Ce jeudi 27 novembre 2025, le ministère des Outre-mer signe le premier plan interministériel de prévention et de lutte contre l’illettrisme et l'illectronisme en outre-mer. Un engagement de l’État pour garantir l’accès aux savoirs fondamentaux dans les territoires ultramarins. À La Réunion, près de 12% de la population ne sait pas lire ou ne possède pas les compétences numériques de base. Nous publions ci-dessous le communiqué (Photo : sly/www.imazpress.com)
Dans les départements et régions d’outre-mer, l’illettrisme demeure l’un des principaux freins à l’inclusion sociale, à l’accès à l’emploi et à l’égalité des chances.
C’est pour répondre à cet enjeu que la direction générale des outre-mer (DGOM) lance pour la première fois, un Plan interministériel de prévention et de lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme en outre-mer, couvrant la période 2025-2028. Ce plan a été élaboré en étroite collaboration avec :
- la direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO),
- la délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP),
- la délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté (DIPLP),
L’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), partenaire incontournable, a apporté son appui méthodologique et son expertise technique tout au long de l’élaboration du plan. Le Service militaire adapté (SMA), acteur historique de la formation et de l’insertion des jeunes ultramarins, a également contribué au diagnostic territorial et jouera un rôle déterminant dans la mise en œuvre, en mobilisant ses savoir-faire en matière d’accompagnement, d’apprentissage et de formation professionnelle.
- Un plan construit avec les outre-mer, pour les outre-mer -
Ce plan est le fruit d’un large travail de diagnostic et de concertation, mené localement avec les Préfets, les recteurs, les commissaires à la lutte contre la pauvreté, les directions de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DEETS), les collectivités territoriales, les missions locales, les opérateurs de formation, les Opérateurs de Compétences (OPCO) sans oublier les acteurs de terrain dans chaque territoire.
Ce plan reconnaît et intègre pleinement les spécificités culturelles, linguistiques et géographiques des outre-mer. Le plurilinguisme, loin d’être un frein, doit être regardé comme une richesse et un levier pour l’apprentissage du français, langue de l’école et de l’emploi et de la citoyenneté. De même, les réalités propres à chaque territoire comme l’éloignement, les contraintes d’accès à la formation ou encore la diversité des parcours scolaires exigent des réponses sur mesure, proches de nos concitoyennes et concitoyens ultramarins.
Six axes stratégiques et seize mesures opérationnelles pour rompre la spirale de l’illettrisme en outre-mer
Le plan fixe une feuille de route structurée autour de 6 axes stratégiques et 16 mesures :
- Axe 1 : piloter et animer la politique de lutte contre l’illettrisme, fédérer l’existant et mieux le structurer
- Axe 2 : prévenir l’illettrisme dès la toute petite enfance et jusqu’à la scolarité obligatoire, en impliquant davantage les familles
- Axe 3 : systématiser le repérage des personnes en situation d’illettrisme
- Axe 4 : faciliter l’accès aux savoirs de base dans le monde du travail
- Axe 5 : mieux évaluer et mieux exploiter les résultats
- Axe 6 : communiquer et sensibiliser pour faire reculer l’illettrisme et l’illectronisme.
Ce plan couvre à la fois les enjeux de prévention précoce (petite enfance, école, lien avec les familles) et de remédiation tout au long de la vie (emploi, formation, insertion, accompagnement social).
- Une stratégie fondée sur la mobilisation des crédits de l’État et du FSE+ -
La mise en œuvre du plan repose sur une mobilisation coordonnée :
- des crédits nationaux ;
- du Fonds social européen plus (FSE+), dans le cadre de la programmation 2021-2027.
Pour garantir l’efficacité de ce premier plan interministériel, un dispositif de suivi annuel et une évaluation régulière des actions engagées dans chaque territoire ultramarin sont mises en place. L’objectif est de disposer d’indicateurs fiables pour suivre l’évolution de l’illettrisme et de l’illectronisme, éclairer les choix publics et assurer la transparence des résultats. Cette démarche d’évaluation continue constitue un levier essentiel pour renforcer l’impact du plan et garantir que chaque euro investi contribue effectivement à réduire les inégalités et à améliorer la vie des habitants.
En lançant le premier plan interministériel de prévention et de lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme en outre-mer, l’État engage une action structurante et durable pour réduire l’une des inégalités les plus profondes des territoires ultramarins.
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