Le bilan de la visite de la ministre des Outre-mer

Annick Girardin impose son tempo et son style

  • PubliĂ© le 10 octobre 2017 Ă  03:00
  • ActualisĂ© le 10 octobre 2017 Ă  05:40
Annick Girardin visite 9 septembre 2017

La ministre des Outre-mer Annick Girardin vient d'achever cinq jours de visite, essentiellement passĂ©s sur le terrain, ce lundi 9 octobre 2017. Durant son sĂ©jour, elle rencontrait les diffĂ©rents acteurs de l'Ăźle. Aussi bien les Ă©lus, les reprĂ©sentants des emplois verts et du monde associatif. La membre du gouvernement d'Édouard Philippe n'Ă©ludait aucun sujet. Que ce soit les contrats aidĂ©s, les Assises ultra-marines ou encore le risque requin. Elle rĂ©sistait Ă  la tentation de multiplier les annonces ressemblant davantage Ă  un catalogue de bonnes intentions qu'Ă  des solutions concrĂštes. Retour sur le style imprimĂ© par l'ex-dĂ©putĂ©e de Saint-Pierre-et-Miquelon. (Photo d'archives de la visite d'Annick Girardin Ă  l'Hermitage le 9 octobre 2017)

 

Jean-Michel Blanquer, en charge du portefeuille de l’Éducation, restait deux jours chez nous Ă  la mi-aoĂ»t. La venue de sa collĂšgue tranchait avec la sienne. Elle prenait le temps de s’imprĂ©gner des problĂ©matiques locales. Et elle ne se dĂ©robait pas. Comme en tĂ©moigne la sĂ©quence organisĂ©e ce lundi 9 octobre 2017 Ă  Saint-Gilles-les-Bains. Elle rencontrait les familles de victimes d’attaques de squales et les reprĂ©sentants des associations engagĂ©es dans la rĂ©duction du risque requin.

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Elle n’égrenait pas une litanie de mesures mais Ă©voquait une possible commercialisation de la chair de l’animal. Un avis dĂ©taillĂ© Ă  l'issue de la dĂ©monstration du dispositif vigies requins renforcĂ©e. Et surtout aprĂšs ses entretiens avec les multiples interlocuteurs en charge du sujet.

"Ma premiĂšre pensĂ©e va aux parents des victimes. Les solutions, pas la solution, on va les apporter tous ensemble. L'innovation doit ĂȘtre une des prioritĂ©s. L’arrĂȘtĂ© sera regardĂ©. La pĂȘche aux requins est autorisĂ©e. Aujourd’hui, c’est la commercialisation, elle sera regardĂ©e. Avant la fin de l’annĂ©e. Avec l’Ɠil d’une ultra-marine, d’une fille de marin, qui a vĂ©cu sur la mer et qui sait ce que c’est", commentait-elle.

Une simulation d'alerte au requin observĂ©e les pieds nus dans le sable et les yeux dans les jumelles. Selon elle, la RĂ©serve marine sera amenĂ©e Ă  Ă©voluer. Cette prise de position dĂ©tonne nettement quand on se souvient de la venue de l’ex-ministre de l’Outre-mer Georges Pau-Langevin en avril 2015 et de ses annonces de l’époque. Le style Girardin se dĂ©marque des traditionnelles visites ministĂ©rielles. À Saint-Paul, ce lundi, elle ne fuyait aucun sujet.

- Un écho particulier -

Et allait Ă©galement Ă  la rencontre du collectif des femmes en rose au niveau de la passe de l’Hermitage. En prenant le temps d’échanger avec elles. "Quand je suis rentrĂ©e hier soir (dimanche 8 octobre 2017 : NDLR), j'avais aussi envie de mettre les pieds dans l'eau et de nager trĂšs librement. Je comprends cette frustration. Si on me refuse l'accĂšs Ă  la mer, on me condamne Ă  ĂȘtre prisonniĂšre sur mon territoire", indiquait-elle. Cette derniĂšre phrase trouve un Ă©cho particulier avec les derniĂšres mobilisations organisĂ©es dans l’üle.

Nou’t tout dans la mer le 9 septembre aux Roches Noires. À la reconquĂȘte de la mer Ă  l’Étang-SalĂ©, une semaine plus tard, et OpĂ©ration boĂźte sardines dans la piscine naturelle de Boucan Canot le 30 septembre. Le point commun entre ces trois manifestations ? La volontĂ© d’accĂ©der de nouveau Ă  la mer de maniĂšre sĂ©curisĂ©e. Les plages de Boucan et des Roches restent en effet interdites aux activitĂ©s nautiques depuis juin et la dĂ©gradation des filets anti-requins. DĂšs son arrivĂ©e sur l’üle, le jeudi 5 octobre, Annick Girardin allait directement au contact.

Premier exemple Ă  l’aĂ©roport Roland-Garros. Elle sortait de sa voiture pour se frayer un chemin jusqu’aux responsables de la plateforme des associations des emplois verts. Quatre cent personnes se rassemblaient pour crier leur opposition Ă  la baisse des contrats aidĂ©s. Quelques heures aprĂšs une rĂ©union de travail avec une dĂ©lĂ©gation de la plateforme, le prĂ©fet Amaury de Saint-Quentin et le prĂ©sident de RĂ©gion, elle annonçait le dĂ©blocage de 300 contrats de plus d’une durĂ©e de six mois.

- Effets d'annonce -

Mais elle ne cĂ©dait pas Ă  la tentation des effets d’annonce. "Pour 2018, il faudra penser l’avenir autrement et porter ce projet diffĂ©remment. L’objectif du prĂ©sident de la RĂ©publique est de faire mieux en matiĂšre de formation auprĂšs des jeunes et de trouver d’autres formules d’accompagnement quand les projets sont importants", prĂ©cisait-elle. Un message doublĂ© d’une volontĂ© affichĂ©e de l’exĂ©cutif de miser sur la formation pour les bĂ©nĂ©ficiaires de ces emplois. Elle affichait encore un peu plus sa fermetĂ© le soir mĂȘme avec la dĂ©lĂ©gation de maires qu’elle recevait.

Lire aussi : 300 contrats aidés de plus, et aprÚs ?

Les deux parties discutaient de l’épineuse question des contrats aidĂ©s. Et les espoirs des Ă©diles s'envolaient rapidement. La ministre les informait de la fin de ce type d’emplois en 2019. Avec une diminution du quota de 20 % dĂšs 2018. Soit au final 13 000 postes Ă  comparer aux 24 000 de 2016. Une vĂ©ritable douche froide. Autre mauvaise nouvelle pour les Ă©lus : le taux de prise en charge de l’État va descendre, lui, Ă  50 % contre 70 Ă  90 % actuellement.

Ultime illustration de cette visite de terrain : son week-end Ă  Mafate. La ministre des Outre-mer descendait Ă  pieds dans le cirque. Voir un membre d'un gouvernement marcher sur les sentiers  constituait une premiĂšre tout comme sa nuit passĂ©e dans un gĂźte. Elle dĂ©couvrait le rĂ©seau d’électrification solaire expĂ©rimentĂ© par EDF. Le systĂšme du microgrid. De quoi aussi se rendre compte des difficultĂ©s des Mafatais en Ă©tant au plus prĂšs d’eux.

Peu de mesures dĂ©voilĂ©es, des officialisations mais pas d'effets d’annonces. On peut ainsi qualifier le sĂ©jour d’Annick Girardin. Reste maintenant Ă  voir, surtout sur la crise requins, si les mots seront suivis d'actes.

ts/www.ipreunion.com

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3 Commentaires
domnin
domnin
8 ans

La "crise requins" n'est sûrement pas le plus grave problÚme de la Réunion.

Jose
Jose
8 ans

Je ne connais qu'Annie Girardot, pas cet ersatz !

Tata
Tata
8 ans

RIEN VA CHANGER EL E VENU EN VACANCES UN POINT C TOUS.DEPUIS 20 ANS COMBIEN DES MINISTRES SONT PASSER .ON NE CONNAIT MEME PLUS LEURS NOM ?