A La Réunion comme partout en France, les magistrats et les greffiers sont en colÚre. Ce jeudi 15 février 2018, ils ont organisé une journée d'action pour "alerter sur la gravité de la situation" de la Justice. A Saint-Denis, ils se sont rassemblés en milieu de matinée devant le tribunal à Champ Fleuri. Les audiences ont été temporairement suspendues. à La Réunion comme au plan national, les appels à l'action sont lancés par l'Union Syndicale des Magistrats, le Syndicat de la Magistrature, l'UNSA Services Judiciaires, le Syndicat des greffiers de France FO, la CGT, la CFDT, le SAF, le FNUJA et la Conférence des Bùtonniers.
10 heures devant le Palais de justice de Saint-Denis, une cinquantaine de personnes est rassemblĂ©e. Les magistrats, les avocats et les greffiers vĂȘtus de leur robe noire sont regroupĂ©s Ă lâentrĂ©e du Palais de justice. Les professionnels de la justice dĂ©noncent une rĂ©forme qui va "Ă lâencontre de lâintĂ©rĂȘt des tribunaux et des justiciables".
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BĂ©rangĂšre Prudâhomme, procureure adjointe et dĂ©lĂ©guĂ©e de lâUnion RĂ©gionale des Magistrats dĂ©nonce "le manque de moyens et la dĂ©gradation de la qualitĂ© du travail dans les tribunaux". Les tribunaux "croulent sur les dossiers et le manque de moyens alourdit et ralentit les procĂ©dures" notent organisations syndicales qui pointent du doigt les mesures dâaustĂ©ritĂ© de la fonction publique appliquĂ©es dans les tribunaux.
SituĂ©e au 23Ăšme rang europĂ©en en terme de budget allouĂ© Ă la justice, la justice française est "en piteux Ă©tat" avec du du matĂ©riel informatique vĂ©tuste, 1800 postes de fonctionnaires vacants non pourvus, et des recrutements qui ne sont pas Ă la hauteur des besoins des tribunaux, Ă©numĂšrent les syndicats.Â
Avec quatre fois moins de procureurs que la moyenne des pays europĂ©ens, et seulement 64 euros par habitant et par an, les tribunaux assistent Ă une dĂ©gradation de leurs conditions de travail. Pour la procureure adjointe, ce projet tend Ă "limiter considĂ©rablement lâaccĂšs Ă la Justice pour le citoyen".
Les "grands chantiers de la justice auraient nĂ©cessitĂ© une concertation plus aboutie et de vrais Ă©changes avec les organisations syndicales", soutient BĂ©rangĂšre Prudâhomme. Elle note que le projet de rĂ©forme doit ĂȘtre examinĂ© Ă la fin du mois de fĂ©vrier. Une seule concertation est prĂ©vue avant lâentrĂ©e en vigueur de la rĂ©forme le 15 avril.
Laurent Payen, bĂątonnier du Barreau de Saint-Denis a pour sa part dĂ©noncĂ© "un grand chamboulement qui ne tient pas en compte la situation spĂ©cifique des Outres-Mer". Les avocats veulent une justice "plus proche du citoyen et sâoppose Ă la suppression des tribunaux dâarrondissement de Saint-Paul, Saint-BenoĂźt, et Saint-Pierre". La rĂ©forme prĂ©voit Ă©galement "le recours systĂ©matique Ă lâoutil informatique pour les demandes dâaide juridictionnelle", ce qui nâest pas du goĂ»t des membres du Barreau.
"Ă cela sâajoute lâobligation pour tout justiciable dâĂȘtre reprĂ©sentĂ© par un avocat pour tout litige supĂ©rieur Ă 5 000 euros. Ces rĂ©formes iraient Ă lâencontre de lâintĂ©rĂȘt du citoyen modeste" dit encore le bĂątonnier Laurent Payen.
Les manifestants entendent durcir le mouvement si ce projet de rĂ©forme devait ĂȘtre adoptĂ© sans autre forme de procĂšs.
hf/rb/sjb/www.ipreunion.com



