(Actualisé) Face à l’augmentation des prix des carburants, le monde s’organise lentement. Sur l'île, les Réunionnais aussi attendent des mesures concrètes. Le gouvernement a proposé des compensations financières pour les professionnels de la route, dont les entreprises sont en difficulté, ainsi que pour les agriculteurs et les pêcheurs. Mais rien pour le citoyen lambda. Pour les élus à la recherche d'idées à proposer à l'État, ou à appliquer sur leur territoire, voici ce qui se fait ailleurs dans le monde. (Photo : Richard Bouhet/imazpress.com)
Seule élue de l’île à proposer une solution, Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, a annoncé ce jeudi 2 avril 2026 que la ville allait attribuer deux chèques alimentaires de 20 euros aux travailleurs modestes. Au total, 5.000 familles seront concernées.
C’est loin d’être suffisant, disent déjà certains. C’est pourtant bien plus que ce que proposent les autres élus de l’île.
De son côté, La Région Réunion dit avoir "plaidé auprès de l’État pour imposer aux pétroliers un lissage dans le temps de la hausse des prix afin d’en réduire l’impact pour les consommateurs".
Pour ce qui est de l'octroi de mer, la Région précise que : "l’essentiel du produit de cet octroi de mer est versé directement aux communes. Dans le contexte inflationniste, tout prélèvement sur ces recettes est extrêmement délicat et doit, a minima, faire l’objet d’une concertation avec l’ensemble des acteurs concernés".
Pour le moment à La Réunion, sauf à Saint-Denis, aucune mesure ne cible les particuliers, alors que dans le monde les chefs d'États multiplient les initiatives.
- Des solutions concrètes à l’international -
Le Premier ministre australien s’est adressé à la nation dans une allocution vidéo de trois minutes. Son message : profitez du week-end de Pâques, prenez le bus quand cela est possible et consommez moins de carburants.
Ce lundi 30 mars 2026, face à la flambée des prix du carburant et aux tensions d’approvisionnement, le gouvernement australien a décidé de réduire de moitié la taxe sur l’essence pour les trois mois à venir. Ajouté à d'autres mesures en cours, cela correspond à une réduction de plus de 30 centimes par litre de carburant.
Selon Anthony Albanese, premier ministre du pays, cette mesure d’urgence, bien que coûteuse, est ciblée et vise à soulager les ménages.
Autre mesure, certaines villes vont rendre les transports en commun gratuits afin d’encourager les automobilistes à privilégier ce mode de déplacement et à laisser leur voiture au garage. Dans l’État du Victoria, le métro et les bus sont gratuits depuis ce mardi 31 mars et pour tout le mois d’avril.
En Tasmanie, les transports en commun (bus et ferries) seront gratuits jusqu’au mois de juin. Le transport scolaire sera également gratuit, représentant une économie d’environ 20 dollars par semaine.
En Italie, le gouvernement a réduit de 25 centimes les taxes sur le carburant et l’Espagne applique le même type de mesure. Objectif : soulager les foyers.
En Égypte, le gouvernement demande aux employés qui le peuvent de télétravailler un jour par semaine afin de limiter les déplacements. Dans le pays, les véhicules administratifs voient leur budget carburant réduit d’un tiers, et les infrastructures énergivores tournent au ralenti.
- Un phénomène de "tourisme du carburant" en Europe -
Il n’est pas rare que les habitants de pays frontaliers traversent la frontière pour acheter des produits moins chers, ce qui est rare, c'est que ce produit soit du carburant. Cette année, les Allemands se rendent en Pologne pour faire le plein de leur véhicule.
Les voitures, souvent de marques allemandes, font la queue pare-chocs contre pare-chocs pour accéder aux stations-service. Le Premier ministre Polonais Donald Tusk accueille avec le sourire ces "touristes" d’un nouveau genre. Dans son pays, le sans-plomb est à 1,66 euros le litre, contre 2 euros en Allemagne.
En Lituanie, le prix des billets de train intérieurs a été divisé par deux. Le ministre des Transports assure que cette mesure, estimée à 1,5 million d’euros, sera compensée par les bénéfices indirects. Prévue pour durer deux mois, elle vise à convaincre les voyageurs, habitués à circuler en voiture, de revenir vers le train.
Autant de mesures qui illustrent la diversité des réponses apportées à l’international face à la hausse des carburants, des exemples qui peuvent alimenter le débat sur les solutions envisageables à La Réunion.
En France, pour le moment, le gouvernement affirme privilégier des mesures ciblées afin de limiter les dépenses publiques et ne se résout toujours pas à diminuer les taxes perçues sur les carburants, c'est la même chose à La Réunion.
Si les Français consomment moins de carburant, faute d'une diminution des prix, cela pourrait générer une autre crise : une baisse des recettes pour l’État.
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C’est le moment pour le corps des élus de la République de se montrer intelligents et capables de résoudre un problème, après avoir été pendant toutes ces années, assis sur leurs derrières à contempler leurs relevés bancaires et critiquer l’Etat. En oubliant leurs électeurs… ce qui est à mon avis le plus important, car après toutes ces promesses, pendant des années, on paye, on paye jusqu’à n’en plus finir. La débâcle de deux députés aux Municipales laisse à réfléchir sur la mentalité de leurs électeurs !
Ce serait intéressant de savoir quel est la part de taxe et de bénéfice sur le prix de l'essence, savoir qui gagne quoi. Il faut croire que les journalistes n'aiment pas (ou plus) relater des faits aussi simples. Ou peut-être ces données sont-elles extrêmement difficiles à obtenir. Quoiqu'il en soit, aucun journal que j'ai eu l'occasion de lire ne donne cette information basique et élémentaire.
La région avec Mme Bello, nos députés Ratenon, Perceval, Naillet et Lebon réagissent en aboyant tandis que la maire de St-Denis Mme Bareigts réagit. Voilà la différence.