Dans un rapport d’observations définitives consacré à la restauration scolaire, publié ce lundi 3 novembre 2025, la Chambre régionale des comptes (CRC) dresse un constat sévère de la gestion dans les lycées publics réunionnais. Si la mesure phare du repas à un euro, instaurée par la Région en 2023, a permis d’élargir l’accès à la cantine, la CRC dénonce un pilotage "lacunaire", une hygiène insuffisante dans deux tiers des établissements contrôlés, et un gaspillage alimentaire supérieur de 50 % à la moyenne nationale. (Photo sly/www.imazpress.com)
Deux ans après le lancement du repas à un euro dans les lycées réunionnais, la Chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible la politique régionale de restauration scolaire. Dans son rapport, elle salue une mesure sociale "ayant permis d’augmenter significativement le nombre de demi-pensionnaires", mais alerte sur une série de "dysfonctionnements structurels et de manquements au pilotage".
Instaurée à la rentrée 2023, la tarification à un euro visait à rendre la restauration plus accessible aux familles. Et sur ce point, le succès est indéniable : "Le nombre de demi-pensionnaires est passé de 12.885 en 2021 à 20 .545 à la rentrée 2024", note la CRC, soit une hausse de près de 60 % en trois ans. Aussi, le nombre total de repas servis a, lui, bondi de 43 % sur la même période.
Mais la Chambre souligne que "cette politique n’a fait l’objet d’aucune évaluation préalable ni d’un bilan après sa première année", ce qui empêche de mesurer ses effets réels sur les coûts, la qualité ou le gaspillage. En 2024, la mesure a coûté 5,9 millions d’euros à la Région, partiellement compensés (45%) par la Prestation d’aide à la restauration scolaire (PARS) désormais versée directement par la CAF à la collectivité.
- Hygiène, sécurité et effectifs : des lacunes inquiétantes -
Le rapport s’attarde également sur la gestion interne des cantines. En matière d’hygiène et de sécurité, le constat est préoccupant. "La maîtrise des risques dans deux tiers des établissements ayant fait l’objet d’un contrôle est jugée insuffisante", écrit la CRC.
Les magistrats notent également un manque de visibilité sur les effectifs en cuisine. La Région "n’a pas connaissance précisément des agents affectés" et fait face à un vieillissement du personnel ainsi qu’à un taux d’absentéisme médical important. La hiérarchie partagée avec l’Éducation nationale rend par ailleurs la gestion "complexe", selon le rapport d'observations publié par la Chambre.
Depuis 2021, la loi impose une part croissante de produits bio et durables dans la restauration collective. Mais selon la CRC, "le rôle joué par la Région en la matière reste limité". Les objectifs ne sont pas atteints, notamment en raison du coût des denrées et de difficultés d’approvisionnement local. Autre sujet d’inquiétude : le gaspillage alimentaire, que la chambre estime "supérieur de 50 % à la moyenne nationale".
- Cinq recommandations pour une gestion plus rigoureuse -
Afin d’améliorer la gouvernance et la transparence de la politique régionale, la CRC formule cinq recommandations clés :
• Elle invite d’abord la collectivité à définir dans ses conventions-cadres les modalités d’organisation de son autorité fonctionnelle envers les secrétaires généraux des lycées publics.
• Elle lui recommande ensuite d’établir chaque année un bilan de sa politique tarifaire, notamment celle du repas à un euro, pour en mesurer les effets sur la fréquentation, les coûts et le gaspillage alimentaire.
• La chambre préconise également la mise en place d’un suivi précis de l’affectation des agents territoriaux, indispensable à une gestion plus rigoureuse de la masse salariale et à l’adéquation des effectifs aux besoins réels.
• Elle lui rappelle par ailleurs l’obligation de se conformer à la durée légale annuelle du travail de 1.607 heures avant la fin de l’année 2026.
• Enfin, elle l’invite à individualiser, dès le budget 2026, les dépenses d’investissement et de fonctionnement liées à la restauration scolaire conformément à l’instruction comptable M57.
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Et quand un audit sur la chambre regionle des comptes ?
"Faites ce que je dis mais regardez pas nos travers"
Vous demanderez à Didier Robert, Maurice Gironcel, Mouslim Abdourahaman ou TAK père si la chambre régionale des comptes ne sert à rien.
Une dégradation importante de la qualité des repas et des conditions de déjeuner dans les lycées accompagnent la mise en place de la politique du repas à un euro à La Réunion.
Le véritable problème réside sans doute dans les indicateurs choisis pour évaluer l’efficacité d’une politique publique : mesurent-ils réellement le bien-être des élèves, ou se limitent-ils à des critères budgétaires ?
En tout cas, les lycéens que je connais, mes enfants , s’en sont beaucoup plaints : moins de temps pour déjeuner, des repas souvent "dégueulasses" alors que jusqu'alors ils ne s'en plaignaient pas. Résultat, ils ont faim dans la journée et se rattrapent le soir.
On peut se demander si la cantine à un euro pour tous était vraiment une bonne idée. Personnellement, j’aurais pu continuer à payer le tarif habituel. Une aide ciblée pour les familles en difficulté aurait sans doute été plus juste et plus efficace, sans entraîner un tel gaspillage d’argent public et une degradation des repas pour tous.