Actuellement classé espèce en danger critique d'extinction, le gecko vert de Manapany, endémique de La Réunion fait l'objet d'une attention particulière. Le 19 décembre 2025, le préfet Patrice Latron a pris un arrêté facilitant les opérations de sauvegarde et la mise en place d'un élevage reproducteur. À ce titre, une trentaine de geckos verts de Manapany seront capturée en 2026 (Photo : www.imazpress.com)
Cette opération est pilotée par l'association Nature Océan Indien. Elle est inscrite dans le cadre du plan national d'action (PNA), en faveur des geckos verts endémiques de La Réunion.
- Une trentaine de geckos verts de Manapany capturée en 2026 -
Le préfet a autorisé l'association a capturé une trentaine de geckos verts de Manapany (10 mâles et 20 femelles) entre mars et avril et cela pendant cinq ans. Les captures auront lieu à Manapany (Petite-Ile), au sein des populations de Roche blanche, Cap Noël, Cap de la Source, Chemin neuf, Cap Dévot, Cap Sel, Village de Manapany et Argamasse.

"La capture est effectuée à la main, à l’aide d’une canne lasso ou de pièges à trappes non létaux pour micro-mammifères. Le transport des individus capturés se fait à l’aide de tubes en bambou. Les individus sont placés individuellement dans les tubes puis dans un sac isotherme et transportés jusqu’à l’infrastructure d’élevage", indique l'arrêté préfectoral.
Ce n’est pas la première tentative d’élevage du gecko vert de Manapany. En 2020, l’association avait déjà été autorisée à capturer des juvéniles afin de les maintenir en vie jusqu’à l’âge adulte.
- Des geckos élevés pour se reproduire -
"L’élevage des individus est réalisé dans un enclos grillagé à l’abri des prédateurs et comportant des exo-terrariums individuels. Dans ceux-ci sont placés des plantes indigènes favorables à l’espèce, de l’eau, un tube en plastique fournissant d’abri et de place d’insolation ainsi que de tubes en bambou pour la ponte."
"Le nourrissage des individus est réalisé à raison de trois repas par semaine. Il se compose de purée de fruits et de pollen, d’un apport en calcium et vitamines ainsi que de grillons issus d’un élevage dédié", poursuit l'arrêté.
En période de reproduction (août à décembre), "les mâles sont placés dans les exo-terrariums des femelles pour une durée maximale de un mois, puis changent de partenaire. Une observation journalière est réalisée pour déterminer la date de ponte" par l'association.
"Les œufs issus de la reproduction sont placés, avec leur support si détachable, dans un terrarium en plastique, à température ambiante, protégée des intempéries et pourvue d’une grille d’aération. Un filet est placé autour de la ponte afin de récupérer les jeunes geckos à l’éclosion."
Le relâcher des individus est réalisé à l’âge adulte, selon le procédé suivant : "les individus sont placés dans des tubes en bambou pour le transport destiné à être fixé aux troncs d’arbres favorables à l’espèce".
Immédiatement après le relâcher, chaque gecko fait l’objet d’observations quant à son comportement. Seuls sont relâchés des individus issus de la première génération d’élevage.
- 145 refuges pour les geckos dans le sud de l'île -
L'association Nature Océan Indien mène également l'action "gecko et jardin" par le biais d’une convention signée avec les propriétaires des jardins. Elle accompagne ces derniers dans une démarche de protection des geckos présents sur leur propriété.
Elle leur fournit des végétaux favorables au gecko vert de Manapany (vacoas, lataniers…).
Après quatre années d’opération, 145 "refuges" répartis sur les communes de Saint-Joseph et de Petite-Ile participent à cette action de conservation participative. Au total, ces refuges représentent une surface d’environ 16 hectares "sous protection".
Enfin, sur une petite parcelle de falaise littorale de Petite Ile, l’association NOI a mis en place une opération de restauration écologique. Il s’agit de convertir des fourrés dominés par des espèces exotiques envahissantes en une végétation avec davantage d’espèces indigènes favorables au gecko comme le vacoas Pandanus utilis et le latanier rouge Latania lontaroides, ou le manioc bord de mer Scaevola taccada. Cette action fait appel à des chantiers bénévoles.
- Le gecko vert de Manapany, une espèce protégée -
Le gecko vert de Manapany, Phelsuma inexpectata, est un des derniers reptiles autochtones de La Réunion et l’un des vertébrés endémiques les plus menacés de l’île.
À ce titre "sont interdits en tout temps sur tout le territoire, la destruction ou l'enlèvement des œufs, la destruction, la capture ou l'enlèvement, la naturalisation des reptiles d'espèces suivantes ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat".

C’est un reptile diurne de petite taille (maximum 13 cm), caractérisé par une coloration générale vert pomme, avec de petites tâches rouges sur le dos et plusieurs bandes de couleurs rouges, blanches, et noires partant de la tête et se prolongeant vers l’arrière du corps.
Il se situe sur les fines zones littorales du sud à Saint-Pierre, Petite Ile et Saint-Joseph. La situation est telle que l’on retrouve le gecko vert de Manapany presque plus fréquemment dans les jardins que dans le milieu naturel.
À La Réunion, il existe deux types de geckos : le gecko vert de Manapany (Phelsuma inexpectata) et le gecko vert de Bourbon (Phelsuma borbonica). Ils font respectivement depuis 2011 et 2020 l'objet d'un Plan National d'Action (PNA), validé par le Conseil National du Patrimoine Naturel.
ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

Je ne pense pas que c'est une espèce en voie de disparition. J'habite dans les hauts de Saint Paul et on a plein dans la cour !
Il me semble qu’il y a une autre espèce non endémique qui envahit nos cours au détriment des margouilat