Les syndicats et l'Assurance maladie ont trouvé un accord pour revaloriser les infirmiers en libéral. Le texte prévoit notamment la hausse des tarifs des actes techniques et de la prise en charge des patients dépendants. A La Réunion, tout comme dans l'Hexagone, la réaction est mitigée : si cette augmentation est la bienvenue, elle est bien en-deça de ce qui avait été réclamé par les syndicats.
"Nous ne sommes pas satisfaits du montant de la revalorisation, mais c'est déjà un avancement", réagit Lynda Robert, présidente du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) de La Réunion.
Les syndicats réclamaient "une augmentation de 20%, soit 60 centimes, et nous avons obtenu 30 centimes", précise-t-elle.
A La Réunion, la grille salariale est légèrement supérieure, avec 15 centimes supplémentaires par actes médicaux infirmiers (AMI). "L'AMI est rémunéré 3,30 euros pour La Réunion", indique Lynda Robert. Elle tient cependant à rappeler que la grille est "identique concernant les frais de déplacements".
- Un sentiment mitigé chez tous les syndicats -
Au niveau national, le sentiment est le même. "Nous avons décidé de signer", "pas parce que le texte est parfait, il ne l’est pas, mais parce qu’il est utile. Dans la situation actuelle, l’utile vaut mieux que l’idéal, l’inaccessible", a déclaré Daniel Guillerm, le président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), premier syndicat représentatif, lors d’une conférence de presse, mardi.
Cette augmentation est par ailleurs progressive : "chaque infirmière verra sa rémunération augmenter, avec un gain d’environ 410 € fin 2026, puis près de 2 500 € par an en 2027 et 2028", a en effet expliqué le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à l'annonce de la signature de l'accord ce mercredi 1er avril.
L’accord représente 503 millions d’euros de dépenses supplémentaires pour l’Assurance-maladie (remboursements de soins, forfaits, aides…), avec une entrée en vigueur progressive, entre la fin de 2026 et la fin de 2028. A cela s’ajoutent autour de 40 millions d’euros remboursables par les complémentaires santé.
- Loi consultation infirmière -
Cet accord fait suite à la loi sur la profession d'infirmier, promulguée en juin 2025, qui a élargi les compétences des infirmiers et renforcé leur rôle dans le système de soins, afin de faire face à la désertification médicale, au vieillissement de la population et à la progression des maladies chroniques.
"Cette loi nous accorde de nouvelles compétences, ce qui est important parce qu'on valorise nos compétences. Ce sont des choses que nous faisions déjà, et qui sont maintenant payées", indique Lynda Robert.
"Par exemple, sur la question des pansements simples : avant, un patient devait passer par son médecin pour qu'on puisse faire ses pansements, maintenant ce n'est plus nécessaire", cite-t-elle en exemple.
Les trois syndicats majoritaires ont signé cet accord. "Nous sommes quand même satisfaits, on nous donne des nouvelles compétences", salue Lynda Robert.
Cette augmentation intervient par ailleurs dans un contexte particulièrement tendu pour la profession : la forte hausse des prix du carburant impacte directement le porte-feuille des infirmiers libéraux, qui se déplacent continuellement. Les soignants demandent la mise en place d’une aide exceptionnelle pour faire face à la crise.
"Pour l'heure, nous n'avons pas eu de retour, et l'augmentation que nous avons obtenu avec cet accord est à séparer de la crise du carburant. Cet accord était prévu bien avant cette nouvelle crise", souligne Lynda Robert, qui espère qu'une nouvelle aide va être annoncée.
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