Violences sexuelles sur mineurs : une mobilisation citoyenne pour faire entendre la voix des enfants à La Réunion

  • Publié le 19 juin 2026 à 08:08
  • Actualisé le 19 juin 2026 à 16:51
rassemblement pour Lyhanna

Dans le cadre de la campagne citoyenne "Un lundi, une action à La Réunion !", portée par le Collectif Stop VIF et l’association EPAA 974, une mobilisation sera organisée le lundi 22 juin 2026 à 16 heures, simultanément devant le Conseil départemental et le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Cette fois-ci - et après le meurtre de la jeune Lyhanna - les enfants, à travers leurs dessins et messages, prendront la parole. À La Réunion, 995 enfants ont été victimes d'atteintes sexuelles, dont 382 dans un cadre intrafamilial, et 158 viols ont été recensés (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

À travers leurs dessins, messages, créations collectives et prises de parole préparées avec leurs équipes éducatives, les enfants accompagnés par les Accueils Collectifs de Mineurs (ACM) et les structures partenaires exprimeront leur vision de leurs droits, de leur sécurité et de la protection qu’ils attendent des adultes et des institutions.

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- Chaque enfant a le droit d'être "entendu, protéger et mis en sécurité" -

"Cette action intervient dans un contexte d’actualité particulièrement sensible autour de la protection de l’enfance, des violences faites aux mineurs et des décisions judiciaires qui interrogent une partie de la population", indiquent le collectif Stop VIF et l’association EPAA 974.

Cette mobilisation n’a pas vocation à opposer les acteurs de la protection de l’enfance, "mais à rappeler une évidence, chaque enfant a le droit d’être entendu, protégé et mis en sécurité lorsqu’il est en danger".

Les organisateurs souhaitent également attirer l’attention sur la nécessité de renforcer les moyens consacrés à la protection de l’enfance afin que les décisions de protection puissent être appliquées rapidement et efficacement.

Dans une lettre adressée aux ministères français, le collectif demande le lancement d'une mission interministérielle dédiée à la lutte contre les violences faites aux enfants dans les territoires ultramarins, le renforcement des moyens humains et financiers de la protection de l'enfance, de la justice des mineurs, de l’éducation et des associations spécialisées. 

Mais également la réduction des délais de traitement des signalements concernant les mineurs en danger, la mise en place d'un protocole renforcé de coordination entre les services sociaux, l'Éducation nationale, les forces de l'ordre, la justice et les professionnels de santé et la création d'un observatoire ultramarin des violences faites aux enfants permettant un suivi statistique précis et une évaluation régulière des politiques publiques.

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- Le Département renforce son dispositif pour protéger les enfants en danger -

Ce jeudi 18 juin 2026, le président du Département a annoncé la création de 30 postes supplémentaires pour renforcer les équipes de travailleurs sociaux dans les services territoriaux, ou encore la création d'un village fratrie avec 40 places pour accueillir des frères et soeurs. 

Parmi les mesures déployées depuis le 1er juin 2026, la mise en place d’une équipe dédiée à l’évaluation des situations d’informations préoccupantes des enfants de moins de 3 ans. Le dispositif vise à atteindre 14 professionnels supplémentaires début 2027 avec le concours de l’État.

Autre mesure : le lancement de l’appel à projet pour la mise en place d’un numéro d’écoute en direction des enfants, des femmes à la fin du mois de juin, afin de libérer la parole des victimes d’agressions sexuelles au sein de leur milieu familial. 

Le Département annonce également une augmentation des aides financières aux associations signataires du Plan de prévention des VIF qui interviennent dans le repérage des situations d’enfants en danger, et l’accompagnement des enfants victimes, notamment ceux qui vivent au sein des familles avec des violences conjugales.

- 1.325 procédures de violences sexuelles dans les services de la justice réunionnaise -

À La Réunion, la Cour d'appel a dévoilé ce mardi 9 juin les chiffres des procédures sexuelles au préjudice de mineurs.

À ce jour, 1.325 dossiers de violences sexuelles doivent être réexaminés par les services de la Justice. Des plaintes déposées pour 718 d'entre-elles aux services de la police nationale et 607 aux services de la gendarmerie nationale.

Dans les tribunaux de La Réunion, 1.417 affaires sont enregistrées. Pour le tribunal judiciaire de Saint-Denis, 733 dossiers sont en cours (461 plaintes côte police et 272 côté gendarmerie).  674 affaires sont enregistrées au parquet de Saint-Denis et envoyées en enquête.

Pour le ressort du sud du tribunal judiciaire de Saint-Pierre, 592 procédures dans les services d’enquête (257 plaintes côté police nationale et 335 côté gendarmerie nationale). 743 affaires sont enregistrées au parquet de Saint-Pierre et envoyées en enquête.

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- Des milliers de jeunes victimes d'atteintes sexuelles à La Réunion -

En 2024, 995 enfants ont été victimes d'atteintes sexuelles, dont 382 dans un cadre intrafamilial, et 158 viols ont été recensés, en hausse de 23%, selon la gendarmerie.

En novembre 2025, un agent (non-éducatif) de l'école primaire Sainte-Marguerite, à Saint-Benoît, a été visé par 11 plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs. L'enquête est toujours en cours. Le mis en cause a été entendu par les services de la gendarmerie.

En 2018, un ancien professeur d'anglais au collège Jules Reydellet à Saint-Denis était passé devant le tribunal correctionnel pour des faits d'atteinte sexuelle sur une de ses élèves de 14 ans. L'enseignant parlait d'une "relation amoureuse consentie". La justice n'avait pas été du même avis, l'ancien professeur étant condamné à six mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer une activité en lien avec des mineurs.

En France, 1 enfant sur 10 subit chaque année des violences sexuelles et près de 50 % des agresseurs sont des membres de la famille. De plus, 25 % des violences sont commises par une personne d’autorité (enseignant, entraîneur, etc.)

En cas d'urgence, le seul numéro à composer est celui de Police Secours.
Le 119 pour les enfants en danger

Le 112, numéro d'urgence européen

Le 114 pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques

Vous pouvez signaler des faits de violences , directement auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche sur le www.servicepublic.fr/cmi Anonyme et gratuit, ce tchat est accessible 24h/24 et 7j/7 pour échanger avec des policiers ou des gendarmes spécialement formés aux violences sexistes et sexuelles.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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