Nadine Bortel : aidante depuis toujours

  • PubliĂ© le 12 avril 2026 Ă  14:00
Nadine Nortel : aidante depuis toujours

Nadine Bortel s’occupe de ses frĂšres jumeaux depuis le dĂ©cĂšs de ses parents. Jean-François et Jean-Yves, aujourd’hui ĂągĂ©s de 65 ans, sont en situation de handicap. Depuis peu, Jean-Yves a Ă©tĂ© placĂ© en institution. Pour Nadine, ĂȘtre prĂ©sente n’a jamais Ă©tĂ© un choix : c’est une Ă©vidence, presque une continuitĂ© de vie.

"Je me suis toujours occupĂ©e de mes frĂšres. Ils font partie de ma vie", confie-t-elle simplement. TrĂšs tĂŽt, elle comprend l’attention particuliĂšre qu’ils nĂ©cessitent. En grandissant, cette prĂ©sence s’impose naturellement, sans rupture, comme une responsabilitĂ© intĂ©grĂ©e au quotidien.

MĂȘme aprĂšs avoir fondĂ© sa propre famille, Nadine reste proche. "Comme je n’habitais pas loin, c’était plus facile. Je venais souvent, c’était normal", prĂ©cise-t-elle. Autour d’elle, l’équilibre familial tient. Son pĂšre veille, assure le quotidien. Chacun trouve sa place, entre autonomie et solidaritĂ©.

Puis, en 2014, tout bascule avec le dĂ©cĂšs de son pĂšre. Nadine engage alors les dĂ©marches pour devenir tutrice de sa mĂšre et de ses frĂšres. Une formalitĂ© en apparence, mais qui vient officialiser un rĂŽle qu’elle exerce depuis toujours. « Je ne suis pas devenue aidante : je l’étais dĂ©jĂ  », dĂ©clare Nadine Bortel.

DĂšs lors, les responsabilitĂ©s s’intensifient. Entre sa vie professionnelle, ses enfants et l’accompagnement de ses proches, Nadine compose, ajuste, avance. La disparition de sa mĂšre marque une nouvelle Ă©tape, plus difficile encore.

"Mes frĂšres n’ont pas pu exprimer leur chagrin. Cela a entraĂźnĂ© des troubles", souligne-t-elle L’un d’eux s’enferme dans le silence, tandis que la maladie de Parkinson apparaĂźt.

- "J’ai compris que je n’étais pas seule" - 

Face Ă  ces Ă©preuves, elle trouve progressivement des relais. En 2014, elle dĂ©couvre le GIP SAP. "Ils sont venus chez moi. J’ai pu Ă©changer, ĂȘtre orientĂ©e ». Cette rencontre est dĂ©terminante. Peu Ă  peu, un rĂ©seau se met en place, apportant soutien et repĂšres. "J’ai compris que je n’étais pas seule. Cette Ă©coute m’a permis de rester forte", explique Nadine.

La Maison départementale des personnes handicapées devient également un appui précieux. Nadine y trouve des informations, des réponses, mais aussi une forme de reconnaissance dans son rÎle.

Avec le temps, elle apprend aussi Ă  prĂ©server son propre Ă©quilibre. « Il est essentiel de prendre soin de soi. C’est une question de survie. Il ne faut pas s’oublier », insiste-t-elle. Une luciditĂ© construite au fil des annĂ©es, au cƓur d’un engagement constant.

Aujourd’hui, la sĂ©paration avec Jean-Yves reste une Ă©preuve. Son Ă©tat a nĂ©cessitĂ© un placement en institution. Une dĂ©cision difficile, mais nĂ©cessaire. « J’espĂšre pouvoir le ramener Ă  la maison. Je sais qu’il sera plus heureux avec son frĂšre et moi ».

Depuis toujours, Nadine est lĂ . DiscrĂštement, sans revendication. Une prĂ©sence fidĂšle, ancrĂ©e dans le lien familial, qui ne s’est jamais interrompue.

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