Le Réunionnais conteste son licenciement depuis cinq ans

Claude Antoinette gagne une bataille, mais continue son combat

  • PubliĂ© le 11 avril 2017 Ă  02:00
Claude Antoinette

Cinq ans que cela dure. Claude Antoinette mène un combat juridique depuis novembre 2011, pour contester un licenciement qu'il qualifie d'abusif. Après une grève de la faim l'an dernier, il s'est rendu la semaine dernière à Paris pour faire entendre sa voix. Et cette fois, il a partagé son expérience en direct sur Facebook. Au total, plus de 6000 personnes l'auraient suivi. (photo d'archives)

Les problèmes de Claude Antoinette commencent en novembre 2011 : le travailleur social, alors en congé maladie, a été jugé inapte par la médecine du travail. Dans la foulée, en janvier 2012, son employeur le licencie. Et quand il essaye de contester cette décision, Claude Antoinette découvre qu'un médecin inspecteur de Toulouse, qu'il n'a jamais vu, a confirmé son inaptitude à reprendre son poste. La raison de ce diagnostic à distance: il n'y a pas de médecin inspecteur dans l'île.

Pendant plusieurs années, aucune des démarches de Claude Antoinette, auprès du ministère du travail et de la Direction du travail, n'ont permis de rejeter ce premier avis. "J'ai même saisi le tribunal administratif, et ma requête a été rejetée au bout de deux ans parce que je l'avais mal formulée", racontait-il, en mai 2016. A l'époque, la seule instance qui lui avait donné raison, c'est l'ordre des médecins.

En mars 2016, Claude Antoinette se rend en effet à Toulouse pour une réunion à laquelle participe le médecin toulousain qui a confirmé son inaptitude en 2012. "Entre temps, elle a raconté qu'elle avait démissionné parce qu'elle ne veut plus participer à ce genre de mascarades. Elle a expliqué que l'administration la poussait à faire des diagnostics uniquement sur dossier. Et l'Ordre des médecins a condamné le fait qu'un avis aussi important ait pu être donné sans que je sois examiné. Pour la première fois, j'ai eu l'impression de voir un peu le bout du tunnel". 

En mai dernier, une délégation en soutien à Claude Antoinette avait été reçue en préfecture. Des engagements écrits avaient été formulés par Alain Le Poupon, responsable du pôle politique de la direction du travail, notamment la nomination d'un inspecteur du travail par intérim à La Réunion. 

Un médecin inspecteur du travail "en permanence" à La Réunion et Mayotte

Cette fois, Claude Antoinette explique avoir obtenu qu'un médecin du travail soit nommé à La Réunion et à Mayotte. "L'offre d'emploi est partie et comptez sur moi pour veiller à ce que cet engagement d'avoir un médecin en permanence soit respecté", martèlait-il, en direct sur Facebook, mercredi 5 avril. Même s'il n'a pas obtenu gain de cause sur l'ensemble des sujets, Claure Antoinette juge ces avancées "globalement positi(ves), même si c'est dommage d'avoir du venir jusquà Paris, sous les fenêtres du ministère de la santé, pour se faire entendre". 

Après le succès de ce combat, suivi selon lui par 6000 personnes, Claude Antoinette envisage d'autres actions, notamment dans une autre affaire l'opposant à un huissier dans une histoire de vente d'une voiture d'occasion. En février 2014, alors qu'il avait entamé une grève de la faim devant le palais de justice de Champ Fleuri, il était monté dans un arbre, menaçant de se pendre s'il n'était pas entendu. Il avait alors été reçu par le procureur de la République Philippe Muller. Son affaire n'est toujours pas terminée

ch/www.ipreunion.com

 
 
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