Étang-Salé : un automobiliste blessé par l'explosion d'un airbag Takata, une enquête ouverte

  • Publié le 16 avril 2026 à 15:50
  • Actualisé le 17 avril 2026 à 05:16
airbag de voiture

La gendarmerie de La Réunion a récemment ouvert une enquête à la suite d'un accident de la route survenu le 4 février 2026 sur la nationale 1 de l'Étang-Salé. Lors de cette perte de contrôle, un automobiliste de 21 ans a été blessé au visage par un airbag Takata, révèle Zinfos974. Une information confirmée par la gendarmerie à Imaz Press. L'enquête devra désormais déterminer si l'airbag s'est déclenché avant ou après l'accident et si le véhicule faisait l'objet d'un rappel (Photo Stephan Laï Yu/www.imazpress.com)

Le 4 février 2026, vers 20h30, le conducteur de 21 ans a perdu le contrôle de son véhicule alors qu'il circulait en direction du nord et percute une glissière en béton, indique la gendarmerie à Imaz Press.

Trois personnes étaient à bord, l'automobiliste et deux jeunes âgés d'une vingtaine d'année.

Le conducteur a été évacué par les secours et hospitalisé. Il a été victime d'un traumatisme facial, "potentiellement en lien avec l'explosion de l'airbag Takata", précise les services de la gendarmerie.

- Une enquête ouverte après l'explosion d'un airbag Takata -

Selon nos informations, l'équipement défectueux de l'airbag Takata a été retrouvé à l'extérieur de l'habitacle de la voiture. 

L'accident a-t-il été causé par l'explosion de l'airbag ? L'airbag a-t-il explosé après la collision ? Une enquête a donc été ouverte pour déterminer les causes de l'accident et des blessures de l'automobiliste.

Menées par les gendarmes, les investigations sont supervisées par la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Paris.

- Des milliers d'automobilistes potentiellement concernés -

Pour rappel, de multiples automobilistes - propriétaires de voitures vendues entre 1998 et 2019 -, sont appelés à faire contrôler leur véhicule à La Réunion. Selon les derniers chiffres du Syndicat de l'importation et du commerce de La Réunion (SICR), 18.946 véhicules concernés n'ont pas été contrôlés.

"Lorsqu'un rendez-vous ne peut être offert dans les 15 jours, le concessionnaire a obligation de mettre à disposition un véhicule de prêt ou de proposer une solution de remorquage", indique Vincent Bernard-Lafoucrière de la préfecture, faisant référence à l'arrêté publié le 29 juillet au Journal officiel.

Si votre véhicule a été fabriqué entre 1998 et 2019 : vérifiez si vous êtes concernés via le site dédié, ou contactez votre constructeur. La remise en état du véhicule dure entre une ou deux heures. Elle peut prendre plus de temps selon l'importance de la réparation, indiquent les concessionnaires de l'île. 

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- Des contrôles renforcés depuis janvier 2026 -

Tous les véhicules qui passent au contrôle technique depuis le 1er janvier sont vérifiés afin de savoir s'ils sont dotés d'un airbag Takata classé "stop drive" qui implique de ne plus rouler.

"Afin de traiter systématiquement les véhicules faisant l'objet d'une mesure de "stop drive" toujours en circulation (1,3 million), il a été décidé d'intégrer la vérification des airbags dans les points pouvant faire l'objet d'une contre-visite lors du contrôle technique", indique le ministère dans un communiqué.

"Si le véhicule est équipé d'un airbag Takata classé "stop drive" (et uniquement dans ce cas), le véhicule sera mis en contre-visite en raison du danger potentiellement mortel qu'il représente (...), le contrôle technique ne pourra être validé qu'après réparation par un garagiste de la marque" et "le véhicule n'aura plus le droit de circuler tant qu'il n'est pas réparé", détaille le ministère.

"Une sanction pénale est prévue en cas de revente d’un véhicule en dépit de la notification d’un rappel pour cause de risque grave ou a fortiori d’une mesure de Stop drive", prévient le rapport.

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- Trois décès confirmés en lien avec un airbag Takata à La Réunion - 

À La Réunion, trois décès ont été confirmés, en lien avec les airbags Takata.

Un jeune homme de 23 ans a été tué dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 novembre 2025 sur la route des Tamarins après un accident de la route et dont le décès "est apparaît consécutif à l’impact d’une pièce métallique liée à l’airbag", a précisé la procureure de la République.

Deux autres Réunionnais ont perdu la vie à cause de ces airbags. Le premier drame remonte à 2021, lorsqu’une mère de famille de 39 ans a trouvé la mort dans un accident à La Saline-les-Bains.

Plus récemment, dans la nuit du 30 au 31 janvier 2025, un automobiliste est décédé sur la NRL. Selon le parquet de Saint-Denis, l’explosion de l’airbag Takata est bien en cause. La victime conduisait une Honda Jazz de 2003, pourtant visée par une procédure de rappel.

Un troisième cas suspect, remontant à 2016, est réexaminé. Et en janvier 2025, une autre femme a été grièvement blessée, dans un choc pourtant peu violent.

À La Réunion, Leal Réunion, distributeur automobile, a été mis en examen le 27 mars 2025 pour les blessures d’un conducteur d’un véhicule, liées à l’explosion de son airbag Takata. Une première en France. Lors de son interrogatoire, le responsable a affirmé que sa société avait fait "tout son possible" pour avertir les utilisateurs de BMW et évoqué de nombreuses difficultés pour parvenir à les joindre.

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ma.m/www.imazpress.com / [email protected]

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