Ce vendredi 23 juin 2017, le verdict de l'affaire Carl Davies devrait être connu en fin de journée. Le procès avait débuté ce mercredi, avec un seul accusé : Vincent Madoure, qui comparaît pour meurtre. Le corps du marin anglais avait été retrouvé en 2011 à Saint-Denis, non loin de la caserne Lambert. La famille du ressortissant britannique est venue depuis la Grande-Bretagne pour assister à l'audience.
18h40 - Maître Moselle, avocat de Vincent Madoure, indique que son client fera appel de cette décision.
18h30 - Début de l'audience de la partie civile. Maître Boniface demande 40 000 euros en réparation pour la mère, 40 000 euros pour le père, 30 000 euros pour la soeur de Carl Davies. La cour se retire quelques instants pour statuer sur cette demande. La cour accède à ces indemnités.
18h15 - L'accusé Vincent Madour est reconnu coupable d'avoir voulu donner la mort en bande organisée. Il écope de 15 ans de réclusion criminelle. Le Dionysien est impassible à l'annonce du verdict. La soeur de Carl Davies fond en larmes et prie Vincent de dire la vérité sur toutes les personnes présentes ce soir là. "Nous ne partirons pas jusqu'à ce que toute la justice soit rendue" crie t-elle dans la salle d'audience. Les membres de la famille s'étreignent. Les proches de Vincent Madoure sont silencieux.
15h51 - Vincent Madoure continue à répéter qu'il "n'a rien fait". Il le martèle : "Croyez-moi à 100 %, je n'ai rien fait". Il est invité à se rendre dans le box des accusés pendant la durée du délibéré.
15h45 - Il déplore un manque d'investigations et souhaite pointer des travers de l'enquête. "On ne peut pas pointer sa culpabilité uniquement par des paroles" estime t-il en guise de conclusion.
15h25 - Reprise de l'audience avec la plaidorie de Maître Moselle, avocat de la défense. "Dans une cour d'assises, il ne faut pas exploiter l'émotion" commence t-il en s'adressant aux jurés et en évoquant les témoignages poignants de la famille ce matin.
15h06 - L'audience est suspendue pendant une quinzaine de minutes. Durant la pause, Vincent Madoure discute avec ses camarades, qui interpellent les journalistes comme appartenant eux aussi au "gang du Bas de la Rivière".
15h05 - "Je ne dis pas qu'il est innocent. Mais j'estime que je n'ai pas suffisamment de preuves qui permettent de requérir sa condamnation." L'avocat général requiert l'acquittement de Vincent Madoure.
15h01 - Il résume les charges pouvant être retenues contre Vincent Madoure : "ce qui est sans doute le plus dissous, c'est cette écoute téléphonique où il évoque avec Sanassy la bagarre contre le "boug anglais". Il parle de la bagarre devant le Loft. Il ne dit pas que c'est lui qui a porté les coups de poing. La participation, c'est autre chose, mais la culpabilité, ça me paraît un peu juste. Le petit frère, Kevin Madoure, n'exclue pas la participation de son frère. Mais, ça, ce n'est pas une preuve." Par ailleurs, le premier à avoir dénoncé cette affaire, Ludovic Virin, n'a jamais cité Vincent Madoure comme ayant pu participer à l'agression. Si ces charges ne sont pas inexistantes, elles demeurent pour lui "insuffisantes".
14h49 - "Est-ce que ce soir là, ils avaient prévu qu'il y aurait un mort ? Probablement pas" avance l'avocat général. Une autre chose qui le fait douter : l'heure de l'agression. Il estime, qu'au vu du taux d'alcoolémie de la victime et des témoignages, la mort a pu survenir bien après minuit, contrairement à ce qui était avancé.
14h41 - Ce qui paraît hautement probable à l'avocat général, c'est que le corps a été "balancé par le haut". Il pense qu'il a été jeté à cet endroit "par hasard".
14h32 - "Mesdames et messieurs les jurés, vous avez devant vous un dossier un peu bancal. Qui manque de cohérence. Première certitude, on peut écarter la thèse de la mort accidentelle. En cas de mouvement de chute, il aurait eu le réflexe qui consiste à mettre les mains devant, de telle sorte que la tête n'aurait pas atterri la première sur le sol. Deuxième certitude, Carl Davies n'est pas mort sur place. Il a été déplacé. Ensuite, Carl Davies savait se battre et pesait 83 kilos. Il est impossible, même pour quelqun de très costaud, de déplacer seul son corps. Enfin, dernière certitude, l'accusé ici présent et les témoins en savent beaucoup plus sur cette nuit que ce qu'ils ont dit à la cour. C'est la loi du silence qui s'est imposée" énumère l'avocat général.
14h14 - "Monsieur le président, je vais vous faire une confidence. Par le biais de leur avocat, cette famille a souhaité me rencontrer. Je les ai vus mardi matin, dans mon bureau. Au fil de notre conversation, je leur ai proposé de se rendre sur les lieux s'ils le souhaitaient. Ces personnes ont immédiatement accepté. L'après-midi, nous sommes allés sur place. La détresse de ces personnes, vous la sentez très fort" assure l'avocat général. Cette affaire a été pour lui "l'affaire judiciaire criminelle la plus investie par les enquêteurs et les experts".
14h05 - Reprise de l'audience avec la prise de parole de l'avocat général. "Cette affaire judiciaire constitue un échec" commence t-il. Il poursuit : "Certaines zones d'ombre hantent ce dossier depuis ses débuts et elles ne sont pas encore éclaircies".
12h00 - L'audience est suspendue et reprendra à 14 heures.
11h59 - "Attaquer, ce n'est pas le privilège de Madoure. Mais il est dans la meute qui frappe et qui cogne" martèle Maître Boniface. En s'adressant aux jurés : "Vous allez rendre la justice du peuple français."
11h46 - Maître Boniface ne croit pas à cette éventuelle confusion entre les faits de novembre et de mai. Les témoins interrogés ce jeudi avaient avancé cette théorie.
11h21 - L'avocat estime que Yassine Ahamada est "le plus intelligent de la bande, calculateur". Il précise que le corps de la victime a été "astucieusement déplacé". À la première forte pluie, le corps pouvait disparaître.
11h12 - Maître Boniface : "Pour la première fois, en 34 années de barreau, je vois deux agents diplomatiques dépêchés pour assister au procès et rendre compte à leur gouvernement de la justice qu'on est capable de rendre. C'est un procès extrêmement suivi en Grande-Bretagne. Procès hors normes, parce qu'avant même votre verdict, il est marqué par le sceau de l'erreur judiciaire. On laisse échapper des gens qu'on n'aurait jamais dû laisser échapper. Cette erreur est une évidence et personne ne peut me contredire. Tous les moyens étaient conjoints pour qu'on retrouve les auteurs de cet acte abominable." Jamais il n'aurait pensé que "la chambre d'instruction allait se laisser avoir comme ça". Il insiste : "Nous savons bien que le crime a été fait à plusieurs".
11h05 - "Ses leçons étaient bien préparées, pertinentes. Carl avait le don de se faire aimer de ses élèves. On pouvait compter sur lui, il respectait ses promesses et était toujours respecteux de l'autorité" relate Maître Boniface, en prenant les mots de l'instructeur militaire qui a recruté Carl Davies en 2008.
10h24 - Maître Boniface est invité à prendre la parole. Il souhaite dire un mot à la mère de Vincent Madoure : "Un jour, vous reverrez votre fils. Quand ? Je ne sais pas. La maman de Carl, elle ne reverra jamais son fils. C'est ça la différence". Il lit plusieurs témoignages poignants venant de la famille de Carl Davies.
10h23 - La qualification de "meurtre aggravé en bande organisée" a été retenue par la cour.
Affaire #CarlDavies - Les faits requalifiés en meurtre aggravé en bande organisée. V.Madoure est le seul accusé à passer aux assises pic.twitter.com/R79MnkRMVE
— Maëva Pausé (@maepause) 23 juin 2017
10h00 - Reprise de l'audience. La qualification des faits est débattue. La cour va statuer sur ces questions pendants quelques instants. "La cour va choisir si elle rendre sa décision sur les coups donnés par Madoure, sur le fait qu'ils étaient en réunion ou en bande organisée" précise Maître Boniface.
09h42 - L'audience est suspendue.
09h40 - C'est au tour de la soeur de Carl Davies de s'exprimer. Elle brandit une photo d'elle et de son frère. "Il était l'homme le plus gentil que vous ne pourrez jamais rencontrer. Je l'aime, il me manque. Ceux qui sont responsables, ils auraient pu tuer ma famille car elle ne sera plus la même. Je prie pour la justice" clame t-elle.
09h34 - "Le jour où mon fils est mort, une partie de moi-même est morte" raconte la mère de Carl Davies en sanglotant. Sa fille est près d'elle et la soutient étroitement. Son fils l'a appelé la veille de sa mort, lui indiquant qu'il se trouvait dans un endroit "beautiful". Elle aussi voit maintenant "la beauté" que son fils a vu. Elle se tourne directement vers l'accusé en l'interpellant : "Vous aussi, vous avez des enfants. Il faut quitter ces personnes que vous fréquentez." Vincent Madoure se contente de secouer la tête.
09h29 - "Ceux qui ont tué mon fils ne connaissaient même pas son prénom. Il ne connaissaient pas les valeurs que mon fils avait. Quand je regarder certains des accusés qui ne répondent même pas à vos questions, il n'y a que des mensonges qui sortent de leur bouche. La mort de notre fils n'avait pas d'importance pour eux. Mon fils ne leur aurait jamais donné son argent. Il se battait pour ses valeurs et sa liberté" martèle t-il. Lui se dit "consumé par la fureur". Il rapelle qu'aucun des accusés "ne s'est excusé pour ce qu'ils ont fait". Il salue encore une fois le travail de la police et l'accompagnement de Maître Boniface.
09h21 - Il indique que son fils, "par tous les aspects, était le meilleur de son unité". À la fin de sa carrière militaire, Carl Davies a "enseigné l'art pendant trois ans à des enfants défavorisés". Il précise que toute sa famille est "ici, aujourd'hui". Lui et sa compagne se sont mariés à 17 ans, et leur mariage dure maintenant depuis 40 ans. "Ils ont volé notre fils alors qu'il était dans la fleur de l'âge. Ils nous ont laissé un vide dans note vie" poursuit le père de Carl Davies, qui précise qu'ils ont vendu leur maison pour partir là où "personne" ne les connaissait.
09h17 - "Mon fils était une très belle personne. Il n'a pas eu de chance. Jusqu'au jour où on a perdu mon fils, je n'avait jamais entendu parler de La Réunion. Nous avons été très bien accueillis. Mon fils était tout ce que cette bande n'était pas. Il était honnête, digne. Le 9 novembre, la police m'attendait lorsque je suis rentré du travail. Notre monde s'est effondré" souffle t-il à la cour. Les jurés écoutent attentivement tandis que la soeur de la victime peine à retenir ses larmes.
09h13 - Le père de Carl Davies est invité à prendre la parole. Il est accompagné de sa femme, qui le tient par la main. La traductrice est à leurs côtés. Il souhaite "remercier le travail de la cour et de la police".
08h55 - Vincent Madoure est invité à s'avancer. Il indique être marié depuis le 19 août 2016 avec une jeune femme et avoir une petite fille. Depuis sa sortie de prison, il est sous contrôle judiciaire et cherche du travail. Son épouse est également au chômage.
8h51 - Le président relate une biographie de l'accusé. "Il décrit de bonnes relations avec ses parents. Il était intéressé à travailler dans le domaine de la pâtisserie pendant quelques temps" indique t-il. Son niveau intellectuel est dans la moyenne. Sa consommation d'alcool est régulière et excessive. Il a été condamné en 2011 pour des faits de vol organisé. Au sujet des faits, il "conserve le silence". Aucune anomalie mentale, ni d'abolition du discernement n'a été détectée par l'expert mandaté.
8h42 - Reprise de l'audience. Le président de la cour lit le témoignage d'un individu présent sur les lieux, le soir du drame. Il a croisé Ahamada près du McDo dans la soirée du 7 novembre 2011.
Jusqu'à ce vendredi, la cour d'assises reviendra sur le dossier Carl Davies : une affaire où subsistent encore de multiples zones d'ombre. Un jeune homme, Vincent Madoure, est dans le box des accusés pour y répondre de faits de meurtre. Défendu par Maître Moselle, il risque 30 ans de réclusion criminelle. La famille de la victime, qui devrait être présente à l'audience, sera représentée par Maître Boniface. Le procès a démarré ce mercredi et l'accusé clame toujours son innocences face à la cour et aux jurés.
Pour rappel, l’ancien commando des Royal Marines a été retrouvé sans vie en contrebas d’un canal d’évacuation des eaux pluviales à Saint-Denis, le 9 novembre 2011. Agé de 33 ans, le marin était arrivé deux jours auparavant à La Réunion, pour une escale. L’autopsie réalisée a révélé des traces suspectes telles qu’un coup sur la tête et un coup de couteau à l’abdomen. Des indices qui convergeaient vers un meurtre commis en groupe. Ce n’est qu’un an après, en 2012 que l’hypothèse tend à se confirmer, avec l’arrestation du gang du Bas de La Rivière. Neuf personnes de la bande avaient été interpellées pour une trentaine de vols et d’agressions. Elles étaient également soupçonnées d’avoir voulu racketter Carl Davies et de l’avoir tabassé à mort, alors que l’ex-militaire tentait de se défendre.
En 2013, quatre suspects dont un mineur de 16 ans avaient été mis en examen pour meurtre. Après décision de la chambre d’instruction ce mardi 28 juin 2016, les juges sont revenus sur le renvoi devant les assises de trois des jeunes hommes, en prononçant un non-lieu pour deux d’entre eux. Lors de l’audience, un mois auparavant, le manque de preuves avait déjà été mis en évidence.
En 2012, les parents du marin avaient envoyé un message vidéo dans lequel ils promettaient d’offrir 10 000 livres, soit 12 000 euros de récompense à toute personne susceptible de posséder des informations. En Angleterre, le meurtre avait suscité une vive émotion. Qui sera sans doute ravivée par cette absence perpétuelle de coupable, six ans après les faits.
mp/www.ipreunion.com

Pénible à lire votre rapport, qui est écrit chronologiquement de bas en haut!
A la 3 ème ligne, j'ai abandonné !