Dans le cadre de la journée internationale pour les droits des femmes, la préfecture et Pôle emploi ont signé, ce vendredi 6 mars 2015, une convention visant à renforcer la mixité des emplois et faciliter le retour à l'emploi des femmes. L'occasion également d'entendre quelques témoignages comme autant de messages d'espoir.
Elles représentent 52 % de la population réunionnaise, mais seulement 45 % de la population active en emploi. Si elles sont plus diplômées, les femmes sont plus touchées par le chômage que les hommes à La Réunion. Leur taux d’emploi est en effet de 38 %, contre 49 % pour les hommes (et 60 % au niveau national...).
C’est pourquoi le préfet Dominique Sorain et le directeur régional de Pôle emploi Jean-Luc Caritchy ont signé cette convention régionale avec trois objectifs majeurs : renforcer la mixité des emplois, faciliter le retour à l’emploi des femmes et améliorer la qualité des emplois des femmes.
"Nous pouvons faire mieux et nous devons faire plus", a notamment reconnu Jean-Luc Caritchy, tandis que Nadine Caroupanin, déléguée régionale aux droits des femmes, a mis en exergue certains freins à l’emploi des femmes, comme "un panel de métiers peu diversifié" ou "la parentalité et les grossesses précoces qui éloignent les filles du marché de l’emploi".
Lors de cette réunion en préfecture, la parole a également été donnée à quelques femmes ayant réussi à retrouver le chemin de l’emploi. À l’image de Marino Carpin-Cartan, aujourd’hui âgée de 51 ans, qui a quitté l’école à 16 ans avant de devenir mère à 17 ans du premier de ses six enfants. "J’avais fait le choix de privilégier mes enfants, mais en 2014 je me suis dit que je devais penser à moi en tant que femme", a-t-elle raconté. Elle s’est donc lancée dans un processus de formation et occupe aujourd’hui un poste d’agent polyvalent au sein d’un service événementiel. "Ne pas dépendre de quelqu’un, c’est primordial. Je suis autonome et fière de l’être !", a-t-elle déclarée.
Autre témoignage poignant, celui de Nadège Fontaine, jeune maman à 16 ans, aujourd’hui âgée de 32 ans. Après avoir voulu préparer un diplôme de coiffeuse, elle a eu le courage de se tourner vers le métier de ses rêves, celui de conductrice de bus, qu’elle exerce aujourd’hui. "J’ai appris à devenir une femme déterminée dans un monde où le pouvoir se conjugue au masculin", a-t-elle confié.
En plus de cette convention et de ces témoignages, le préfet a également lancé le "prix de la mixité" qui récompensera "des réussites et des parcours professionnels atypiques". La sélection doit commencer au mois de novembre.
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