Leptospirose : 142 cas et un décès depuis le début de l'année, une "recrudescence à un niveau exceptionnel" selon l'ARS

  • Publié le 21 avril 2026 à 13:27
  • Actualisé le 21 avril 2026 à 13:57
Rats

Ce mardi 21 avril 2026, l’Agence de Régionale de Santé de La Réunion alerte sur une "recrudescence à un niveau exceptionnel" des cas de leptospiroses sur l'île, qualifiée de "situation épidémiologique sans précédent". "Au 15 avril 2026, 142 cas de leptospirose ont été signalés, avec un pic record au mois de mars 2026 (66 cas)". "6 personnes sur 10 ont dû être hospitalisées et un décès est à déplorer." Ce cas est en cours d’investigation par un comité médical d’imputabilité explique l'ARS qui indique renforcer l’ensemble de ses actions de prévention, de surveillance et de coordination avec ses partenaires.

L’ARS La Réunion alerte sur une recrudescence majeure de la leptospirose, atteignant cette année un niveau exceptionnel. Depuis le début de l’année, 142 cas ont été recensés : 6 personnes sur 10 ont dû être hospitalisées et un décès est à déplorer.

Face à cette situation, l’ARS renforce l’ensemble de ses actions de prévention, de surveillance et de coordination avec ses partenaires.

La population est invitée à redoubler de vigilance et à se protéger par la mise en œuvre de gestes simples lors d’activités de jardinage, agricoles, d’élevage, ou en eau douce.

- Une situation épidémiologique sans précédent

A La Réunion, la leptospirose est endémique avec une recrudescence saisonnière lors de l’été austral lorsque les conditions climatiques sont favorables à la survie de la bactérie dans l’eau douce et les environnements humides. Durant cette période, le risque de contamination lors d’activités réalisées dans ces milieux, sans protection suffisante, est plus élevé.

Au 15 avril 2026, 142 cas de leptospirose ont été signalés à l’ARS La Réunion, avec un pic record au mois de mars 2026 (66 cas) dépassant le maximum mensuel observé (61 cas en mars 2024). Cette dynamique confirme une recrudescence saisonnière 2026 à un niveau très élevé.

Depuis le début de l’année :

• 61 % des malades hospitalisés,
• parmi eux, 28 % des personnes prises en charge en services de soins critiques (réanimation, soins intensifs ou continus),

• 73 passages aux urgences enregistrés, dont 44 (60 %) qui ont conduit à une hospitalisation,
• 1 décès recensé, en cours d’investigation par un comité médical d’imputabilité.

Ces données rappellent l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge rapides.

Les profils des malades :
• une majorité d’hommes touchés (89 %),
• une majorité de cas chez les 45–74 ans,
• une répartition géographique importante dans les secteurs Sud (39 %) et Est (32 %), notamment
sur les communes du Tampon, de Saint-Joseph, de Saint-Louis, de Saint-Benoît et de Saint-André.

- Les activités à risque et les facteurs de contamination - 

Les enquêtes menées par les équipes de l’ARS et de Santé publique France montrent les principales expositions à la maladie, suivantes :

• les activités agricoles et de jardinage (69 %),
• les activités d’élevage,
• les loisirs en eau douce (baignade en rivière ou bassin),
• les travaux de nettoyage, déblaiement ou élagage.

La présence de plaies non protégées (89 % des cas) et la marche pieds nus ou en chaussures ouvertes dans les zones contaminées (58 %) sont des facteurs de risque de contamination fréquemment retrouvés.

- Une mobilisation renforcée et continue de l’ARS - 

Face à cette situation, l’ARS La Réunion a engagé un ensemble d’actions coordonnées :

• Renforcement de la surveillance épidémiologique, en lien étroit avec Santé publique France ;
• Réalisation d’enquêtes environnementales systématiques autour des cas, réalisées par les équipes
de lutte antivectorielle, pour identifier les sources d’exposition et les activités à risque ;
• Déploiement de stands d’informations et actions de prévention de proximité, dans les communes
les plus touchées, avec diffusion de supports ciblant les activités à risque ;
• Mobilisation des professionnels de santé, via des messages spécifiques sur le diagnostic précoce ;
• Poursuite de la campagne de vaccination, lancée en septembre 2025, en partenariat avec
l’Assurance Maladie et les services de santé au travail ;

Des actions complémentaires sont prévues prochainement :

• Intensification des actions de mobilisation sociale et de prévention dans les régions Sud et Est ;
• Sensibilisation du grand public et des professionnels.

L’ARS La Réunion poursuit une surveillance rapprochée de la situation, en lien avec l’ensemble des acteurs du territoire, et adaptera les actions en fonction de l’évolution de l’épidémie. 

- Comment se protéger de la leptospirose ?  -

Appliquer des mesures de protection individuelle :

- Porter des gants, bottes ou chaussures fermées, lunettes... pour jardiner, ramasser des déchets, déplacer des encombrants ou réaliser l’élevage "la kour"
- Ne pas marcher pieds nus, ou en savates, pour les activités en environnement humide ou boueux au domicile ou en extérieur (sol boueux, dans les flaques, eaux stagnantes, ravines)
- Protéger ses plaies du contact avec l’eau (pansements étanches), les laver à l’eau potable et les désinfecter le plus tôt possible après l’exposition

Pour les agriculteurs et les éleveurs, une vigilance sur le port des équipements de protection individuelle est requise. Un lavage régulier des mains est recommandé.

• Garder un environnement propre :
- Entretenir régulièrement sa cour (absence d’encombrants ou de déchets propices à la prolifération des rongeurs...)
- Éliminer toutes les sources d’alimentation pour les rongeurs, y compris les restes d’alimentation des animaux de compagnie
- En cas d’élevage de volaille à domicile, s’assurer que les aliments destinés à ces animaux ne sont pas accessibles aux rongeurs.

• Respecter les interdictions de baignade dans les lieux signalés à risque. En cas d’eau trouble, il est recommandé de reporter les activités de loisirs en eau douce. Ces mesures de prévention doivent être appliquées tout particulièrement après les périodes de fortes pluies car le risque de contact avec des milieux humides contaminés est alors plus important.

• Se faire vacciner

Le vaccin contre la leptospirose est réservé à certaines catégories professionnelles à risque ou les personnes pratiquant régulièrement des activités récréatives à risque, après une évaluation par un médecin. Cette vaccination vient en complément des mesures de prévention.

- Rappel sur la leptospirose -

La leptospirose est une maladie grave : si elle n’est pas traitée à temps, elle peut mener à une hospitalisation, voire un décès.

La bactérie entre dans l’organisme par la peau, en cas de coupures ou de plaies (même petites) ou par les muqueuses (œil, bouche, nez).

En cas de symptômes (fièvre élevée d’apparition brutale (souvent > 39 °C), grande fatigue, douleurs musculaires, articulaires, abdominales, nausées, vomissements, forts maux de tête) :

• Consulter rapidement son médecin car la prise en charge thérapeutique précoce et adaptée (antibiotiques prescrits sur avis médical) permet de limiter l’évolution vers une forme grave.
• L’informer des activités à risques pratiquées dans les 3 semaines précédant le début des signes. Le médecin pourra prescrire une analyse biologique en laboratoire permettant de confirmer ou d’infirmer le diagnostic.

Depuis août 2023, la leptospirose est une maladie à déclaration obligatoire.

L’ARS propose aux patients de réaliser à leur domicile une enquête environnementale afin d’identifier les sources d’exposition potentielles et les activités à risque pratiquée.

www.imazpress.com/[email protected]

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