Le Parc national veut démanteler les "points noirs paysagers" du volcan

  • Publié le 20 mars 2026 à 08:47
  • Actualisé le 20 mars 2026 à 09:33
volcan

Le Parc national de La Réunion mène depuis plusieurs années, et avec ses partenaires, des opérations pour préserver son écosystème à travers des opérations de démantèlement des installations obsolètes (relais de communication, stations de surveillance météorologique et volcanique, clôtures, jumelles...), notamment au volcan. Les dernières éruptions successives du piton de la Fournaise ont mis en exergue les caractéristiques naturelles de ce milieu, qui demeure fragile et à préserver. En 2025, 15 installations ont été démantelées et évacuées du massif (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Les enjeux de préservation du volcan sont nombreux. "Ce milieu volcanique est extrêmement sensible et lent à se régénérer. Contrairement à d’autres écosystèmes, la végétation s’y développe très lentement", indique le Parc national.

- Le Parc national démantèle les "points noirs paysagers" -

Le Parc national agit en collaboration avec les propriétaires et gestionnaires de ces équipements pour en réduire l’impact paysager, "qu’il s’agisse d’installations ou d’aménagements de radiophonie, de télécommunication ou de défense des forêts contre les incendies (DFCI), dans le but de préserver l’intégrité visuelle et écologique des sites, tout en maintenant les fonctions essentielles de ces équipements", précise-t-il.

En 2024, 22 installations ont alors été démantelées, en concertation étroite avec leurs propriétaires : l’Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise (OVPF), Météo France et le gestionnaire du gîte du volcan. 15 stations de mesure entières, ou uniquement leur dallage en béton, ont ainsi été retirées, ainsi qu’une citerne et six divers ouvrages de maçonnerie.

(Photos : Parc national de La Réunion)

Au total, 7 mètres cubes de matériaux, soit environ 3 tonnes de béton, ferraille et matériel électronique, ont été évacués du massif, conditionnés puis transportés par hélicoptère grâce à une opération d’hélitreuillage organisée et financée par le Parc national.

L’Office national des forêts (ONF) a ensuite apporté son soutien logistique en assurant le transport des matériaux vers le centre de tri de déchets de la Communauté d’agglomération du sud (Casud).

En 2025, les agents du Parc national de La Réunion ont retiré plusieurs déchets et équipements situés sur le massif du Dolomieu, à proximité du cratère Bory, et sollicité l’ONF pour procéder au retrait de trois paires de jumelles obsolètes, installées au Pas de Bellecombe-Jacob. 15 installations supplémentaires ont également été démantelées et évacuées du massif. Diverses installations ont été retirées (clôtures, station de mesure, ouvrages de maçonnerie...).

(Photos : Parc national de La Réunion)

En mai 2026, une opération de démantèlement est prévue afin de retirer une zone de bivouac dans l’enclos du volcan, ainsi qu’un tag situé dans l’enclos en bordure immédiate du sentier Rivals. D’anciens garde-corps devraient également être enlevés, sur les sentiers menant à l’enclos, après réévaluation de leur état suite à l’éboulis récent. 

- Des installations obsolètes qui polluent et dégrade le paysage du volcan -

Les installations qui y ont été ajoutées "et parfois laissées à l’abandon, viennent perturber la recolonisation naturelle des milieux et introduisent des matériaux non naturels (métal, béton, plastique) pouvant polluer durablement la zone", poursuit le Parc national.

De plus, "le Piton de la Fournaise est un environnement instable (sol fissuré, coulées récentes) et exposé à des conditions météorologiques très fluctuantes (brouillard, pluie...). Les installations obsolètes peuvent favoriser le risque de blessures, encourager la fréquentation de zones dangereuses ou interdites ou encore gêner l’évacuation ou l’intervention des secours".

Enfin, "les installations laissées à l’abandon sont des points noirs paysagers qui viennent souvent créer des ruptures dans l’harmonie d’un site et participent à la dégradation de ce paysage, en entrant en contradiction avec son statut de site protégé".

Bien que les points noirs paysagers concernent des équipements obsolètes, ils ne se limitent pas aux installations abandonnées : ils peuvent également désigner des équipements toujours en activité, dont l’impact visuel ou écologique altère l’intégrité du paysage.

Situé en cœur de parc national de La Réunion et constituant un site remarquable, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le Piton de la Fournaise est l’un des symboles les plus emblématiques de l’île. Le Parc national de La Réunion, avec ses partenaires, mène des actions et des interventions sur le terrain afin de préserver ses paysages, sa biodiversité et son caractère sauvage, uniques au monde.

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