Écoles, collèges et lycées publics ou privés sous contrat auront perdu près de 25.000 en 2035, selon des projections du ministère de l’Éducation. Une "vague sismique" qui rendra nécessaire de repenser "l'offre scolaire sur le territoire à long terme", a affirmé le ministre Edouard Geffray. Ces chiffres du ministère de l’Éducation nationale sont notamment basés sur des hypothèses de fécondité (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Selon les prévisions du ministère de l'Éducation nationale, dans le premier degré, en 2035, il y aurait 96.615 élèves à La Réunion, soit une baisse de l'ordre de 13,7% comparativement à 2025, soit 15.322 effectifs en moins.
Dans le second degré, les effectifs seraient de 89.271 élèves, soit une diminution de 9,5% par rapport à 2025. Ce qui reviendrait à 9.319 collégiens et lycéens en moins dans les établissements scolaires.
En 2026, ce sont 215.749 élèves, répartis dans 656 écoles et établissements qui composent l'Académie de La Réunion.
Ces chiffres ont été publiés par le service statistique du ministère de l’Éducation nationale. Ils sont notamment basés sur des hypothèses de fécondité.
- Près de 2.000 élèves en moins chaque année dans le premier degré -
Si l'on se penche tout d'abord sur le premier degré, tous les ans, l'académie de La Réunion près de 2.000 élèves, dans le secteur public comme dans le secteur privé.
Pour exemple, dans le secteur public, en 2025 le département comptait 102.076 élèves, en 2027 la projection est de 98.842, en 2030 de 94.438.
Même constat dans le secteur privé. Si 9.861 élèves étaient scolarisés en 2025, ils ne seraient plus que 9.771 en 2027 voire 9.455 en 2030.
Une baisse que le ministère estime toutefois "modérée, régulière et sans rupture".
- Dans le second degré, le nombre d'élèves baisse, notamment dans le secteur public -
Dans le second degré, le constat est à peu près similaire. Dans le secteur public, le nombre d'élèves en 2025 était de 90.025. Il passerait à 88.382 en 2027 et 85.672 en 2030.
À l'inverse dans le secteur privé, qui, en 2025 comptabilisait 8.565 élèves, le nombre de collégiens et lycéens augmente jusqu'en 2030. Pour exemple, en 2027, ils devraient être 8.769.
À compter de 2030, ce chiffre devrait diminuer de quelques dizaines d'élèves, avant d'être établi à 8.473 en 2025, selon les projections du ministère de l'Éducation nationale.
- "L'école doit s'adapter", selon Édouard Geffrey -
"Tout le système éducatif va être impacté" par ce "mouvement extrêmement ample qui touchera tout le territoire", malgré des "disparités nationales assez fortes", imposant de "réfléchir à ce que doit être l'offre scolaire sur le territoire à long terme", estime le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray.
Si "l'année prochaine encore, on ne fermera aucune école sans l'accord du maire", "compte tenu de ces chiffres, ce principe a vocation à se conjuguer différemment", avertit le ministre.
À la rentrée d'août 2026 déjà, près d'une trentaine de classes pourraient fermer à La Réunion, faute d'élèves. "Environ moins 300 élèves en maternelle et moins 700 élèves en élémentaire", selon le rectorat.
Le rectorat de La Réunion a expliqué à Imaz Press que : "pour prendre des décisions d'ouverture ou de fermeture de classes, les services académiques s'appuient sur les évolutions démographiques.
"Une fois déterminé ce contexte démographique avec les directeurs d’école, les choix d'ouverture et de fermeture ont fait l'objet d'échanges avec chacune des circonscriptions et des mairies, puis d'un groupe de travail avec les organisations syndicales qui permet d’ouvrir ou de fermer en fonction des effectifs prévisionnels", ajoute le rectorat.
- Des effectifs scolaires en hausse à Saint-Paul -
A Saint-Paul, "la fermeture d'école n'est pas une éventualité sur la commune", nous indique-t-on, alors que "la baisse des effectifs scolaires n'est pas linéaire". "En effet, la population est en augmentation, engendrant une hausse des effectifs scolaires dans certains secteurs", pointe-t-elle.
"C'est pour cette raison qu'un schéma directeur des effectifs scolaire a été lancé l'année dernière. Cet outil structurant permettra de fournir une projection des effectifs sur 5 à 10 ans afin d'adapter les infrastructures existantes ou d'en construire des nouvelles si besoin", détaille la ville.
Ces aménagements nécessiteront bien évidemment des équipements publics structurants dont des écoles publiques. Sur le territoire de Saint-Paul,
"Saint-Paul, doublement titrée Ville Amie des Enfants par UNICEF, construit une commune pensée à hauteur d’enfants. L’école demeure en effet l’une des priorités structurantes du mandat", affirme-t-elle, contactée par Imaz Press.
La commune "propose ainsi des établissements où l’on accueille mieux, où l’on mange mieux et où l’on apprend mieux. Ce triptyque structure l’action municipale en matière d’éducation dans les 66 écoles du territoire.".
À ce jour, la ville de Saint-Paul "consacre une part significative de son budget au fonctionnement et à l’investissement dans les 66 écoles publiques et privées. Ce sont ainsi 57 millions d’euros qui ont été alloués aux écoles en 2025. Soit près de 20% du budget communal uniquement consacré à l’Éducation".
Cela inclut notamment l’entretien des bâtiments, les travaux de rénovation ou d’extension, l’équipement pédagogique et numérique, notamment grâce au rôle structurant de la Caisse des écoles qui favorise l’égalité des chances sur tout territoire, y compris à Mafate.
"Ce budget important comprend également les dépenses de personnel (agents d’entretien, de restauration, d’animation, d'accompagnement en classe maternelle, de surveillance, ...)", précise la ville.
"La ville de Saint-Paul et ses services suivent avec attention les projections démographiques. Des rencontres annuelles ont lieu avec le Rectorat afin de définir la carte scolaire avant chaque nouvelle rentrée scolaire. Cela permet à la collectivité d'adapter la planification des équipements scolaires, à court, moyen et long terme et d'apporter une meilleure offre éducative aux besoins réels du territoire", explique-t-on.
L’évolution des effectifs scolaires est "un des paramètres pris en compte dans la gestion de nos ressources humaines" et il n’est pas "possible de tirer des conclusions sur l’évolution du nombre de personnels".
- Les syndicats redoutent une occasion de supprimer des postes et des classes -
La baisse démographique doit être une opportunité pour faire baisser de manière significative le nombre d'élèves par classe", estiment au contraire les syndicats de l’éducation.
"Cela permettrait d'améliorer les conditions de travail pour les professeurs comme pour les enfants, et de prodiguer un enseignement de qualité", a déclaré Béchir Ben Hamouda, co-secrétaire départemental du syndicat la FSU-SNUipp.
D'autant que la France présente la taille moyenne de classe la plus élevée des pays de l'Union européenne membres de l'OCDE avec 22 élèves par classe en maternelle et élémentaire, contre 19 enfants en moyenne, rappelle Service public.
Une baisse qui ne doit pas non plus justifier la suppression de postes. À la rentrée 2026 à La Réunion, 86 postes seront supprimés dans l'Académie à la rentrée d'août.
Selon les chiffres fournis à Imaz Press par les syndicats, La Réunion passera de moins 22 postes pour le premier degré (contre les 25 annoncés auparavant) et 64 postes temps plein supprimés pour le second degré (contre 65 annoncés).
Ne pas supprimer de postes reviendrait à "repousser les ennuis pour mes successeurs", a affirmé au Parisien Édouard Geffray qui a donné rendez-vous aux syndicats le 21 avril pour une première réunion.
ma.m et as/www.imazpress.com/[email protected]

Le nombres d’élèves baissent!mais les enfants porteurs d’handicap sont de plus en plus en souffrance dans les ecoles,faute de formation,sensibilisation,manque de prises en charges dans de bonnes conditions.Surtout un Le Manque de bienveillance .