La hausse du prix du carburant, tous les RĂ©unionnais sont contre, Ă©videmment. Mais sont-ils pour la mobilisation du 17 novembre, cette fois, la rĂ©ponse est moins catĂ©gorique. Une peur lancinante s'installe sur l'Ăźle. Les rumeurs vont bon train. On entend tout et son contraire sur ce 17 novembre. Certains s'attendent Ă une grĂšve gĂ©nĂ©rale suivie d'une nuit de violences urbaines. D'autres Ă des rassemblements familiaux et bons enfants. Et si la rĂ©alitĂ© Ă©tait entre les deux ? Qu'en marge des rassemblements tranquilles, certains gilets jaunes menaient des opĂ©rations coup de poing ? Ă quelques jours de la date fatidique, la tension monte, l'inconnu fait peur. Ce qui affole le plus : que des casseurs se mĂȘlent Ă la foule et que le rassemblement pacifique dĂ©gĂ©nĂšre.
" Le 17 novembre, il va y avoir du grabuge ? "
Cette question, certains commerçants se la posent, ils hĂ©sitent mĂȘme Ă fermer boutique ce samedi pour ne pas ĂȘtre victimes de potentiels casseurs, d'autres envisagent de barricader leurs magasins. Du cĂŽtĂ© de la population, mĂȘme interrogation, il faut dire que le souvenir des incidents de la nuit dâHalloween est encore bien prĂ©sent Ă lâesprit des RĂ©unionnais qui, pour certains, comptent rester terrĂ©s chez eux.
Associations et institutions ont prĂ©fĂ©rĂ© annuler des manifestations pour ne pas prendre de risque. Juste prĂ©caution ou paranoĂŻa ? Les RĂ©unionnais sont-ils (trop) peureux ? Non. Sur les rĂ©seaux sociaux, certains internautes appellent Ă des actions bien plus musclĂ©es que le simple rassemblement pacifique. Du blocage de route au blocage de grandes surfaces en passant par la dĂ©gradation de symboles du capitalisme. Quand on prend ces Ă©lĂ©ments en compte, on se dit quâil pourrait effectivement y avoir des dĂ©bordements.
Les forces de l'ordre se préparent
Les forces de lâordre sont sur le qui-vive. Les rĂ©seaux sociaux, support sur lequel est nĂ© le mouvement, sont scrutĂ©s Ă la loupe, quotidiennement, l'Ă©chĂ©ance approche. Plusieurs groupuscules se sont formĂ©s autour de ce 17 novembre et eux, ce nâest pas un rassemblement pacifique quâils veulent mais bien une "vraie" contestation quitte Ă aller Ă l'extrĂȘme. La majoritĂ© des policiers et gendarmes de l'Ăźle seront mobilisĂ©s pour sĂ©curiser les biens et les personnes. Les effectifs seront renforcĂ©s au niveau des points chauds pour faire face Ă dâĂ©ventuels incidents. La hantise des forces de lâordre : ĂȘtre dĂ©passĂ©es.
- Carte interactive -
Une carte interactive recense les Ă©vĂ©nements organisĂ©s Ă La RĂ©union pour le 17 novembre. Aux quatre coins de lâĂźle, des citoyens comptent se mobiliser contre la vie chĂšre, la hausse du carburant, la baisse du pouvoir dâachat, des retraites, le capitalisme... Au delĂ de la mobilisation, pour les forces de l'ordre, ce qui compte, c'est la mĂ©thode. Sur cette carte, chaque petit point reprĂ©sente une potentielle situation Ă risque pour les forces de lâordre.

Un 17 novembre qui tourne mal, chimÚre ou réalité ?
Certains sâinquiĂštent Ă tort ou Ă raison, ça, on ne le sait pas encore. Mais lâadage " mieux vaut prĂ©venir que guĂ©rir " prend tout son sens. Personne ne sait Ă quoi sâattendre. Ce que lâon sait par contre, câest quâaujourdâhui, tout est prĂ©texte Ă " foutre le bordel " comme le disent certains Ă©nergumĂšnes. Des dĂ©bordements en marge des rassemblements pacifiques, ce nâest pas un fantasme mais plutĂŽt une possibilitĂ©.
La vraie question : les Réunionnais seront-ils nombreux à descendre dans la rue le 17 novembre ?
Mais au final, on est tellement obnubilĂ© par les Ă -cĂŽtĂ©s quâon en oublie le coeur du sujet : la mobilisation. Sur les rĂ©seaux sociaux, on a lâimpression que La RĂ©union entiĂšre sera dans les rues ce samedi 17 novembre, certains vont mĂȘme jusquâĂ comparer le mouvement Ă Â celui de Mai 68. En rĂ©alitĂ©, ces derniĂšres annĂ©es, mobilisations et manifestations font de moins en moins d'Ă©mules. Le mouvement des gilets jaunes a pris sur Internet mais il y a une grande diffĂ©rence entre l'engouement virtuel et l'engouement rĂ©el. Et si finalement, la mobilisation des gilets jaunes faisait juste pschittâŠ
fh/www.ipreunion.com

On pourrait aussi appeler Ă un boycott hebdomadaire d'un supermarchĂ© pris au hasard. Si cela se rĂ©pandait, personne n'irai dans le supermarchĂ© boycottĂ© et ferait ses courses ailleurs. EmbĂȘtement minimal pour le consommateur mais maximal pour la grande surface. Echapperaient Ă la liste ceux qui baissent leur marge sur les produits.
A bien y réfléchir, c'est une solution "hardcore", bien plus que des manifs ou des casses remboursées par les assurances.
Idem. Si tout le monde arretait de con-sommer bĂȘtement 1 journĂ©e ? Ile morte. Ca ca serait efficace. Et pourquoi pas changer ses habitude de con-sommation de maniĂšre durable ?
Personnellement, je reste Ă ma case, 0 Km, 0 achat, moins de taxes pour l'Etat racketteur !