Les naissances se stabilisent à La Réunion, alors que le nombre de décès continue d’augmenter

  • Publié le 26 février 2026 à 12:16
  • Actualisé le 26 février 2026 à 12:20
parents et enfants

Ce jeudi 26 février 2026, l'INSEE a publié son bilan démographique 2025. La fécondité, et donc le nombre de naissances est stable après 3 années consécutives de baisse. "En 2025, 11.790 bébés de mères domiciliées sur l’île sont nés à La Réunion" note l'INSEE. De plus, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques : "hors crises sanitaires, il n'y a jamais eu autant de décès sur l'île depuis la départementalisation" une augmentation de l'ordre de 4 % en 2025. (Photo : rb/imazpress.com)

Au 1er janvier 2026, la population de La Réunion est estimée à 911.000 habitants. En 10 ans, depuis le 1er janvier 2016, elle augmente de 6,8 %, une croissance plus dynamique que celle de l’Hexagone (+3,6 % entre 2016 et 2026).

Toutefois, la croissance de la population réunionnaise est moins élevée qu’entre 2006 et 2016 (+9,1 %). Sur la décennie 2016-2026, hors Mayotte, seules trois régions connaissent une croissance de leur population supérieure à celle de La Réunion : la Guyane, la Corse et l’Occitanie. Dans les Antilles, le nombre d’habitants baisse : -4,7 % en Martinique et -2,9 % en Guadeloupe.

Le solde naturel, différence entre les naissances et les décès, continue de porter la croissance démographique réunionnaise.

Il s’établit à +5.680 en 2025. En baisse régulière depuis 2012, il atteint en 2025 son plus bas niveau depuis la fin des années 1940. Cette diminution résulte de l’effet combiné d’une baisse puis d’une stagnation des naissances et d’une hausse des décès.

Néanmoins, le solde naturel reste positif à La Réunion, contrairement au niveau national où le solde naturel devient négatif en 2025 pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Quant au solde migratoire, différence entre les arrivées et les départs de l’île, il est déficitaire. Il s’élève à -1.800 habitants par an en moyenne sur la décennie passée (entre 2016 et 2026) contre -3.000 entre 2006 et 2016. Son impact négatif sur la croissance de la population est donc moindre.

- Les naissances se stabilisent en 2025 - 

En 2025, 11.790 bébés sont nés de mères domiciliées à La Réunion. Les naissances se stabilisent en 2025 après trois années consécutives de baisse, dont un recul sans précédent en 2024 (-8,2 % avec 11.820 nouveaux-nés). Alors qu’au niveau national, les naissances baissent régulièrement depuis 2010 jusqu’à atteindre en 2025 leur plus bas niveau observé depuis 1942, La Réunion est l’une des rares régions, avec la Martinique et les Pays de la Loire, où les naissances sont stables en 2025. Seules les naissances domiciliées à Mayotte augmentent entre 2024 et 2025.

Le nombre de naissances dépend d’une part du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants et d’autre part, de leur fécondité. Depuis cinq ans, le nombre de femmes de 14 à 49 ans se stabilise autour de 213.000 après avoir baissé sur la décennie 2010. Le nombre de naissances dépend donc principalement de la fécondité.

En 2025, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) se stabilise à 2,14 enfants par femme. Pour la deuxième année consécutive, son niveau est tout juste supérieur au seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme) (figure 3). Après 2024, l’ICF atteint donc son deuxième plus faible niveau depuis que celui-ci est mesuré. Néanmoins, l’ICF reste inférieur à ce qui était observé entre 2000 et 2023 où il oscillait entre 2,30 et 2,51.

Au niveau national, la fécondité poursuit sa diminution entamée en 2010. L’ICF s’établit en 2025 à 1,53 enfant par femme dans l’Hexagone, un niveau nettement inférieur à celui sur l’île. Il faut remonter à la fin de la Première Guerre mondiale pour retrouver un ICF aussi bas qu’en 2025 : en 1918, en France métropolitaine, l’ICF s’élevait à 1,56 enfant par femme, et il était descendu à 1,23 en 1916.

À La Réunion, la stabilité de la fécondité concerne toutes les tranches d’âges. Ainsi, pour les femmes âgées de 25 à 34 ans, âges où la fécondité est la plus élevée, l’ICF se stabilise à 1,13 en 2025 contre 1,12 en 2024 et reste inférieur aux indicateurs observés ces trente dernières années (1,30 au début des années 1990). Pour les plus jeunes, les 15-24 ans, l’ICF ne baisse plus en 2025 : 0,54 contre 0,52 en 2024 (entre 0,88 en 1991 et 0,54 en 2022). La fécondité de ces femmes reste ainsi supérieure à celle des 35-50 ans (stable à 0,47 enfant par femme en 2025).

Comme au niveau national, les mères réunionnaises d’aujourd’hui mettent leurs enfants au monde plus tard que leurs aînées. L’âge conjoncturel moyen à l’accouchement se stabilise après une hausse tendancielle, et atteint 29,3 ans en 2025. Au début des années 1990, les mères réunionnaises accouchaient en moyenne à 27,6 ans. Malgré cette hausse, elles ont toujours leurs enfants plus tôt que les mères vivant dans l’Hexagone où l’âge moyen conjoncturel à la maternité s’élève à 31,3 ans en 2025.

- Le nombre de décès continue d’augmenter en 2025 - 

En 2025, 6.110 habitants de La Réunion sont décédés, soit nettement plus qu’en 2024 (+280 décès, soit +4,8 %). Hors crises sanitaires (Covid-19, conséquences du cyclone de 1948, etc.), le nombre de décès n’avait jamais été aussi élevé sur l’île depuis la départementalisation. 

Le vieillissement de la population explique la hausse de la mortalité en 2025. La mortalité a été également plus élevée au mois d’avril, comparée aux cinq années précédentes, au moment du pic de l’épidémie de chikungunya.

La mortalité infantile demeure élevée sur l’île. Entre 2021 et 2023, 6,1 enfants décèdent avant leur premier anniversaire pour 1.000 enfants nés vivants, soit près de deux fois plus que dans l’Hexagone (3,7 ‰). À caractéristiques égales (sexe de l’enfant, âge de la mère et du père, catégorie sociale et lieu de naissance de la mère), la surmortalité infantile dans les départements et régions d’outre-mer (Drom) demeure.

Ce constat pourrait être lié à des conditions socio-économiques moins favorables sur l’île (pauvreté plus répandue), davantage de facteurs à risque pesant sur les grossesses (obésité maternelle plus fréquente) et à une entrée plus tardive des femmes enceintes dans le parcours de santé prénatale.

Alors qu’elle ne baissait plus depuis le début des années 1990, la mortalité infantile diminue lentement sur l’île : elle était supérieure à 7 ‰ entre 2008 et 2013. A contrario, dans l’Hexagone, après un net recul au cours du vingtième siècle, elle ne diminue plus depuis 2005 et augmente même légèrement depuis quelques années.

- L’espérance de vie demeure inférieure au niveau national - 

En 2025, à La Réunion, l’espérance de vie à la naissance s’élève à 84,5 ans pour les femmes et à 78,2 ans pour les hommes. L’espérance de vie à la naissance croît globalement plus vite pour les hommes que pour les femmes, réduisant ainsi l’écart entre les deux sexes.

À La Réunion, cet écart s’établit à 6,3 ans en 2025 contre 7,2 ans en 2019. Cette progression est plus rapide que celle observée en France métropolitaine (5,5 ans en 2025 contre 5,8 ans en 2019).

Dans l’Hexagone, l’espérance de vie à la naissance se stabilise à un niveau historiquement haut. L’espérance de vie des femmes et des hommes vivant dans l’Hexagone est supérieure à celle des femmes et des hommes résidant sur l’île : respectivement +1,4 an et +2,2 ans.

La Réunion est l’une des régions françaises où l’espérance de vie est la plus faible. Ainsi, l’espérance de vie des hommes vivant à La Réunion est plus faible que celle des hommes de chacune des régions de l’Hexagone (de -0,2 an dans les Hauts-de-France à -3,8 ans en Île-de-France), mais demeure supérieure ou proche des espérances de vie masculines dans chacun des autres Drom (de +5,2 ans à Mayotte à +0,1 an en Guadeloupe).

Quant aux femmes vivant à La Réunion, leur espérance de vie est inférieure à celle des femmes des autres régions françaises à l’exception de trois d’entre elles. Elles présentent en effet une espérance de vie supérieure aux habitantes des Hauts-de-France (+0,4 an), de Guyane (+2,3 ans) et de Mayotte (+8,1 ans).

- Trois Réunionnais sur dix ont moins de 20 ans - 

Au 1er janvier 2026, à La Réunion, 27 % des habitants ont moins de 20 ans (figure 4). La Réunion est le troisième département le plus jeune de France après Mayotte (54 % des habitants ont moins de 20 ans) et la Guyane (39 %).

Néanmoins, la population réunionnaise vieillit : en 2026, pour 100 jeunes de moins de 20 ans, 60 seniors sont âgés d’au moins 65 ans, contre 22 en 2006.

Sur l’île, 149.570 personnes ont 65 ans ou plus en 2026, soit 16 % des habitants ; cette part s’élevait à 8 % en 2006. Le vieillissement de la population s’accélère avec l’arrivée à ces âges de générations nombreuses. Ainsi, les personnes d’au moins 75 ans représentent désormais 7 % de la population réunionnaise contre 3 % en 2006.

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1 Commentaires
Missouk
Missouk
1 heure

Vu ce qu'il se passe un peu partout dans le monde et l'état de la planète qu'on est en train de laisser à nos enfants, petits-enfants... je comprends les couples qui préfèrent ne pas avoir d'enfants!