Les orientations budgétaires ont occupé une large place lors de l'assemblée plénière de la Région Réunion, qui s'est déroulée le vendredi 30 octobre 2026 au Moufia. Un budget pour 2027 qui s'annonce placé sous le signe des incertitudes et de la très probable baisse du soutien financier de l'Etat. (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
En matière de budget, le message passé par la Région est clair : il faut viser "la lucidité, la vigilance et la responsabilité" note Patrick Lebreton, Premier vice-président du conseil régional en charge des affaires financières et de l'économie. Une déclaration à mettre en regard avec la dette de 1,1 milliard d'euros de dette pour la collectivité à la fin de l'année 2026.
Mais des mots qui font surtout écho aux nombreuses incertitudes que doit prendre en compte la Région au moment de préparer et de présenter son budget. Des incertitudes géopolitiques, d'abord, avec les guerres en Ukraine et en Iran qui font monter les prix du carburant. Mais aussi des interrogations sur le plan européen où les rapports de forces politiques entre des états, qui risquent de connaître des mouvements de bascule, vont déterminer le "sort de la politique régionale et de cohésion", selon la présidente de Région Huguette Bello.
Mais, surtout, la plus grande menace qui pèse sur les recettes de la collectivité va probablement des arbitrages du gouvernement lors du prochain Projet de loi de finances (PLF) pour 2027. "L'Etat a prévu de se désengager complètement du financement de la formation professionnelle", indique ainsi Patrick Lebreton. Une diminution radicale des crédits nationaux qui va également toucher le secteur du BTP.
- Une diminution radicale des moyens alloués à la formation professionnelle -
Autre mauvaise nouvelle, avec la baisse du taux de remboursement du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA). Un fonds dont la fonction est de prélever des crédits sur les recettes de l'État pour les reverser aux collectivités. En 2027, ce remboursement de la TVA serait écrêté à hauteur de 500 millions d'euros.
Revenant sur la diminution radicale des moyens alloués à la formation professionnelle, Karine Nabenesa, vice-présidente déléguée à la formation professionnelle exprime ses "inquiétudes" sur les conséquences de cette évolution. "Nous avons construit un édifice depuis plusieurs années et les résultats sont bons. De 2021 à 2025, nous sommes passés d'une offre de formation de 6.000 à 13.000 places", note cette dernière. Toutefois, si elle indique que ces "efforts sont compromis" à cause de la politique gouvernementale, elle confirme vouloir "maintenir le cap" dans ce domaine.
Une approche volontariste que souhaite également appliquer Céline Sitouze, vice-présidente déléguée à l'Éducation pour lutter contre le décrochage scolaire. "On estime qu'il y a eu 5.564 nouveaux décrochages scolaires en 2025 à La Réunion. Cela, notamment, à cause de problèmes d'orientation. Toutes les formations que nous allons ouvrir, ce sont des formations qui peuvent intéresser nos jeunes", précise-t-elle. Pour mettre en place ces formations, la Région a, notamment, investi dans des projets comme la création des nouveaux lycées des Métiers de la Mer, au Port, et le Lycée des Métiers du Tourisme et de l'Hôtellerie (LMTH) à Saint-André.
- Une augmentation de l'épargne brute de la Région en 2027 -
Pour continuer à mener à terme l'ensemble de ses projets, la Région compte s'appuyer, en 2027, sur une réduction des dépenses de l'ordre de 1,7 % et une augmentation de son épargne brute qui va passer de 139 millions, en 2026, à 151 millions. Pour se désendetter, la collectivité table sur une période de 8,4 années. "Pour 2027, nous devons poursuivre trois objectifs. Il faut d'abord hiérarchiser nos projets et sécuriser nos financements, ensuite, poursuivre la maîtrise des dépenses et, enfin, veiller à élargir nos marges de manœuvre", précise Patrick Lebreton.
Des objectifs d'économie loin d'être simples à concrétiser dans la mesure où des projets d'envergure, comme l'achèvement de la Nouvelle Route du Littoral (NRL), se profilent. Et cela, alors même que la Région a confirmé la pérennisation de dispositifs sociaux comme le plafonnement du prix de la bouteille de gaz, la gratuité des cars jaunes pour les étudiants, les demandeurs d'emploi et les seniors. "Plus que jamais, nous devons conjuguer rigueur de gestion et innovation pour relever les défis et faire face aux aléas d'une prochaine année qui s'annonce lourde d'incertitudes", conclut Huguette Bello. Des incertitudes avec lesquelles la collectivité va devoir composer.
Â
fb/www.imazpress.com/[email protected]




