Hier, mercredi 11 juillet 2018, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Stéphane Travert, était en visite à Sainte-Suzanne pour découvrir l'exploitation de Jean Bernard Jaurès. Cet agriculteur, qui cultive la canne à sucre depuis 18 ans, n'arrive plus à gagner sa vie. Pour se rémunérer, il envisage donc de diversifier sa production. En se lançant dans le cacao bio. Comme lui, d'autres planteurs misent sur d'autres cultures. C'est, par exemple, le cas de Judicaël Virama, agriculteur installé à Saint-Leu. Il a deux ans, il a divisé son terrain pour cultiver des bananes et des oignons. (Photo photo RB imazpress.com)
Ce mercredi, alors que le ministre de l'Agriculture venait de quitter son exploitation, Jean Bernard Jaurès, planteur de Sainte-Suzanne, a accepté de se confier. Alors qu'il cultive la canne depuis 18 années, ce dernier a décidé de diversifier son exploitation en cultivant du cacao bio.
"MĂŞme si je n'ai pas mon SMIC c'est pas grave"
Il l'explique ici. Regardez :Â
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"Il est impossible d'avoir un revenu"
Comme lui, JudicaĂ«l Virama, planteur Ă Saint-Leu rencontre de grosses difficultĂ©s pour gagner sa vie avec sa culture de canne Ă sucre. Il y a deux ans, il a sautĂ© le pas et a diversifiĂ© sa production en se lançant dans la culture de bananes et d'oignons. Il a, ainsi, divisĂ© son terrain : "j'ai quatre hectares de canne Ă sucre, 3 000 m2 de banane et un hectare d'oignons".Â
Avec la canne Ă sucre seulement, "il Ă©tait impossible d'avoir un revenu" dĂ©clare cet agriculteur qui n'a pas assez de fonds pour se payer un tracteur : "je suis obligĂ© de payer des prestations pour le sol, l'irrigation ou encore le transport de la canne... Il faut aussi payer l'engrais... Ca fait baucoup de frais".Â
Deux ans après avoir commencĂ© Ă diversifier sa producion, JudicaĂ«l Virama ne bĂ©nĂ©ficie toujours pas d'un revenu : "je suis dans la phase d'amortissement". Les tempĂŞtes et cyclones qui se sont succĂ©dĂ©s dernièrement n'ont pas aidĂ© sa plantation de banane. Mais ce planteur compte bien sur l'annĂ©e prochaine pour "amortir tout ce que j'ai investi". A savoir plus de 5000 euros, pour la prĂ©paration du sol, la prĂ©paraton du terrain et l'achat des plants.Â
"Il ne faut pas se contenter de la canne Ă sucre"
Et pour pouvoir gagner sa vie dignement, il devra "attendre 2020. S'il n'y a pas de cyclone".Â
Il y a plusieurs dĂ©cennies, son père arrivait Ă vivre de la canne Ă sucre. "Il avait moins de charges, moins de cotisations retraite" explique JudicaĂ«l Virama qui espère pouvoir augmenter, l'annĂ©e prochaine, sa surface de maraichage. "Il n'y a pas photo. Si on veut avancer, il ne faut pas se contenter de la canne Ă sucre affirme le planteur. Pour avoir un SMIC, il faut avoir 11 hectares de canne en zone irriguĂ©e. Le calcul est vite fait".Â
A contrario, cultiver des bananes demande moins d'engins, moins de mĂ©canique et moins de main d'oeuvre. "C'est sĂ»r, la canne, on va arrĂŞter affirme cet agriculteur saint-leusien. Elle ne se vend pas au marchĂ© de gros, on nous fixe des prix... Quand on fait des lĂ©gumes, c'est vendu rapidement".Â
"On travaille moins Ă perte"
Ă€ 29 ans, JudicaĂ«l Mirava, a aussi essayĂ© de cultiver la pomme de terre : "ça pousse mais le rendement est insuffisant. En revanche, l'oignon c'est assez intĂ©ressant. On ne perçoit pas plus que la canne mais on travaille moins Ă perte qu'avec la canne".Â
Lui qui dĂ©sirerait "crĂ©er de l'emploi" se dit trop "limitĂ© financièrement" : "je ne peux pas. Si les politiques nous aidait Ă avoir de la main d'oeuvre, la je pourrais le faire".Â
Avec regret, il ajoute : "Non, mes enfants ne reprendront pas mon exploitation. Vu les problèmes financiers que j'ai, ce n'est pas possible".Â
sw/www.ipreunion.com

C'est bien plus intelligent que de pleurer pour des subventions, bravo Messieurs !