VIH et IST bactériennes : les dépistages progressent à La Réunion

  • Publié le 18 février 2026 à 14:09
sida

À La Réunion, les données issues des différents dispositifs de surveillance de Santé publique France, montrent que le dépistage du VIH (Sida) et des Infections sexuellement transmissibles (IST) progresse depuis 2022. Cette mobilisation ne doit cependant pas masquer la progression récente des découvertes de séropositivité, en hausse depuis 2023. Cette progression, qui pourrait en partie être expliquée par la hausse du dépistage (Photo : www.imazpress.com)

Si davantage de personnes apprennent aujourd’hui leur statut, "cela souligne l’importance de renforcer nos actions collectives : encourager le dépistage régulier et faciliter l’accès à la PrEP pour tous les publics exposés", indique Fabien Thouillot de Santé publique France.

Par ailleurs, les infections sexuellement transmissibles restent plus fréquemment dépistées et diagnostiquées à La Réunion qu’ailleurs. Cela doit être vu comme une opportunité : celle d’intervenir précocement, d’éviter les complications, et de mieux comprendre les réalités locales afin d’orienter au mieux les actions.

- Le dépistage du VIH en hausse à La Réunion -

À La Réunion, depuis 2022, on observe une tendance à la hausse des découvertes de séropositivité à un stade précoce (en nombre et proportion). Le nombre et la proportion de découvertes à un stade avancé sont en baisse en 2024. Le nombre de personnes vivant avec le VIH sans connaitre leur séropositivité a été estimé à 206 (130, 282) fin 2024.

Le taux de sérologie VIH effectuées à La Réunion est de 192/1 000 habitants. Il poursuit sa progression, marquée depuis à 2022. Il est supérieur à celui de la France hexagonale mais inférieur à ceux des autres régions ultra-marines (hormis Mayotte). 

Il est plus élevé chez les femmes que les hommes, sauf chez les 50 ans et plus mais il progresse dans toutes les classes d’âge et pour les 2 sexes.

Les taux de dépistage les plus élevés sont retrouvés chez les femmes de 25-49 ans (302,5/1 000 habitants), les femmes de 15-24 ans (279,4/1 000 habitants) très loin devant les hommes de 25-49 ans (175,6/1 000 habitants).

Le nombre de VIHTests réalisés a progressé en 2024 par rapport à 2023 et ce dans toutes les tranches d’âge malgré des variations parfois marquées d’un mois à l’autre. Dans toutes les tranches d’âge, c’est au dernier trimestre que le nombre de tests réalisés était le plus élevé. C’est la tranche d’âge des 25-49 ans qui le plus bénéficié du dispositif.

- À La Réunion, le dépistage des IST progresse -

Depuis 2020, à La Réunion, le taux de dépistage des infections à Chlamydia trachomatis est en hausse (98/1 000 habitants en 2024 contre 80/1 000 habitants en 2023). C’est particulièrement le cas chez les femmes chez qui elles sont beaucoup plus dépistées que chez les hommes (toutes tranches d’âges confondues).

Le taux de dépistage des infections à gonocoque est en hausse depuis 2022 à la Réunion. Chez les femmes (de 15 à 25 ans et de 25 à 49 ans), il est près de 3 fois plus élevé que la moyenne régionale et entre 2,5 et 3,5 fois plus élevés que chez les hommes (pour les mêmes tranches d’âge)

Le taux de dépistage de la syphilis est en hausse à La Réunion depuis 2022. C’est parmi les femmes âgées de 15 à 25 ans et de 25 à 49 ans que ces taux sont les plus élevés, plus de 2 fois la moyenne régionale mais la progression s’observe dans toutes les tranches d’âge, aussi bien chez les hommes que les femmes.

De façon globale, le dépistage concerne très largement plus les femmes que les hommes (sauf en ce qui concerne le dépistage de la syphilis chez les plus de 50 ans).

- La déclaration obligatoire en recul -

Un point essentiel mérite aussi l'attention : l’exhaustivité de la déclaration obligatoire, aujourd’hui en recul. "Pour agir efficacement, nous avons besoin de données solides, fiables et complètes. Restaurer cette qualité de surveillance n’est pas seulement une exigence technique : c’est une condition fondamentale pour orienter au mieux les politiques publiques, garantir une réponse juste et adaptée et fournir des données les plus précises possibles."

En 2024, à La Réunion, la part des déclarations envoyées par les cliniciens poursuit son augmentation et se rapproche de celle de 2021. La part des déclarations comprenant les 2 volets est en baisse marquée depuis 2022.

Biologistes et cliniciens doivent déclarer l’ensemble des cas diagnostiqués via l’application www.e-DO.fr. L'application permet de saisir et d'envoyer directement les déclarations aux autorités sanitaires.

- Tout biologiste qui diagnostique une infection au VIH doit déclarer ce cas via le formulaire dédié (même si la personnea pu être diagnostiquée auparavant dans un autre laboratoire)
ET
- Tout clinicien qui a prescrit une sérologie VIH s’étant avérée positive, qui a pris en charge une personne ayant récemment découvert sa séropositivité, qui constate le décès d’une personne séropositive pour le VIH, ou qui diagnostique un sida chez un patient, que celui-ci soit déjà connu séropositif ou non, doit déclarer ce cas via le formulaire dédié.

Chaque co-déclarant (clinicien et biologiste) fait une déclaration de manière indépendante dans l’application.

En cas de difficultés, vous pouvez contacter e-DO Info Service au 0 809 100 003 ou Santé publique France : [email protected]

www.imazpress.com/[email protected]

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