Les soldes d'été démarrent ce samedi 5 septembre 2026 à La Réunion, pour s'écouler jusqu'au 2 octobre. Un mois de bonnes affaires… ou pas, dans un contexte de crise, de vie chère et de nouveaux modes de consommation. Si elles restent un rendez-vous attendu par la clientèle et les commerçants, ils ne se font pas d'illusion, les soldes perdent leur statut d'évènement (Photo www.imazpress.com)
Clients, commerçants s'interrogent sur l'utilité des rabais face aux promotions permanentes.
Dans le nord de La Réunion, les soldes ne font plus rêver. "Je vais faire un peu de lèche-vitrine mais de là à acheter parce que c'est les soldes, non. Des vêtements pas trop chers et des promotions y en a toute l'année", confie Isabelle, soixantenaire.
Unterrogée depuis plusieurs années par Imaz Press, Cathie Buscemi, commerçante du Port n'en démord pas, "les soldes sont trop longues". "Nous sortons des journées commerciales, les magasins font des prix et même si y a eu du monde les premiers matins, après ça s'est calmé", constate-t-elle.
- Les réductions toute l'année font de l'ombre au soldes -
Ventes-privées, achats en ligne et réductions sur l'année ont banalisé les rabais.
"Désormais il y a plusieurs canaux de distribution, ce qui n'était pas le cas avant et il y a eu, à La Réunion, une accélération des ventes en ligne et forcément avec les points relais, il est plus facile d'acheter en ligne", reconnaît Chakil Omarjee, vice-président de l'Union des commerçants dionysiens (UCD).
Cette nouvelle consommation "pèse sur la fréquentation des centres-villes". "À nous de proposer des offres intéressantes", se dit-il.
À La Réunion, pour le troisième trimeste consécutif, les défaillances d'entreprises sont en hausse.

Les procédures collectives progressent fortement. Les liquidations judiciaires et redressements ont augmenté de 14 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025, avec une majorité de liquidations. La principale cause reste le manque de trésorerie, conséquence directe de la baisse d'activité.
- Le coût de la vie pèse sur les achats vestimentaires -
"Nous attendons ces soldes avec beaucoup d’attention car le contexte est particulièrement difficile pour le commerce actuellement", évoque à Saint-Pierre, Afzal Goolam Hossen, gérant d'une boutique Kenza et membre de l'association des commerçants de Saint-Pierre.
"Nous ressentons clairement une baisse du pouvoir d’achat et les consommateurs sont devenus beaucoup plus attentifs à leurs dépenses", constate-t-il.
"À cela s’ajoutent un contexte international marqué par les conflits, l’augmentation des prix des carburants et, plus globalement, la hausse du coût de la vie. Tout cela pèse forcément sur le budget et le moral des ménages", dit le commerçant.
À La Réunion, 36 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, c'est le troisième département le plus pauvre de France, après Mayotte et la Guyane.
- Pour les commerçants, les soldes "ont encore du sens" -
Pour autant, Afzal Goolam Hossen "pense que "les soldes ont encore un sens". "Elles restent un rendez-vous attendu par une partie de la clientèle et permettent aux commerçants d’écouler leurs stocks tout en proposant de vraies bonnes affaires aux consommateurs."
À Saint-Pierre, le démarrage des soldes sera accompagné d’une nocturne ce samedi 5 septembre 2026, avec les commerces ouverts jusqu’à 22h. "C’est une belle occasion de créer davantage d’animation en centre-ville et, nous l’espérons, de donner envie aux Réunionnais de venir profiter des soldes tout en faisant vivre le commerce local."
À Saint-Denis, le vice-président de l'Union des commerçants dionysiens (UCD) évoque "un attachement des gens aux centres-villes".
Le centre-ville garde un avantage, "voir, toucher et essayer les produits", dit Chakil Omarjee. Mais également de faire vivre les petits commerces. "Vous venez en centre-ville passer un moment agréable, vous prenez un goûter en même temps que vous faites les boutiques."
Il ne faut pas oublier que derrière chaque boutique, il y a des emplois, des familles, mais aussi toute une économie locale qu’il est important de soutenir et de préserver.
- Promos, soldes… un encadrement strict du calendrier et des produits proposés -
Black Friday, promotions, ventes privées, soldes… Ces opérations commerciales ne relèvent pas du même cadre juridique.
"Les soldes sont strictement encadrées, tandis que les promotions, les ventes privées et le Black Friday relèvent d’un régime plus souple mais réglementé", expliquent les services de la préfecture.
Les soldes "doivent répondre à plusieurs conditions : publicité préalable, écoulement accéléré de stocks payés depuis au moins un mois, réductions de prix pouvant aller jusqu’à la revente à perte, et périodes fixes de quatre semaines".
Le prix de référence correspond au prix le plus bas pratiqué dans les 30 jours précédents.
Les "articles soldés doivent être clairement identifiés, sans réassort", indique la préfecture.
Les "soldes privés" n’existent pas et l’usage du terme hors périodes officielles est passible d’une amende pouvant atteindre 15.000 euros.
Les promotions et ventes privées
"Les promotions sont décidées librement par le professionnel toute l’année, avec des produits généralement disponibles pendant l’opération, un prix de référence pratiqué dans les 30 jours précédents et l’interdiction de revente à perte", indiquent les services de l'État.
Pour les produits alimentaires, le terme "gratuit" est interdit.
Le Black Friday
Évènement commercial d’origine américaine, il relève du régime des promotions. "Une vigilance particulière porte sur les fausses réductions, les offres faussement limitées, les frais cachés, les sites frauduleux et les politiques de retour", précise la préfecture.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (pôle C de la DEETS de La Réunion) réalise des contrôles toute l’année sur les soldes, promotions et catalogues publicitaires.
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