[Vidéo] Pour résister aux crises géopolitiques, La Réunion doit apprendre à mieux connaître et collaborer avec ses voisins

  • Publié le 29 juillet 2026 à 17:57
  • Actualisé le 29 juillet 2026 à 19:05
Géopolitique

L'océan Indien et La Réunion ne sont pas à l'abri des remous géopolitiques actuels. Plusieurs chercheurs ont examiné de près les évolutions que connaît cette zone et les ont présentées dans le dernier numéro du magazine Diplomatie. Une synthèse de ces travaux a été présentée à la presse ce mercredi 29 juillet pour rappeler l'importance de cette région dans les relations internationales.

"Les crises systémiques, globales et régionales ont ramené concrètement la géopolitique, ses effets et ses enjeux dans l’assiette des Réunionnais." En quelques mots bien sentis, Jérôme Vellayoudom, docteur en intelligence économique, rappelle que les évènements planétaires peuvent avoir des conséquences très concrètes sur le plan local.

Mais, au-delà de ce constat, les universitaires rappellent aussi et surtout l'intérêt stratégique de l'océan Indien. "La zone indiaocéanique n'est pas une périphérie oubliée mais une composante essentielle de l'ensemble indopacifique", souligne Wilfrid Bertile, professeur en géographie et en charge des relations internationales à la Région. De fait, plus de la "moitié du trafic mondial de conteneurs et les deux tiers du commerce énergétique" transitent par l'océan Indien.

Un espace qui voit les grandes puissances comme la Chine, avec ses comptoirs égrenés le long des nouvelles routes de la soie qu'elle a créées, les États-Unis, présents à Diego Garcia, et l'Inde se heurter. Et où la France, via la présence de La Réunion, doit peser de tout son poids pour influer sur le présent et le futur de cette zone.

- Une compétition féroce -

Pour y parvenir, les chercheurs appellent les décideurs, à l'échelle locale et nationale, à mieux appréhender et comprendre leur environnement immédiat. "Il faut apprendre à décentrer le regard", insiste Marianne Péron-Doise, directrice de l'Observatoire géopolitique de l'Indopacifique. "Dans cette zone, on assiste à un agenda et à des préoccupations qui ne sont pas celles de la France, avec, à la clé, une tendance à la militarisation. Nous ne nous situons pas vraiment dans une logique de diplomatie bleue."

En clair, la compétition reste féroce dans l'aire géographique qui entoure La Réunion. Féroce tant au niveau du contrôle des infrastructures, comme les ports, que des ressources minières ou énergétiques.

Mais si les rapports de force et les dynamiques de pouvoir sont très fluctuants à l'heure actuelle, il n'en reste pas moins possible pour La Réunion de saisir des opportunités, comme l'explique Jérôme Vellayoudom. "La montée en puissance des ports en Afrique de l'Est offre aux entreprises réunionnaises une possibilité de s'implanter là-bas." Écoutez.

- Des opportunités à saisir -

Une implantation qui peut prendre la forme de collaborations dans le domaine de l'ingénierie, de la formation, mais aussi, dans quelques années, de l'approvisionnement en pétrole auprès du groupe Dangote. Cela au détriment de Singapour, principal fournisseur actuel de La Réunion.

Toutefois, ce scénario ne sera rendu possible qu'à condition que la coopération économique et les échanges avec le reste de la zone indiaocéanique ne s'améliorent grandement. Une coopération, forcément affectée par les bouleversements géopolitiques actuels, qui ne peut qu'être soutenue par une compréhension fine des enjeux qui touchent La Réunion et ses voisins.

"Les chercheurs ont quelque chose à apporter aux sciences de la crise. Des disciplines comme l'histoire, par exemple, peuvent jouer un rôle de boussole et de laboratoire dans la criséologie actuelle", explique Indira Félicité, historienne à l'université de Nuremberg. Reste maintenant aux décideurs à mieux utiliser ces ressources scientifiques comme levier de développement pour le territoire.

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