Inspiré par les jeux de cartes à collectionner, aussi appelés TCG (Trading Card Game), les univers fantastiques et la culture réunionnaise, Moïse Houareau travaille depuis trois ans sur Xénoscard. Ce père de famille de 36 ans, a imaginé près de 200 cartes, réparties entre quatre éléments, plusieurs classes de personnages et un récit mêlant magie, rêves, cauchemars et références locales. Afin de produire les premiers decks, une campagne de financement participatif est lancée sur Ulule. (Photos Valeska Grondin / www.imazpress.com)
Pokémon, Yu-Gi-Oh!, Magic ou encore Lorcana ont bercé des générations de joueurs et de collectionneurs. À La Réunion, Moïse Houareau espère désormais faire émerger un nouvel univers : Xénoscard, un jeu de cartes à collectionner entièrement imaginé depuis l’île.
Au centre de cet univers se trouve Senshu, dont le nom signifie "l'élu". Le jeune héros découvre qu’il appartient à la classe des Influenceurs, des êtres capables de maîtriser l’énergie Xenos et d'invoquer des créatures. Face à lui, le pirate Barboz, Zavane la sorcière et d’autres adversaires cherchent à capturer ces êtres afin de s’emparer de leurs pouvoirs. Regardez.
Après trois années de travail, un prototype et plusieurs phases de test, le créateur souhaite désormais passer à la production. Il lance une campagne de financement participatif sur Ulule, avec un objectif minimal fixé à 2.000 euros. Dans un entretien accordé à Imaz Press, Moïse Houareau fait découvrir l'univers Xénoscard.
Imaz Press : Pour commencer, qu’est-ce qu’un jeu de cartes TCG ?
Moïse Houareau : "Les TCG sont des jeux de cartes à collectionner et à jouer. On peut organiser des parties, généralement en un contre un, mais certaines personnes choisissent aussi uniquement de collectionner les cartes. Il existe des cartes brillantes, souvent des cartes rares... des cartes que les joueurs peuvent échanger ou parfois revendre. Les plus connues sont Pokémon, Yu-Gi-Oh!, Magic, Lorcana ou encore Riftbound, qui s’inspire de l’univers de League of Legends.
Lors d'une partie de TCG, le but est de rester en vie. Dans Xénoscard, chaque joueur commence avec 35 points de vie et doit réduire ceux de son adversaire à zéro en lui infligeant des dégâts, tout en essayant de se soigner. Chaque joueur possède son propre paquet de cartes, son deck. Le premier joueur qui n’a plus de points de vie perd la partie".
Comment est née l’idée de créer votre propre jeu ?
Moïse Houareau : "J’ai suivi des études de graphiste à Saint-Pierre, en BTS, puis j’ai commencé à travailler. J’ai aussi dû faire face à des échecs, mais j’ai essayé de rebondir. J’ai commencé à écrire des histoires à partir d’anecdotes, de ce qui se passe dans la vie quotidienne et inspiré de références à La Réunion. J’en ai écrit une, puis deux, puis trois. Ensuite, j’ai commencé à créer un univers entier avec tout ce que j’avais imaginé. Il me fallait un héros, des méchants et d’autres personnages.Comme j’aime aussi les jeux de cartes, la suite logique était de rassembler mes histoires et de transformer cet univers en jeu.
J’ai effectué tout le travail de design moi-même. Ça fait trois ans que je travaille sur Xénoscard. Quand on est tout seul, ça demande beaucoup de temps. Je me suis aussi aidé de certains outils d’intelligence artificielle pour gagner du temps, tout en faisant attention aux questions de plagiat, de droit à l’image et de propriété intellectuelle. Il faut utiliser les nouvelles technologies, mais il faut le faire avec prudence".
- Un jeu inspiré de La Réunion -
Parlez-nous de l'univers de Xenoscard...
Moïse Houareau : "C'est un mélange de fantasy, de science-fiction, de magie, de rêves et de cauchemars. Les cartes renferment une énergie capable, notamment, de donner vie à des personnages et créatures. Le héros principal s’appelle Senshu. Il découvre qu’il possède un pouvoir et qu’il fait partie de la classe des Influenceurs, des êtres capables de maîtriser l’énergie Xenos. Cette énergie peut notamment permettre de libérer les créatures emprisonnées par des forces maléfiques. Les antagonistes, comme Barboz le pirate et Zavane, cherchent à capturer les Influenceurs contre leur volonté afin de s’emparer de leurs pouvoirs et de servir leurs propres ambitions.
Avec cet univers, l’idée est aussi de proposer une activité qui permette aux enfants, aux adolescents et aux jeunes adultes de décrocher un peu des écrans. Avec le livre, je souhaite leur donner envie de lire. Moi-même, je n’aimais pas beaucoup la lecture lorsque j’étais au collège. Mais quand j’ai commencé à écrire mes propres histoires, sur un sujet qui me passionnait, j’y ai pris goût. J’aimerais que Xénoscard puisse avoir le même effet : donner envie de jouer, de collectionner, mais aussi de découvrir une histoire et tout un monde".
La culture réunionnaise occupe-t-elle une place importante dans cet univers ?
Moïse Houareau : "Oui, beaucoup de personnages et de créatures sont inspirés de La Réunion. Barboz, le pirate, reprend certains éléments associés à La Buse. Pour la sorcière Zavane, par exemple, je me suis inspiré de Granmèr Kal. Son nom vient aussi du créole et veut dire "esprit maléfique". J’utilise beaucoup les jeux de mots aussi, des références à la langue et à la culture réunionnaises. Certaines créatures sont également inspirées de la faune locale comme Jékorion, inspiré du gecko. Le volcan apparaît aussi sous la forme d’une carte terrain. Il y a un mélange de différentes influences, un peu comme le métissage de notre culture à La Réunion.
La culture japonaise est aussi présente dans les univers de cartes et d’animation qui m’inspirent. Senshu signifie "l’élu" en japonais. J’ai essayé de mélanger ces influences avec celles de La Réunion, tout en créant un univers cohérent et original".
Quelles sont les différentes cartes du jeu ?
Moïse Houareau : "Au départ, j’étais parti sur environ 300 personnages, mais j’ai dû réduire ce nombre, car l’impression représente un budget important. Je me suis finalement arrêté à 152 personnages, partagés en plusieurs classes, comme les Influenceurs, les Dreamers ou les Entités. À cela s’ajoutent les cartes Machines, les cartes Runes et les cartes Privilèges, qui sont les terrains. Au total, le jeu comptera environ 200 cartes.
Chaque personnage ou créature peut avoir plusieurs variantes, avec des niveaux allant de 1 à 3. Ce n’est pas exactement une évolution au sens classique, mais il faut sacrifier certaines cartes pour pouvoir poser les suivantes. On commence donc avec de petites créatures, qui peuvent ensuite laisser place à des Titans, des créatures beaucoup plus puissantes".
- Au moins 2.000 euros nécessaires pour financer le jeu -
À quel stade en est aujourd’hui le projet ?
Moïse Houareau : "Le jeu est terminé, en version française et anglaise, parce qu’une grande partie des joueurs de TCG est anglophone. L’histoire est également finie dans les deux langues, sous forme de livre. J’ai réalisé un prototype avec quelques cartes imprimées, dont certaines brillantes, mais je n’ai pas pu imprimer toute la collection ni le livre, car cela représente un budget important.
J’ai réalisé des essais avec mon fils de 14 ans et avec plusieurs membres de ma famille. Ces tests m’ont permis de constater que certains paramètres ne fonctionnaient pas toujours. J’ai donc dû revoir certaines mécaniques, modifier plusieurs cartes et ajuster l’équilibre du jeu. La traduction en anglais m’a aussi demandé beaucoup de temps. Comme il s’agit de mon premier jeu, j’ai dû avancer, tester, revenir en arrière et recommencer.
Je n’ai pas encore beaucoup communiqué autour du projet, mais les quelques personnes à qui j’en ai parlé semblaient intéressées. J’espère prochainement organiser des sessions de test avec de vrais joueurs de TCG. Leur retour sera important pour continuer à améliorer le jeu. En tout cas, de mon côté tous les feux sont au vert. Il ne manque plus que le financement pour lancer la production".
Quel est l’objectif de la campagne de financement Ulule ?
Moïse Houareau : "L’objectif minimal est fixé à 2.000 euros. Cette somme permettrait de lancer le jeu et de produire les premiers decks. J’ai prévu quatre decks de départ, correspondant aux quatre éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air. Leur production dépendra toutefois du résultat du financement participatif.
Il y aura également des boosters, comme dans la plupart des jeux de cartes à collectionner, qu'il faudra les ouvrir pour découvrir les cartes, notamment les plus rares. Si la campagne récolte davantage de soutien, nous pourrons produire d'autres decks. Tout dépendra de la mobilisation autour du projet".
vg / www.imazpress.com / [email protected]







Génial comme projet !!! Jespére qu'on pourra le retrouver dans les magasins Kom kwa nou lé kapab osi fo donne la force bann gars komma
génial!