Grève des médecins : le gouvernement renonce à imposer des objectifs de réduction de prescription d'arrêts maladie

  • Publié le 16 janvier 2026 à 08:45
  • Actualisé le 16 janvier 2026 à 11:31
Des médecins embarquent dans des bus à Paris, pour un exil symbolique à Bruxelles, dans le cadre d'un mouvement de protestation, le 11 janvier 2026 ( AFP / Kiran RIDLEY )

Le gouvernement renonce à la possibilité d'imposer des objectifs de réduction de prescription aux médecins prescrivant plus d'arrêts maladie que leurs confrères, l'une des mesures à l'origine de la grève des médecins libéraux, a-t-on appris jeudi de sources syndicales concordantes.

Cet engagement a été pris par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, lors de rendez-vous bilatéraux depuis mercredi avec les syndicats représentatifs des médecins libéraux, qui avaient appelé à la grève du 5 au 15 janvier, ont indiqué ces sources, confirmant une information d'Egora.

La mesure contestée figure dans le projet de loi sur la fraude fiscale et sociale, que le Sénat a adopté en décembre, et qui doit maintenant être examiné par l'Assemblée nationale.

Selon les sources syndicales, la ministre a également pris des engagements précis sur la non-mise en application de l'article 78 du budget de la Sécu pour 2026, qui permet aux autorités sanitaires de fixer de manière unilatérale des tarifs médicaux, en l'absence d'accord avec les syndicats représentatifs.

Cet article, également parmi les principales raisons de la grève des médecins, avait été adopté par le Parlement sur la base d'un amendement parlementaire, et non d'une proposition gouvernementale. L'amendement avait été proposé par le député Yannick Monnet (Gauche et démocratique et républicaine).

Certains points de désaccord demeurent toutefois, comme le non-remboursement des ordonnances des médecins en secteur 3 (non conventionnés), acté par le budget de la Sécurité sociale 2026.

"Il y a eu des avancées", a indiqué à l'AFP le docteur Jérôme Marty, président du syndicat UFML, "mais il faudra voir comment elles se traduisent en acte". Même diagnostic chez le docteur Patricia Lefébure, présidente du syndicat FMF. "Je trouve dommage qu'il ait fallu aller dans la rue, ça aurait pu se régler à l'amiable", a-t-elle commenté.

Le docteur Philippe Cuq, qui préside le syndicat Le Bloc (anesthésistes, chirurgiens, obstétriciens) a de son côté insisté sur la nécessité d'avoir des "engagements écrits" de la ministre."Nous demandons une lettre de cadrage" du gouvernement pour de nouvelles négociations de l'Assurance maladie et des syndicats sur les dépassements d'honoraires, a-t-il expliqué à l'AFP.

"Nous demandons également une lettre aux syndicats" s'engageant sur un retour en arrière sur les dispositions contestées du budget 2026 de la Sécurité sociale, comme l'article 78 sur la fixation des tarifs, a ajouté Philippe Cuq, qui a rencontré Mme Rist jeudi après-midi.

Dans l'attente, Le Bloc continue d'appeler à une poursuite du mouvement sous forme de grève des gardes.

Une nouvelle réunion de l'intersyndicale des médecins est prévue jeudi soir, au dernier jour de la grève lancée le 5 janvier, selon les sources syndicales.

Le ministère de la Santé, sollicité par l'AFP, ne s'est pas exprimé dans l'immédiat. 

AFP

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2 Commentaires
Gramoun'
Gramoun'
12 heures

De plus en plus de salariés sont victimes de pressions, les hiérarchies sont intraitables, et la souffrance au travail est de plus en plus grande.
Cela ne date pas d'aujourd'hui, mais cela va en empirant.
Un Médecin qui voit un patient en souffrance, a raison de lui permettre de souffler.
C'est son devoir.

C'est au niveau des Managers qu'il faudrait agir si l'on voulait diminuer cette souffrance au travail. Mais les petits chefs sont partout, de moins en moins formés, porteurs d'aucune once d'humanité. On leur a appris que déstabiliser, mettre la pression, maltraiter, sont les recettes pour rendre les gens plus performants.

Et comme les petits chefs ne savent que ce qu'ils ont appris, il sont figés dans cette posture néfaste et toxique... Jusqu'à ce que leur tour arrive...

Lorsque j'étais encore en activité, j'ai moi aussi connu cela.

Mon "boss", mon "N+1" comme on dit, était un exemple vivant pour maltraiter ses collaborateurs, sans lesquels il n'était rien...

J'avais à l'époque inventé une formule algébrique (comique):

N+1=0

Will
Will
15 heures

Le renoncement est dans la génétique des gouvernements des 30 dernières années