Une reproduction naturelle réussie du Paille-en-queue à brins rouges, une première à La Réunion

  • Publié le 14 janvier 2026 à 13:13
  • Actualisé le 14 janvier 2026 à 18:21
Paille en queue brins rouges

Un événement inédit s’est produit fin 2025 sur les falaises de Saint-Leu. Pour la première fois, un Paille-en-queue à brins rouges (Phaethon rubricauda) est parvenu à mener sa reproduction à terme en milieu naturel, sans intervention humaine, à La Réunion (Photo Yabalex)

L’observation débute le 18 octobre 2025, lorsque celui qui se fait prénommer "Yabalex", adhérent de la Société d’Études Ornithologiques de La Réunion (SEOR), découvre un poussin sur une paroi rocheuse en front de mer.

"J’ai aperçu une petite boule de duvet blanc exactement à l’endroit où j’avais vu un adulte l’année précédente", explique-t-il. 

Une espèce rare à La Réunion

À ne pas confondre avec le Paille-en-queue à bec jaune, emblème bien connu de l’île, le Paille-en-queue à brins rouges est plus grand et beaucoup plus rare. Présent dans le Pacifique et l’océan Indien, il n’est observé à La Réunion que depuis le début des années 2000.

Selon la SEOR, contactée par Imaz Press, une centaine d’observations ont été recensées depuis 2002, sans que cela corresponde au nombre réel d’individus. Jusqu’à présent, aucune reproduction naturelle réussie n’avait été documentée sur l’île.

"La première tentative de reproduction de cette espèce à La Réunion a été observée en 2011. D’autres ont suivi en 2012, 2013, 2015 et 2020, mais toutes ont échoué en milieu naturel", précise la SEOR.

Dans deux cas, des poussins avaient dû être prélevés et élevés au Centre de soins de la SEOR avant d’être relâchés.

- Un suivi à distance -

Le poussin observé à Saint-Leu est resté au nid près de trois mois, une durée particulièrement vulnérable pour l’espèce, exposée aux prédateurs et au dérangement humain. La SEOR n’est pas intervenue sur site, mais a pu estimer l’âge de l’oiseau à partir de photographies transmises par l’observateur.

"Contrairement aux tentatives précédentes, le site semblait relativement protégé de l’accès par des animaux errants et du dérangement", indique l’association.

Le 27 décembre 2025, après la période des fêtes, le nid est retrouvé vide, sans trace de prédation. "L’absence de plumes ou de signes de lutte indique que le jeune a très probablement pris son envol", souligne Alexandre Boyer.

Cet envol constitue une avancée importante pour la connaissance et la conservation de l’espèce à La Réunion.

"Fin 2025, c’est la première fois, à notre connaissance, qu’un jeune Paille-en-queue à brins rouges parvient au terme de sa croissance en milieu naturel sans assistance", confirme la SEOR. 

Ce succès ouvre également la possibilité "d’un retour futur de l’oiseau sur son site natal, un comportement appelé philopatrie, courant chez les oiseaux marins", espère Yabalex. 

La SEOR considère désormais le Paille-en-queue à brins rouges comme une espèce indigène nicheuse, portant à 19 le nombre d’oiseaux indigènes se reproduisant à La Réunion en 2026. L’espèce devrait par ailleurs être intégrée à la liste des espèces protégées, actuellement en cours de révision.

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