 %) que pour les entreprises individuelles (56 %). Les sociétés réunionnaises sont un peu plus pérennes que les sociétés françaises (71 %) mais les entreprises individuelles le sont moins (63 %).
Le taux de pérennité à cinq ans des entreprises créées en 2018 à La Réunion est nettement plus élevé que celui des entreprises créées en 2014 (57 %). Au niveau national également, le taux de pérennité augmente sensiblement (+8 points).
Cette hausse du taux de pérennité s’explique notamment par une nette baisse de la part des entreprises individuelles classiques parmi l’ensemble des créations : à La Réunion, celles-ci ne forment plus que 40 % des créations d’entreprises en 2018 contre 62 % en 2014. La majorité des entreprises créées en 2018 sont donc des sociétés, bien plus pérennes que les entreprises individuelles. Dans l’Hexagone aussi, la part des entreprises individuelles classiques diminue, passant de 39 % à 21 % des créations d’entreprises.
Le recul des créations d’entreprises individuelles classiques est lié à un changement du cadre juridique. En effet, l’élargissement des conditions d’accès au régime du micro-entrepreneur au 1er janvier 2018 a attiré des entrepreneurs qui, à projet identique, auraient créé en 2014 une entreprise individuelle classique si la législation n’avait pas changé. Le statut de micro-entrepreneur peut être plus pertinent dans certains cas, notamment lorsque l’activité est prévue pour durer temporairement ou lorsqu’elle constitue un complément de revenu.
- La moindre pérennité des entreprises individuelles est liée pour partie au profil des créateurs -
Pour les entreprises individuelles, le profil des créateurs et les moyens investis préfigurent fortement de leur pérénnité. Lorsque leur créateur est diplômé du supérieur ou a déjà une expérience dans la création d’entreprise, les entreprises individuelles sont plus pérennes qu’en moyenne (72 % contre 56 %). De même, plus les montants investis à la création sont élevés, plus l’entreprise individuelle est pérenne. Ainsi, 75 % des entreprises individuelles créées avec au moins 40.000 euros d’investissement initial sont toujours actives cinq ans après, contre 52 % de celles dont le montant était inférieur à 16 000 euros.
La plus faible pérennité des entreprises individuelles réunionnaises s’explique en partie par des effets structurels liés au profil des créateurs d’entreprises, aux montants investis à la création et aux secteurs d’activité. En effet, à La Réunion, les créateurs d’entreprise sont moins souvent diplômés du supérieur qu’à l’échelle nationale (47 % contre 70 %), sont plus souvent d’anciens chômeurs (27 % contre 17 %). Ils investissent aussi des montants plus faibles au moment de la création (11 % investissent 40 000 euros au moins contre 14 % en moyenne nationale).
- Les sociétés réunionnaises sont plus pérennes et le profil du créateur joue peu -
La part des sociétés dans les créations est bien plus faible à La Réunion qu’au niveau national (60 % des entreprises créées en 2018 contre 79 %). Au contraire des entreprises individuelles, la pérennité des sociétés réunionnaises diffère peu selon le profil des créateurs et le montant des moyens investis à la création. Ainsi, que le créateur d’une société soit diplômé du supérieur ou détenteur d’un CAP n’a que peu d’influence sur la pérennité de la société. Il en est de même pour l’expérience passée du créateur et son âge : qu’il ait moins de 30 ans ou plus de 55 ans, la pérennité des sociétés est la même en moyenne. Ce n’est pas le cas au niveau national : les sociétés créées par des personnes moins diplômées, plus âgées ou encore qui étaient inactives au moment de la création sont moins pérennes que les autres.
- Les entreprises créées dans l’enseignement privé, la santé et l’action sociale sont les plus pérennes -
Les entreprises créées dans le secteur de l’enseignement privé, de la santé humaine et l’action sociale, ainsi que dans le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques, sont les plus pérennes, aussi bien pour les entreprises individuelles que pour les sociétés.
En revanche, dans l’hébergement et la restauration, les entreprises rencontrent davantage de difficultés à maintenir leur activité cinq ans après. C’est le secteur où le taux de pérennité est le moins élevé, que ce soit pour les entreprises individuelles (39 %) ou les sociétés (67 %). La pérennité à cinq ans est également faible dans le secteur des activités de services administratifs ou de soutien aux entreprises (43 % pour les entreprises individuelles et 70 % pour les sociétés).
Dans le secteur du commerce, la pérennité des entreprises individuelles est relativement faible également (49 %). À La Réunion, les poids plus important du commerce parmi les entreprises créées en 2018 et plus faible des activités scientifiques et techniques contribuent à une pérennité à cinq ans moindre qu’au niveau national des entreprises individuelles.
- Un effet positif des aides versées lors de la crise sanitaire sur la pérennité des entreprises concernées -
La pérennité à cinq ans des entreprises créées en 2018 est liée notamment à l’impact que la crise sanitaire a eu sur celles encore actives à ce moment. À La Réunion, parmi les entreprises créées en 2018 et toujours actives en 2021 pendant la crise sanitaire, 92 % l’étaient toujours deux ans après. Ces entreprises ont donc mieux résisté entre leur 3e et 5e année d’activité que les entreprises créées en 2014 : 86 % des entreprises de cette génération ayant atteint le cap de la 3e année étaient encore actives la 5e année.
Ainsi, les aides versées aux entreprises affectées par la crise sanitaire ont permis d’augmenter leur pérennité : 93 % de celles ayant perçu une aide sont toujours actives en 2023 contre 85 % de celles n’en ayant pas perçu. Toutefois, la crise sanitaire a eu un impact négatif sur la majorité des entreprises : 66 % d’entre elles encore actives en 2021 déclarent avoir connu une diminution de leur chiffre d’affaires au cours de cette période.
- 48 % des sociétés sont employeuses après cinq ans d’activité -
Fin 2023, 2 960 personnes travaillent dans les entreprises créées au premier semestre 2018, dont 1 650 salariés, soit 650 de plus que fin 2018. Cinq ans après leur création en 2018, la moitié des sociétés encore actives emploient au moins un salarié en plus du dirigeant. Cette proportion est la même qu’au niveau national. Au sein des entreprises individuelles classiques, seules 16 % sont employeuses contre 19 % au niveau national.
Parmi les entreprises employeuses, les sociétés ont en général plus d’employés que les entreprises individuelles. Ainsi, 51 % des sociétés emploient plus de 2 salariés contre 24 % des entreprises individuelles.
