[VIDÉOS] Le tribunal rendra sa dĂ©cision le 4 novembre

Injures raciales publiques : 25.000 euros d'amende requis contre Brigitte Bardot

  • PubliĂ© le 8 octobre 2021 Ă  03:00
  • ActualisĂ© le 8 octobre 2021 Ă  07:04
Brigitte Bardot, au refuge de CabriĂšs (Bouches du RhĂŽne), le 17 janvier 1989

La star des sixties et présidente de la Fondation à son nom a été jugée ce jeudi 7 octobre 2021 au tribunal judiciaire de Champ Fleuri pour injures raciales et publiques. Le parquet a requis 25.000 euros d'amende à son encontre. Son attaché de presse, Bruno Jacquelin, était quant à lui jugé pour complicité. C'est lui qui a diffusé la lettre ouverte adressée au préfet en mars 2019 valant à Brigitte Bardot ce procÚs. 5.000 euros d'amende sont requis contre lui. Dans son courrier de l'époque, la défenseuse de la cause animale avait qualifié les Réunionnais "d'autochtones qui ont gardé leurs gÚnes de sauvages", de "population dégénérée" aux "réminiscences de cannibalisme" vivant dans "l'ßle du diable". Le tribunal rendra sa décision le 4 novembre prochain. (Photo AFP)

C'est un "racisme Ă©vident" qu'ont souhaitĂ© dĂ©noncer les avocats des parties civiles ce jeudi 7 octobre au tribunal. Dans les rangs des plaignants, SOS Racisme, la Ligue des droits de l'homme, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisĂ©mitisme), le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitiĂ© entre les peuples) mais aussi la FĂ©dĂ©ration des associations et groupements religieux hindous et culturels tamouls de La RĂ©union et le dĂ©putĂ© Jean-Hugues Ratenon.

- "Pensée colonialiste" -

Deux absents ont été remarqués dans la salle d'audience : Maßtre François-Xavier Kelidjan et Maßtre Aurélien Boulanger, respectivement avocats de Brigitte Bardot et Bruno Jacquelin, son attaché de presse à la Fondation. Maßtre Alex Vardin pointé du doigt un "mépris total" de la part de ses confrÚres parisiens. "On a eu une perte de temps, un an ! C'est du n'importe quoi !" s'est-t-il exclamé.

Déplorant lui aussi l'absence des deux avocats, Maßtre Fabrice Saubert a rappelé que Brigitte Bardot "n'en est pas à sa premiÚre condamnation pour injure raciale". Le terme sauvage, utilisé dans la lettre, "marque une forme de frontiÚre entre l'humanité et l'animalité, l'auteure a sans doute souhaité faire allusion à l'époque coloniale, avec cette idée d'éduquer le sauvage". Pour l'avocat il n'y a nul doute que ce courrier montre "une attitude d'hostilité répétée" à laquelle s'ajoute "une profonde ignorance de l'histoire de La Réunion" lorsque Brigitte Bardot évoque les "réminiscences de cannibalisme" des Réunionnais.

Un argument auquel adhÚre son confrÚre Alex Vardin. "Elle est inculte, ignare, il faut le dire. Elle parle de réminiscences de cannibalisme, là ce sont des réminiscences de pensée colonialiste ! On est en 2021 ça suffit." Une sensation partagée par son client, le député Jean-Hugues Ratenon.

- Un courrier prémédité et rendu public -

Une lettre "pour faire du mal" qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une prĂ©miditation Ă©vidente, pour les trois avocats reprĂ©sentant les parties civiles. "Quand on est intelligent, on rĂ©flĂ©chit Ă  ce qu'on Ă©crit, lĂ  c'est de la bĂȘtise !" a fustigĂ© maĂźtre Alex Vardin.

MaĂźtre Philippe Pressecq a quant Ă  lui insistĂ© sur le caractĂšre "public" de cette injure raciale : "une lettre ouverte est destinĂ©e Ă  ĂȘtre lue". "On reste saisi devant cette avalanche d'injures" a-t-il ajoutĂ©. L'occasion de dĂ©clarer, au nom des de SOS Racisme, de la Licra et du Mrap qu'il reprĂ©sente : "je voudrais tant que nous n'existions plus, car si nous sommes lĂ  c'est Ă  cause de gens comme madame Bardot".

Lire aussi - Indignation aprÚs les attaques racistes de Brigitte Bardot contre les Réunionnais

- La détresse animale, "une réalité à La Réunion" -

Autant de reproches "injustifiés" selon Maßtre Catherine Moissonnier, avocate assurant la défense de Brigitte Bardot et de Bruno Jacquelin à la place de ses collÚgues parisiens ce jeudi. "Le pire des criminels ne mérite pas les mots employés tout à l'heure. Aujourd'hui quand j'entends les sommes réclamées mais on se moque du monde."

Son argument : le courrier n'a pas été adressé à l'ensemble des médias, mais à un groupe défini, et tous les médias de l'ßle ne l'ont pas publié. L'occasion de défendre également Bruno Jacquelin, attaché de presse de la Fondation Brigitte Bardot. "L'élément de publicité fait défaut" a insisté l'avocate.

Brigitte Bardot a déjà écrit au préfet dans le passé, a-t-elle rappelé, "mais a-t-elle été condamnée pour ces autres lettres ? Non". C'est l'émotion qui a primé pour la défenseuse des animaux, a martelé son avocate en lisant les excuses diffusées par l'intéressée peu de temps aprÚs le tollé provoqué par la lettre. Au coeur de ce courrier, avant tout, la détresse animale, "c'est une réalité à La Réunion" a affirmé maßtre Catherine Moissonnier.

Lire aussi : Maltraitance animale à La Réunion : le vrai du faux

Maßtre Moissonnier demande la relaxe de Brigitte Bardot et celle de Bruno Jacquelin. La procureure BérengÚre Prud'homme quant à elle a estimé que "l'émotion" n'est "pas un élément recevable" : "une injure est raciale est quelque chose d'inadmissible, quelque soit son contexte". Elle a également soutenu le grief d'injure publique, la lettre ayant été conscienceusement envoyée à des médias, "dans l'objectif de la diffuser". 25.000 euros d'amende sont requis à l'encontre de Brigitte Bardot, et 5.000 euros d'amende contre Bruno Jacquelin.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

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2 Commentaires
mayaqui, depuis son mobile
mayaqui, depuis son mobile
4 ans

Oui ' suite au commentaire prĂ©cĂ©dent ! Maltraitance et errance animale . Dans saint leu il y a une meute qui se dĂ©place , et Ă  l intĂ©rieur s est glissĂ© un grand chien genre malinois berger allemand qui attaque les gens ! Comme il ne sort que le soir et la nuit , la fourriĂšre avertie n'intervient pas car en dehors des heures d'ouverture. Deux jeunes filles attaquĂ©es sur le parking, une jeune fille attaquĂ©e en quittant l'artĂšre principale, un homme et son chien , bref '. Et il estropie les autres chiens un peu dominants. C'est un tueur attention. Police avertie, pompiers avertis ; il porte un collier et la tĂȘte est charbonnĂ©e malinois . Rien n'avance depuis trois semaines.

maltraitance
maltraitance
4 ans

Quel dommage qu'on en oublie la maltraitance animale à la Réunion...