Un avocat suisse a indiqué lundi à l’AFP avoir déposé une plainte en Suisse contre le journal satirique français Charlie Hebdo, après la publication le 9 janvier d’une caricature en lien avec l’incendie meurtrier d’un bar de la station de Crans-Montana.
Sur le dessin, deux skieurs à la peau noircie avec des bandages dévalent une pente sur laquelle figure le panneau de signalisation "Crans-Montana", accompagnés des mentions "Les brûlés font du ski" et "La comédie de l’année", en référence au film comique de 1979 "Les Bronzés font du ski".
Le dessin du jour, par #Salch pic.twitter.com/YbmVqpO3X2
— Charlie Hebdo (@Charlie_Hebdo_) January 9, 2026
"C’est une démarche citoyenne", a commenté à l’AFP Me Stéphane Riand, qui a déposé plainte avec son épouse Béatrice, une écrivaine, devant le ministère public du canton du Valais.
Ce dessin est "une représentation de la violence qui porte atteinte à la dignité humaine des victimes", a-t-il expliqué, soulignant que la liberté d’expression "peut céder le pas" dans certains cas selon la législation suisse.
La plainte vise aussi l’auteur du dessin, Eric Salch.
Le dessin a été publié le 9 janvier, décrété en Suisse jour de deuil national en hommage aux victimes de cette tragédie qui a fait 40 morts - principalement des adolescents et jeunes adultes - et 116 blessés dans la nuit du nouvel an. Plusieurs étrangers figurent parmi les victimes, dont des Français et des Italiens.
Contacté par l’AFP, Charlie Hebdo n’a pas fait de commentaire.
Ce dessin "met en scène graphiquement les victimes elles-mêmes, utilisées comme le ressort central d’un message satirique qui confine à l’abjection", explique la plainte, qui a été publiée sur le compte Facebook de Mme Riand.
"La transformation symbolique de victimes réelles en actrices souriantes d’un drame - dont elles ne portent pourtant aucune responsabilité - constitue une déshumanisation graphique, incompatible avec le respect minimal dû à la dignité humaine", font-ils valoir, estimant que dans "le cas d’espèce, le respect de la dignité humaine l’emporte sur la liberté d’expression".
Ils demandent l’ouverture au ministère public suisse d’une instruction pénale à l’encontre de la direction de Charlie Hebdo et de son dessinateur.
AFP

On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde
Tout juste, et avec de moins en moins de monde, tant l'esprit de la satyre et de l'ironie n'est plus compris. L'esprit français, hérité des Lumières, notre culture, bref notre identité fout le camps.