Sacrée nouvelle et première Miss Universe Réunion le samedi 10 octobre 2026, Abigaëlle Tailamée s'envole le 6 novembre 2026 pour Porto Rico. Le 24 novembre, elle représentera La Réunion à l'un des concours international les plus prestigieux, Miss Univers. À 20 ans, la jeune femme veut "non seulement vivre cette expérience à fond, mais aussi être couronnée". Un objectif atteignable pour Jonathan Ajaguin-Soleyen, directeur général de Miss Universe Réunion. Entretien avec la Miss Universe Réunion (Photos : Ludovic Brasier/www.imazpress.com)
• On vous connaît aujourd'hui comme étant la première Miss Universe Réunion, mais qui est vraiment Abigaëlle Tailamée?
Je m'appelle Abigaëlle Tailamée, j'ai 20 ans, je suis originaire de Saint-Denis, je suis étudiante en troisième année d'ergothérapie, je suis diplômée du Bafa. Je travaille avec les enfants dans les centres aérés durant mes vacances et je travaille à côté pour subvenir à mes besoins. Je suis une passionnée de danse, je vais à la salle de sport et j'aime énormément les voyages. Je souhaite voyager dans le monde entier à travers des actions humanitaires afin d'accompagner les personnes dans le besoin grâce à mes compétences d'ergothérapeute.
• Quelles valeurs vous tiennent à cœur dans la vie ? Quel projet aimeriez-vous mettre en avant grâce à ce titre ?
Les valeurs qui me tiennent à cœur sont la bienveillance, l'ouverture d'esprit, l'humilité, mais également la persévérance. Ce sont des valeurs qui se sont construites à travers mon parcours personnel, mais aussi à travers le métier que j'apprends dans le paramédical. Beaucoup de choses méritent d'être mises en avant, mais j'aimerais mettre en avant l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap ou encore la pauvreté à La Réunion.
• Qu'est-ce qui vous a donné envie de participer à ce concours ?
C'est une histoire un petit peu drôle. Je ne connaissais pas du tout l'existence de ce concours à La Réunion. C'est en sortant du travail que j'ai croisé Fredo et Roberto. Ils m'ont conseillé de venir au casting et sur l'instant, je me suis dit "non, vaut mieux pas trop", parce que je n'avais pas très confiance en moi, j'avais d'autres objectifs comme avoir mon diplôme, sauf qu'en rentrant, je me suis renseignée sur ce qu'était Miss Universe. Je ne connaissais pas forcément ce que c'était et je me suis dit "pourquoi pas ?" Finalement, j'étais la première à me présenter au casting le lendemain, et je ne regrette pas du tout mon choix.
• Comment avez-vous vécu cette aventure du début jusqu'à maintenant ? Qu'est-ce que vous avez ressenti lorsque votre nom a été annoncé ?
Je dirais qu'elle était magnifique parce qu'elle m'a permis de grandir, de prendre conscience de mes propres valeurs, de prendre confiance en moi ; donc je suis énormément reconnaissante d'avoir vécu ça.
Quand j'ai été élue, j'étais un peu dans le doute, je n'avais pas compris que c'était moi qui avais gagné. La seule chose à laquelle je pensais, c'était ma famille, qui était venue nombreuse me soutenir du début à la fin. À ce moment-là, on dit candidate numéro une, je regarde le public et je me dis que c'est moi, je pleure. Je suis énormément reconnaissante pour tout.
Ce qui m'a le plus marqué dans cette aventure était notre rencontre avec les jeunes de l'EPSMR. Ce sont des jeunes qui ont une histoire, qui ont des rêves, mais qui ont de nombreuses difficultés. On les a accompagnés à prendre confiance en eux, à trouver leur place, et ils se sont dépassés. Ils ont osé, et je trouve que c'était une très belle expérience. J'aimerais vraiment apporter cette touche de lumière à chaque fois auprès des jeunes qui sont dans cette situation-là. Regardez.
• Vous avez une double casquette car vous représentez La Réunion, mais vous êtes aussi la première Miss Universe Réunion. Qu'est-ce que ça vous fait ?
J'étais un peu sous le choc. Je suis très fière de me dire que je vais représenter, pour la toute première fois La Réunion. J'ai hâte que les Réunionnais voient avec fierté la jeune femme que je suis : déterminée, ambitieuse et solaire. J'ai hâte de montrer de quoi l'île de La Réunion est capable.
• Comment allez-vous vous y prendre pour représenter l'île sur cette scène internationale et comment vous préparez-vous avant votre départ ?
Avant mon départ, il faut prendre les billets d'avion, trouver des tenues pour là-bas, mais je me prépare aussi mentalement, parce que c'est vrai qu'il faut un mental d'acier pour y aller ; ça va être des jours très intenses, donc, forcément, je me renseigne aussi sur ce qui m'attend. Je me prépare aussi au catwalk qui est très demandé et à l'anglais aussi. Pour représenter La Réunion, je m'entraîne énormément parce qu'il y a du niveau là-bas. Je débute tout juste dans cet univers-là. J'ai envie de vraiment me donner à fond.
J'ai pris la décision d'arrêter mes études pendant un an. Je pense que c'est une expérience à vivre à 100 % et je ne souhaitais pas mettre en jeu mes études, parce que c'est un métier qui me tient à cœur. Mais ce n'est pas pour autant que je ne vais pas être diplômée.
• Avez-vous des appréhensions, ou à l'inverse, est-ce qu'il y a des points sur lesquels vous êtes un peu plus confiante ?
Alors forcément, il y a des petites appréhensions parce que, comme je le disais, il y a du niveau, donc il faut que je me démarque. Mais je sais que j'ai une très belle personnalité et les gens croient en moi à travers mon énergie solaire, ma bienveillance et ma générosité. Je pense que c'est un point fort qu'il faut que je montre à l'international. Je veux non seulement vivre cette expérience à fond, mais aussi être couronnée, bien sûr.
• Quelle image vous aimeriez représenter et dégager de la femme réunionnaise ?
J'ai un papa malbar et une maman créole, donc j'aimerais montrer une jeune femme métissée, une jeune femme bienveillante, une jeune femme engagée dans différentes actions, avec un grand cœur, mais aussi un engagement auprès de sa population réunionnaise. Regardez.
• Quels conseils vous aimeriez donner à une jeune personne qui souhaite participer à ce concours ?
Ce que j'aimerais dire à ces jeunes femmes, c'est d'oser, de croire en elles parce que bien que la beauté attire du regard, la personnalité en vaut beaucoup plus. De vivre cette expérience, parce qu'on la vie qu'une seule fois dans sa vie et que même si elles doutent, elles apprendront toujours quoi qu'il arrive et je pense que c'est une aventure qui permettra à chacune d'entre elles de grandir.
• Qu'aimeriez-vous dire à la jeune femme que vous étiez avant et à celle que vous serez dans le futur ?
Alors, à la jeune femme d'avant, je dirais déjà bravo, bravo parce que j'ai été forte, je suis sortie de ma zone de confort parce que je suis une jeune femme très discrète et ce que je dirais à la future femme, c'est de toujours croire en elle, de rester fidèle à ses engagements, mais surtout de rester fidèle à soi-même et je suis fière tout simplement de la personne que je suis.
• Quels messages vous souhaiteriez adresser aux Réunionnais qui vous soutiennent dans cette aventure ?
Un grand merci parce que sans eux, je ne serai pas là aujourd'hui. J'ai eu beaucoup de chance grâce au vote de chacun. Et je vous remercie d'avoir cru en moi et je n'ai pas envie de vous lâcher. J'ai envie de vous montrer que vous avez fait le bon choix et que je suis une jeune femme déterminée à représenter La Réunion.
Mon départ est prévu le 6 novembre et le 24 novembre, c'est le jour J. J'espère compter sur vous pour votre soutien. Vous pouvez voter pour moi, sur la page de Miss Universe. Le premier vote est gratuit. Regardez.
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- Miss Universe, un concours né d'une ambition collective -
Derrière cette première participation de La Réunion à Miss Universe, il y a aussi un projet porté par une équipe. Le directeur général du comité Miss Universe Réunion revient sur les enjeux et les ambitions du projet.
"Miss Universe Réunion, c'est un concours pour nous qui vient d'une grande réflexion, avec la présidence de Roberto Guay et le vice-président Fredo Alzina. Il me tenait à cœur de créer l'engouement autour d'un concours international ici à La Réunion", précise Jonathan Ajaguin-Soleyen, directeur général.
Jonathan Ajaguin-Soleyen nous parle d'un projet ambitieux qui a atteint ses objectifs, pourtant réalisés en quelques mois. "Ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, évidemment. J'ai été contacté par Roberto il y a trois mois pour organiser cette élection, élire une Miss et l'envoyer à l'international", ajoute-t-il. "Je n'y ai pas cru tout de suite. Je pense que comme plein de gens, on s'est tous posé la question à savoir si c'était réel et si c'était fondé", avoue-t-il.
- "Trouver une femme qui soit belle à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur "-
En France, pour pouvoir participer à Miss Univers, il fallait passer par un autre concours national. Le concours international a changé ses conditions de participation et a permis aux territoires non-nationaux de pouvoir participer à ce concours. "C'est pour ça que l'année dernière, on avait la présence de Miss Universe Guadeloupe. Cette année, on aura la présence de Miss Universe Saint-Martin. On a Miss Universe Mayotte, Miss Universe Martinique, etc. La volonté de Miss Universe, c'est de mettre en avant tous les territoires, qu'ils soient petits ou grands, nationaux ou non", précise le directeur.
"Avec Roberto et Fredo, nous avons voulu montrer qu'à La Réunion, on a cette capacité aussi de briller sur une scène internationale, de montrer qu'on a tous les talents, les beautés dans sa diversité. Parce que quand on regarde aussi les candidates que l'on a eues, on avait des mamans, mariées, grandes, petites, avec des formes ou non. Pour pouvoir se présenter à ce concours-là, la seule condition, c'est d'être une femme finalement. Parce que le concours Miss Universe, c'est trouver une femme qui soit belle à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur et qui a aussi une voix et a la volonté de porter des projets. Évidemment, comme dans tous les concours, il y a une sélection qui doit être faite ", ajoute Jonathan Ajaguin-Soleyen.
"Il y a des candidates qui se sont tout de suite présentées au concours, il y en a d'autres que l'on a croisés dans la rue. On a eu deux dates de casting, une qui était au Créolia, à Saint-Denis, et une autre à Saint-Pierre, au Flower Palace. Le but, c'était de rencontrer ces demoiselles, de voir leur engagement, leur volonté de porter La Réunion sur une scène internationale. Bien sûr, elles ont été aussi évaluées sur leur catwalk, leur capacité à comprendre et à échanger en anglais. Ensuiteen, on s'est réunis en comité et on a fait la sélection des 15 candidates. Ça n'a pas été une tâche facile, et je vous avouerai que travailler avec passion, parfois, ça sous-entend aussi avoir des désaccords. Mais quand on va dans la même direction, moi, je trouve que c'est normal", explique le directeur.
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Choisie par le jury, le public et les internautes, la jeune femme a créé un engouement autour d'elle. "Elle la crée par le fait d'être solaire, d'avoir cette facilité à aller vers les gens et pouvoir échanger avec eux. C'est ça aussi que l'on cherche, une femme qui peut aller à l'international et nous représenter, mais aussi une femme qui est proche de sa population. Et je pense que c'est ça qui a créé l'engouement autour d'Abigaëlle Tailamée", ajoute le directeur.
- Une préparation intensive avant le grand départ à Porto Rico -
Pour la nouvelle Miss Universe Réunion, la préparation ne fait que commencer. "On rentre dans des semaines qui sont relativement intenses avec la préparation au niveau du catwalk. On doit aussi rencontrer des partenaires parce qu'il va falloir constituer toute une valise. Une représentante à l'international se doit d'être bien habillée. Ce sont tous les éléments qu'une Miss Universe Réunion doit posséder pour pouvoir représenter les Réunionnais au mieux à l'international", explique Jonathan Ajaguin-Soleyen.
Contrairement à plusieurs concours de beauté, Miss Universe se déroule en plusieurs étapes.
"Cette année, ils ont fait le choix de le faire sur trois jours différents. Le 21 novembre, on a ce qu'on appelle le concours du costume national, où chaque pays va représenter son pays par le biais d'un costume qui représente son territoire. Le 22 novembre, il y aura le show préliminaire. C'est là où les jurys vont présélectionner les finalistes pour le soir où il y aura un passage en maillot de bain. Il y aura aussi un passage en robe de soirée", explique le directeur. "La finale sera le 24 novembre à 20 h, heure locale de San Juan à Puerto Rico (8h de décalage). Donc, ça suppose 4 heures du matin, ici à La Réunion. Les candidates pourront prendre la parole et pourront s'exprimer sur des sujets qui touchent parfois au quotidien des habitants du monde entier", ajoute-t-il.
"À partir du moment où elle sera à San Juan à Puerto Rico, elle sera prise en charge par le comité international. Elle aura tout un planning qui sera pré-établi à l'avance. Il y aura forcément des shootings, des échanges avec des partenaires internationaux, des répétitions, des repas de gala, des échanges avec la population locale". Regardez.
- " Une seule ambition, de devenir le concours numéro un à La Réunion " -
Pour le directeur, le soutien des Réunionnais a été infaillible. "On a vraiment cette volonté de rendre La Réunion fière et de voir vos messages de solidarité, de soutien, ça nous touche énormément et ça nous donne envie de perdurer, de faire en sorte que ce concours devienne une réelle institution". "J'aimerais également m'adresser à toutes les femmes, qu'elles soient réunionnaises ou qu'elles viennent d'ailleurs, et leur dire que si elles ont un projet en tête, si elles ont envie de faire quelque chose dans leur vie, la seule limite qui existe, c'est celle qu'elles s'imposent", continue-t-il.
Sur leurs ambitions avec Abigaëlle Tailamée, le directeur, est clair. "On a tous envie que La Réunion remporte cette couronne, on a envie d'aller le plus loin possible. Ce que j'ai absolument envie, c'est qu'Abigaëlle Tailamée puisse montrer que La Réunion existe et que le lendemain matin, le 25 novembre, la population mondiale puisse se dire que "La Réunion, c'est dans l'océan indien et on a envie d'aller visiter ce territoire. On a envie d'apprendre davantage sur la culture de ce territoire", ça sera la plus grande victoire", avance t-il.
Pour le directeur, le bilan de cette première édition dépasse ses espérances : "Ce que je retiendrai, c'est l'engouement que ce concours provoque. Il suffit de regarder nos réseaux sociaux. Plus de 15.000 abonnés. C'est 1,3 million de vues sur 30 jours. C'est aussi des échanges à l'international pour nous féliciter pour le travail qu'on a réussi à mettre en place à La Réunion", continue-t-il. "Pour moi, le bilan est très positif. Et c'est un travail que l'on a accompli en 3 mois", tient à rappeler le directeur. "Donc, imaginez ce qu'on est capable de faire en un an...". Regardez.
"Nous, on a une seule ambition, c'est de devenir le concours numéro un à La Réunion quand il s'agit d'élection de Miss, parce qu'on a vraiment envie de montrer qu'à La Réunion, on a cette possibilité de réussir sur une scène internationale et non pas passer par d'autres processus. On a vraiment envie que ce concours perdure dans le temps. Et d'ailleurs, je peux tout de suite vous annoncer que la finale de Miss Universe Réunion 2027 se tiendra le 10 juillet 2027 à la salle Guy Agénor, à la Plaine-des-Palmistes ".
La prochaine édition est annoncée. L'occasion pour les Réunionnaises de se préparer. En attendant, Abigaëlle Tailamée est à l'honneur.
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