Des salariés des crèches Poucelina à Sainte-Clotilde ont observé une journée de débrayage ce vendredi 16 octobre 2026. En cause, un retard dans les salaires qui n'ont pas été versés depuis le mois d'août 2026. (Photo DR)
Le coup est rude pour les salariés des Poucelina. Depuis plus deux mois, ces derniers doivent vivre sans salaire. "C'est compliqué pour nous", témoigne une porte-parole du personnel, souhaitant rester anonyme, qui a procédé à une journée de débrayage vendredi dernier. "Nous vivons sans salaire et il est difficile de payer nos crédits et nos loyers. Certaines collègues sont obligées de ne pas manger le midi pour pouvoir subvenir aux besoins de leur famille."
À l'origine de ce défaut de paiement dans les salaires, on trouve la situation financière dans laquelle se trouvent ces structures d'accueil des tout-petits. Des structures, gérées par l'association Poucelina, qui vont engager une procédure judiciaire de liquidation ou de sauvegarde devant le tribunal de commerce le 26 octobre prochain.
Interrogée sur cette situation, Georgette Padavantan, directrice de Poucelina, affirme "comprendre la colère des salariés". Toutefois, elle précise que des démarches ont déjà été entreprises pour assurer le versement des salaires en retard. "Nous avions une audience le 5 octobre. Mais le tribunal a refusé de statuer sur une éventuelle liquidation ou une sauvegarde et a reporté l'examen de notre dossier à fin octobre."
Un report qui a retardé d'autant la prise en charge des salaires d'août et de septembre par l'Association pour la Gestion du régime de Garantie des créances des Salariés (AGS), organisme en charge de cette mission lorsque l'employeur est placé en procédure collective.
- Une baisse des subventions pour la crèche Poucelina -
La question qui se pose, toutefois, est de comprendre l'origine de cette défaillance dans un réseau de crèches fondé il y a près de 30 ans. Pour la directrice, un faisceau de motifs explique cette "situation catastrophique" selon ses propres mots.
En premier lieu, on trouve, selon la direction, un retard dans les aides versées par la CAF, principal financeur des crèches associatives Poucelina. Par ailleurs, la subvention octroyée par la mairie de Saint-Denis aurait été réduite de moitié, passant de 30.000 à 15.000 euros.
Mais du point de vue de Georgette Padavantan, c'est aussi la baisse de fréquentation au sein de ses crèches qui aurait causé cette diminution de leurs ressources. "Nous sommes dimensionnés pour accueillir 100 enfants. Mais depuis quelque temps, nous n'atteignons pas notre jauge maximale. Nous nous limitons à 75 enfants." Une baisse dans les effectifs de jeunes marmailles qu'elle attribue à un recul de la natalité à La Réunion.
Si ces explications semblent déjà avoir été fournies aux salariés et à leurs représentants syndicaux au cours de plusieurs réunions, cela ne semble pas apaiser leur colère et leur amertume pour autant. "Il y a une souffrance morale chez nous", précise ainsi leur porte-parole.
Si les grévistes vont reprendre leur travail dès lundi, ils indiquent avoir déjà contacté l'inspection du travail et les prud'hommes. Un signe qui indique, sans grande surprise, que la confiance semble altérée avec leur direction.
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