Saint-Denis : la CFTC mobilisée devant Brink’S Réunion pour dénoncer des "atteintes répétées aux droits syndicaux"

  • Publié le 28 mai 2026 à 14:48
  • Actualisé le 28 mai 2026 à 15:43
Brinks Balthazar David CFTC Brinks

La section CFTC de Brink’S Réunion - Mayotte, une entreprise de sûreté, est mobilisée ce jeudi 28 mai 2026 devant les locaux de l'entreprise à Saint-Denis. Le syndicat dénonce des "atteintes répétées aux droits syndicaux", des "pressions exercées contre les représentants du personnel" ainsi quun climat social "particulièrement dégradé au sein des agences de Mayotte et de La Réunion" (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Au cœur du conflit : un droit d’alerte exercé par David Balthazar, convoyeur de fonds, délégué syndical CFTC, élu et trésorier du CSE. Le représentant du personnel affirme avoir signalé depuis plusieurs mois des faits graves touchant aux conditions de travail et à la sécurité des salariés, notamment sur le site de Mayotte.

"On est là aujourd’hui parce qu’il n’y a pas de dialogue social", affirme-t-il. Selon lui, plusieurs alertes adressées à la direction faisaient état de "méthodes de management autoritaires", de "pressions psychologiques", de "harcèlement managérial" mais aussi de nombreux manquements en matière de sécurité.

Le syndicat affirme que les difficultés ne se limitent pas à Mayotte. Des salariés de l’agence réunionnaise auraient également signalé des situations de souffrance au travail, des pressions managériales et des contestations autour de certains licenciements.

"Ici aussi, les salariés ont peur des représailles", assure David Balthazar.

La CFTC évoque enfin des incidents lors d’une commission de sécurité organisée en préfecture, au cours de laquelle des représentants de l’entreprise auraient adopté un comportement jugé intimidant envers le délégué syndical.

Une enquête externe accablante, selon la CFTC -

D’après le syndicat, une enquête indépendante menée par un cabinet externe aurait confirmé plusieurs des éléments dénoncés.

David Balthazar explique avoir obtenu ce document après avoir sollicité la direction et l’inspection du travail. "Le rapport accrédite mes documents et les courriers que j’ai adressés contre la direction. Il confirme beaucoup de manquements dans l’entreprise de Mayotte", affirme-t-il.

Le syndicaliste évoque notamment des conditions de travail jugées dangereuses pour les convoyeurs de fonds. "Les salariés travaillent dans la poussière, avec des problèmes de climatisation et des manquements de sécurité importants", déclare-t-il.

Parmi les exemples cités : des véhicules blindés en mauvais état, des portes maintenues "avec un fil électrique", ou encore des armes manipulées hors étui sur la voie publique. "On voit des collègues circuler armés dans des véhicules banalisés avec des munitions, alors qu’il existe des procédures strictes", affirme-t-il.

Le manque de moyens matériels serait également pointé du doigt. À Mayotte, la flotte de véhicules blindés serait fortement dégradée. "Sur trois véhicules blindés, deux sont au garage et le troisième est quasiment réformé", assure David Balthazar.

- Accusations de propos sexistes et demandes de licenciement refusées -

Le représentant syndical dénonce également des comportements déplacés envers certaines salariées. Il affirme que des propos sexistes auraient été tenus au sein de l’entreprise par des responsables hiérarchiques.

Dans son communiqué, la CFTC accuse par ailleurs la direction de vouloir faire pression sur son délégué syndical. Le syndicat indique que six demandes de licenciement visant David Balthazar auraient été refusées par l’Inspection du travail.

Une procédure judiciaire aurait également été engagée contre lui par le directeur régional de l’entreprise, après l’envoi d’un courriel syndical dénonçant les agissements observés sur le site de Mayotte.

Pour la CFTC, ces démarches constituent "une tentative d’intimidation envers un représentant du personnel dans l’exercice légitime de ses fonctions syndicales".

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