Le préfet de La Réunion lance officiellement le plan d’action régional Écophyto 2030. Objectif : réduire de 50 % l’usage, les risques et les impacts des produits phytopharmaceutiques d’ici 2030, avec huit actions déployées à l’échelle de l’île et sur quatre territoires prioritaires. "La Réunion, qui fait partie des quatre régions pilotes pour la territorialisation d’Écophyto 2030, a été engagée dans cette démarche pour intégrer les spécificités ultramarines : climat tropical, cultures stratégiques comme la canne à sucre, enjeux de biodiversité endémique" indiquent les services de la préfecture dans un communiqué. (Photo Richard Bouhet/imazpress.com
Ce plan, co-construit avec les parties prenantes lors d’ateliers collaboratifs menés au premier semestre 2026, vise à réduire de 50 % l’usage, les risques et les impacts des produits phytopharmaceutiques (PPP) d’ici 2030, tout en conciliant performance économique des exploitations agricoles, santé publique et préservation de l’environnement.
Le plan s’appuie sur un diagnostic territorial validé en décembre 2025, identifiant quatre territoires prioritaires : les aires d’alimentation des captages des Cocos (Saint-Louis), d’Oméga (Saint-Paul), des Citronniers (Saint-André) et du forage du Petit Saint-Pierre (Saint-Benoît).
Le plan Écophyto 2030 à La Réunion s’articule autour de deux volets complémentaires – régional et territorial – au sein desquels 8 actions phares sont déployées : quatre à l’échelle de l’île pour un cadre commun, et quatre ciblées sur les zones prioritaires pour une transition accélérée.
- Le plan Écophyto 2030 entre dans sa phase opérationnelle -
Ce plan s’inscrit dans une dynamique plus large, en synergie avec d’autres programmes ambitieux pour le territoire comme :
- le plan régional de souveraineté alimentaire (PRSA) et les États généraux de la canne, pour concilier réduction des intrants et compétitivité des filières ;
- le plan d'action stratégique pour l'anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (PARSADA) et le programme d’expérimentation pour les usages mineurs, pour tester des alternatives aux PPP adaptées aux cultures locales (canne à sucre et fruits tropicaux).
Dès à présent, le plan Écophyto 2030 entre dans sa phase opérationnelle avec le lancement des travaux de rédaction d’un référentiel complet des aides financières (PAC, FEADER, dispositifs régionaux, etc.) destiné à faciliter l’accès des agriculteurs aux dispositifs de soutien pour leur transition agro-écologique.
Parallèlement, une animation territoriale renforcée sera déployée sur les quatre territoires pilotes, afin d’accompagner les agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques.
Cette approche garantira une dynamique locale efficace et pérenne, adaptée aux enjeux spécifiques de chaque zone. Enfin, un suivi annuel rigoureux permettra d’évaluer les progrès et d’ajuster les mesures en fonction des retours terrain.
Un bilan final de la stratégie régionale Écophyto 2030 est attendu fin 2030, pour mesurer l’atteinte des objectifs fixés.
