La CGTR Finances publiques mène une action de sensibilisation, ce mardi 19 mai 2026, devant le centre des finances publiques de Saint-Pierre. Le syndicat entend alerter les usagers sur les suppressions de postes et les conséquences de la réorganisation des services de la DGFiP, notamment à l’accueil du public. (Photos Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
Ce mardi, les usagers sont attendus nombreux au centre des finances publiques de Saint-Pierre. Alors qu'il s'agit du dernier jour de dépôt des déclarations des revenus de 2025 en version papier, la branche locale de la CGT Finances publiques monte au créneau et organise une action de sensibilisation, depuis 7 heures 30, ce matin. Regardez
L'objectif : informer les usagers sur les suppressions de postes au sein de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) et dénoncer leurs conséquences sur l’accueil et l’accompagnement du public.
Tracts à la main, les agents grévistes profitent du grand nombre de passages. Ils racontent aux usagers : le manque de personnel, la détérioration des accueils, la perte de 30 % des agents en 20 ans : "Il faut aller de plus en plus vite" lance un agent.
- Perte de contact humain et illectronisme -
Le secrétaire général, de la CGTR Finances Publiques, Michaël Jalma explique : "Il y a une population qui est particulièrement fragile, qui souffre d'illectronisme, qui n'a pas forcément accès à l'outil informatique, donc qui souffre tout simplement de la perte de contact humain avec les agents des finances publiques parce qu'on n'a pas tous les renseignements forcément qui sont accessibles pour le tout venant sur Internet.
Michaël Jalma affirme : "Les premières suppressions d'emploi se répercutent sur les postes d'accueil. C'est de ça dont souffrent les usagers et les agents des finances publiques dans le département".
Dans un communiqué, la CGT Finances Publiques critique vivement la mise en place du "Nouveau Réseau de Proximité" (NRP), déployé entre 2019 et 2023. Selon le syndicat, cette réforme a entraîné la disparition de "2.724 services de pleine compétence" au niveau national.
"Quelle que soit la bonne volonté des personnes qui y travaillent, France Services n’est pas la DGFiP", affirme la CGT, qui décrit ces espaces comme de "véritables fourre-tout et des boîtes aux lettres sans véritable compétence".
Au-delà des revendications nationales, la CGTR souligne également certaines problématiques locales, notamment autour des mutations des agents à La Réunion, en particulier pour les personnels de catégorie C.
- Le tout numérique pointé du doigt -
La CGT Finances publiques dénonce également la réduction des horaires d’accueil physique et la dématérialisation croissante des démarches administratives. "Réduire les plages des accueils physiques pour miser sur le tout numérique, c’est toucher celles et ceux qui ont besoin d’un accompagnement en présentiel", écrit le syndicat, rappelant que près de 16 millions de Français rencontreraient des difficultés avec les outils numériques.
À travers une pétition nationale, la CGT réclame davantage de moyens humains et matériels pour les services fiscaux. Le syndicat demande notamment plus d’agents à l’accueil, des délais de traitement réduits et un renforcement de la lutte contre la fraude fiscale. "Moins d’heures d’ouverture au public = plus de temps perdu dans les files d’attente", résume la pétition.
Le syndicat appelle au maintien de centres des finances publiques "partout et pour tous et toutes, avec des prérogatives et des moyens humains et matériels renforcés, avec des personnels qualifiés et reconnus".
www.imazpress.com / [email protected]







