Les élections professionnelles vont avoir lieu du 3 au 10 décembre 2026. À cette occasion, Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonction publique, se trouve actuellement à La Réunion. Ce vendredi 9 octobre, il a livré son analyse sur les mouvements sociaux en cours et les priorités en matière de lutte syndicale. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Détendu, mais déterminé, Christian Grolier énonce clairement les priorités qu'il veut défendre pour la fonction publique. En premier lieu, il tient à défendre leur pouvoir d'achat. "Ça va être la quatrième année de gel des salaires avec ce Projet de Loi de Finances. La grille des salaires est aussi catastrophique actuellement puisque 45 % des fonctionnaires sont en catégorie C."
Mais, rapidement, le syndicaliste enchaîne sur une autre problématique. Celle du sous-effectif qui existe dans l'ensemble de la fonction publique. Un sous-effectif qui, selon Christian Grolier, entraîne une dégradation progressive de la qualité du service public. "ON a de plus en plus de mal à remplir nos missions, c'est un fait, nous en souffrons et cela a aussi un impact direct sur la vie des gens." Regardez
Ce manque de personnel a notamment mis en avant lors des grèves de lycéens. Une de leurs revendications tient justement au manque d'enseignants dans les classes. Pour le représentant syndical, cette demande est légitime. "L'Éducation nationale a supprimé 4.000 postes à la rentrée 2026. On soutient le mouvement lycéen et nous avons les mêmes revendications".
Ces revendications, il espère les voir aboutir. "L'idée, c'est d'accompagner les lycéens". Protection rendue nécessaire par les débordements des forces de l'ordre qui ont pu être constatés lors des différentes manifestations. "Le gouvernement durcit la ligne avec les risques de dérapage que ça implique".
- Confiant dans l'avenir du syndicalisme -
Christian Grolier voit dans les lycéens de "futurs salariés", et ne veut pas les "laisser à l'abandon". "Ils peuvent se faire infiltrer par des bandes de casseurs, comme on a pu le voir. Nous, on veut être présent pour les encadrer et les protéger".
Expérimenté, Christian Grolier replace cette grève des lycéens dans une perspective plus large, qui a débuté lors du premier septennat d'Emmanuel Macron. "Nous avons un président de la République qui ne croit pas à la démocratie sociale" Depuis dix ans, ce dernier aurait ainsi tout fait pour affaiblir les partenaires sociaux.
S'il se dit confiant dans l'avenir du syndicalisme, le secrétaire général de FO Fonction Publique pointe toutefois du doigt la "difficulté de transmission" de cette culture auprès des plus jeunes. Un motif d'espoir, toutefois, avec cette année une moyenne d'âge en baisse et une féminisation plus importante parmi les adhérents de Force Ouvrière.
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