Ce vendredi 20 février 2026, aucune prise de parole face à la presse réunionnaise par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, actuellement en visite dans l'île. C'est par le biais de ses réseaux sociaux que le Garde des Sceaux a annoncé avoir signé deux circulaires pour les Outre-mer. La première porte sur la politique pénale et fixe comme priorités la lutte contre le narcotrafic présent partout en Outre-mer. La seconde vise à mieux armer les juridictions pour faciliter la résorption du désordre foncier (Photo : sly/www.imazpress.com)
"La première porte sur la politique pénale et fixe comme priorités la lutte contre le narcotrafic présent partout en Outre-mer, certes avec une intensité variable ; les violences intrafamiliales, véritable fléau, en particulier dans ces territoires ; la délinquance sous toutes ses formes ; les atteintes à l'environnement, véritable atout des territoires ultramarins ; et les atteintes à la probité", a écrit Gérald Darmanin sur X.
"La seconde vise à mieux armer les juridictions pour faciliter la résorption du désordre foncier qui limite les perspectives de développement économique de ces territoires et génère des conflits au sein des familles avec, parfois, des conséquences pénales", poursuit-il.
J'ai signé aujourd’hui deux circulaires très importantes pour les Outre-mer.
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) February 20, 2026
La première porte sur la politique pénale et fixe comme priorités la lutte contre le narcotrafic présent partout en Outre-mer, certes avec une intensité variable ; les violences intrafamiliales,… pic.twitter.com/RZBeMcRN1l
- La lutte contre les formes de délinquance doit faire l’objet d’un traitement prioritaire -
Un nombre élevé d’atteintes à la probité est enregistré dans les Outre-mer, rapporté au nombre d’habitants. À La Réunion, la délinquance augmente légèrement : +6 %, contre +9 % en 2024 et +16 % en 2023. Selon la préfecture, en 2025, 35.726 faits de délinquances ont été commis, contre 33.793 en 2024.
"La lutte contre ces infractions doit dès lors faire l’objet d’un traitement prioritaire et diligent par vos parquets, en sensibilisant l’ensemble des acteurs concernés à la nécessité de vous dénoncer systématiquement les faits", souligne le ministre de la Justice.
"Une attention accrue devra être portée aux faits de corruption en lien avec la criminalité organisée, dont il a été constaté une hausse significative. À ce titre, vous serez particulièrement vigilants aux faits mettant en cause des acteurs de la chaine pénale, qui fragilisent fortement l’autorité judiciaire et l’administration pénitentiaire", adresse-t-il aux autorités judiciaires.
- Une lutte contre la criminalité organisée renforcée -
Stupéfiants, armes, blanchiment... Les infractions à la législation sur les stupéfiants sont en progression de +130% depuis 2019 (1.980 faits en 2019 contre 4.553 en 2025), qui traduit la forte activité des services.
"La lutte contre le narcotrafic, les crimes et délits connexes qu’il génère, comme les gains financiers qu’il induit, constituent une priorité absolue en métropole comme dans l’ensemble des territoires ultramarins", déclare Gérald Darmanin.
"La diffusion de la violence armée, par les gangs ou par les mineurs, doit faire l’objet d’une réponse pénale dissuasive. À ce titre, les liens avec les autorités préfectorales devront être renforcés et protocolisés s’agissant notamment de la transmission des décisions de condamnation permettant une mise à jour des fichiers administratifs afin d’assurer une meilleure circulation de l’information, dans un souci de prévention et d’un meilleur contrôle de la circulation des armes", est-il indiqué dans la première circulaire.
"L’implication croissante des mineurs dans l’exploitation sexuelle, compte tenu de la précarité socio-économique des populations et de la prégnance des ruptures scolaires dans les territoires d’Outre-mer, justifie que les personnes ayant recours à la prostitution de ces mineurs soient systématiquement poursuivies et sévèrement réprimées. En cas de recours à la prostitution de mineur de 15 ans par un majeur, la qualification de viol sur mineur de 15 ans doit être privilégiée par rapport à celle de recours à la prostitution et celle de traite des êtres humains doit être envisagée pour les exploitants."
Enfin, "les vulnérabilités accrues des territoires ultramarins en matière de blanchiment de capitaux justifient un effort de coordination avec l’ensemble des services concernés afin d’identifier des cibles prioritaires et des modes d’entrave adaptés, mais aussi de mobiliser les outils juridiques les plus efficaces, telle la présomption de blanchiment et la saisie des fonds illicites".
- Gérald Darmanin veut protéger davantage les victimes de violences intrafamiliales -
La présente circulaire vise également protéger les victimes de violences intrafamiliales. À La Réunion, le taux rapporté à la population reste l’un des plus élevés du pays. Entre 2016 et 2023, le nombre de victimes enregistrées a doublé, en lien avec une libération relative de la parole et une amélioration de l’accueil par les forces de l’ordre.
Gérald Darmanin souhaite donc "poursuivre la généralisation des dispositifs de prise en charge des victimes de violences intrafamiliales et/ou de nature sexuelle au sein des établissements de santé afin de favoriser leur dépôt de plainte et, à tout le moins, de préserver leurs droits en vue d’une révélation ultérieure des faits et d’une exploitation judiciaire".
"Une réponse pénale ferme et réactive dans ce domaine, la mise en œuvre de pôles VIF au sein des juridictions, et l’activation des dispositifs de protection des victimes et d’éloignement des auteurs, doivent par ailleurs être mobilisés", écrit-il.
Il ajoute : "ces comportements violents pouvant être commis dans un contexte de conduites addictives importantes, une prise en charge adaptée de l’auteur des faits doit également être envisagée dans le cadre de dispositifs spécifiques de justice résolutive de problème".
- Le garde des Sceaux veut une réponse ferme contre ceux qui ne respectent pas l'autorité de l'État -
Dans sa circulaire, Gérald Darmanin le dit, "le respect de l’autorité de l’Etat impose que soit mise en œuvre une réponse ferme vis-à-vis des auteurs de tout acte à l’encontre de nos concitoyens qui contribuent quotidiennement à des missions d’intérêt général, que ce soient les personnes dépositaires de l’autorité publique, les élus, le personnel judiciaire et pénitentiaire, les fonctionnaires de l’Etat, ou les personnes chargées d’une mission de service public".
Au-delà de cette réponse ferme et au plus près de la commission des faits, "les procureurs de la République veilleront à faire connaître largement, par une communication publique adaptée, les suites données aux procédures significatives, et les décisions prononcées, et à informer les autorités signalantes des réponses pénales".
- Le désordre foncier : une priorité juridictionnelle -
La seconde circulaire est consacrée au traitement du désordre foncier. Elle vise à renforcer la sécurité juridique "dans des territoires où l'incertitude sur la propriété constitue un facteur majeur de tensions sociales, de conflits familiaux durables et d'entrave au développement économique".
Elle mobilise les outils civils spécifiques existants, encourage leur appropriation par les juridictions et promeut une organisation judiciaire et partenariale adaptée, afin de favoriser un règlement durable des situations et de prévenir les contentieux les plus conflictuels.
À La Réunion "le traitement de ce désordre pourra constituer une priorité juridictionnelle et, à ce titre, faire l’objet d’échanges dans le cadre des dialogues de gestion, mais également dans le cadre des conseils de juridiction, conseils locaux de politique civile (CLPC)".
Afin de permettre une évaluation précise de la mise en œuvre de ces dispositifs et d’identifier rapidement les éventuelles difficultés, les chefs de cour sont invités à transmettre, au mois de juin de chaque année, les délais moyens et l’état des stocks concernant les litiges en matière foncière.
Les procureurs généraux sont également invités à transmettre une remontée qualitative d’informations sur les affaires présentant un enjeu juridique ou politique particulier, notamment lorsqu’elles sont susceptibles d’avoir un impact significatif sur l’organisation foncière locale ou sur la cohésion des territoires.
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PRISON FERME POUR LES ÉLUS CORROMPUS. DEUX POIDS DEUX MESURES C'EST NON.
Entièrement d'accord avec lui.
Mais quand on connaît la surpopulation carcérale chez nous, on se demande comment il va pouvoir faire.
Le dire c'est bien.
Le faire, ce sera plus difficile....
Il n'en est pas moins vrai que la société réunionnaise est gangrenée par tous ces produits importés, et la violence afférente fait peur....