Les avocats des barreaux de Saint-Pierre et Saint-Denis poursuivent leur mouvement de grève ce lundi 13 avril 2026 et appellent les justiciables à les rejoindre. Ils seront rassemblés, dès 7 heures 30 devant le tribunal judiciaire de Saint-Pierre. Une mobilisation organisée dans le cadre de la contestation nationale contre le projet de loi S.U.R.E (Sanction utile, rapide et effective), actuellement examinée au Parlement. (Photo www.imazpress.com)
Devant les marches du tribunal de Saint-Pierre, les robes noires prévoient de sensibiliser la population. Ils échangeront avec le public et proposeront des procès fictifs, afin d'illustrer concrètement les conséquences de la réforme.
"Il y a beaucoup de monde au tribunal le lundi. C'est l'occasion pour nous d'accueillir les justiciables pour leur montrer quels sont les dangers de cette loi", explique le bâtonnier de Saint-Pierre, Frédéric Hoarau.
Pour rappel, l'Ordre des avocats de La Réunion est en grève totale depuis le 7 avril. "Aucune audience n'a lieu", précise Me Frédéric Hoarau. Une mobilisation qui s'inscrit dans un mouvement national.
- Une réforme jugée dangereuse pour les victimes -
Parmi les mesures les plus contestées figure l'instauration du plaider-coupable criminel. Elle permet d'accélérer le traitement de certains dossiers criminels lorsque les faits sont reconnus. Un dispositif que les avocats estiment particulièrement préoccupant pour les victimes.
"Le gros problème, c'est pour la victime", alerte Me Hoarau. "Elle aurait quinze jours pour accepter une procédure accélérée, dans laquelle elle ne sera pas pleinement entendue, ou attendre au moins 5 ans pour un procès classique où elle pourra réellement s'exprimer".
Selon lui, cette procédure réduirait considérablement la place accordée à la parole des victimes. "Lors de la négociation de peine, la victime n'est pas entendue. On expose les faits mais sans que la victime puisse intervenir. Puis, lors de l'homologation, les dossiers risquent de passer à la chaîne. L'avocat pourra plaider, mais de manière brève. Les experts ne seront pas forcément entendus non plus", détaille le bâtonnier de Saint-Pierre. Résultat : la victime aura l'impression de ne pas avoir été totalement entendue et les réparations pourraient être moindres.
- "Une vision comptable de la justice" -
Le gouvernement défend de son côté une réforme visant à désengorger les tribunaux et accélérer les procédures judiciaires. un argument que réfute le barreau de Saint-Pierre. "Ce n'est qu'une vision comptable de la justice", déplore Me Hoarau. "C'est une loi pensée à Paris, sans forcément prendre en compte les réalités du terrain, notamment à La Réunion, où une partie de la population rencontre déjà des difficultés dans l'accès au droit".
Le bâtonnier pointe également d'autres dispositions du texte, comme la suppression envisagée de l'ajournement de peine. Un mécanisme permettant aujourd'hui de régulariser une situation avant condamnation. "Une personne poursuivie pour une irrégularité liée à un permis de construire, par exemple, peut actuellement obtenir un délai pour se mettre en conformité avant que le juge ne statue définitivement", explique l'avocat. L'occasion pour le justiciable de régulariser sa situation avant que le tribunal ne prononce une sanction.
Pour le bâtonnier, supprimer cette possibilité reviendrait à rigidifier davantage la justice. "Le juge n’aurait plus cette souplesse et serait contraint de sanctionner immédiatement, là où il existe parfois d’autres façons de régler le problème".
Même constat à propos de la dispense de peine dans certains dossiers. "Le juge n'aurait plus d'autre solution que de sanctionner, même quand tout le préjudice a été réparé", regrette Me Frédéric Hoarau.
- Interpeller les parlementaires -
Pour Me Hoarau, le combat mené par les avocats vise aussi à alerter les élus avant le vote du texte. "Il faut voir au-delà des objectifs avancés par le gouvernement. Le gain de temps se fera au détriment des victimes et des justiciables", prévient le bâtonnier. Le barreau espère désormais convaincre les parlementaires réunionnais de se saisir du sujet. "On essaye de discuter avec les sénateurs et députés réunionnais, car ce sont eux qui vont prendre part au vote".
Ce lundi matin, de nombreux justiciables sont attendus devant le tribunal de Saint-Pierre, où les avocats espèrent transformer leur mobilisation en temps d’échange pour mieux faire comprendre au grand public les enjeux de cette réforme judiciaire.
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Ces avocats nous cassent les bonbons.quel ne fut pas mon étonnement,quand j'étais au tribunal je n'avais pas le droit de m'exprimer car je ne me suis pas fait représenter par un avocat,tout citoyen doit être libre de faire entendre sa cause auprès des magistrats de la cour sans être dans l obligation de se faire assister par un avocat .