A l'issue de quatre heures de rencontre le vendredi 16 novembre 2012 avec FrĂ©dĂ©ric Van Roekeghem, directeur de la CNAMTS (caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariĂ©s), les principales organisations et rĂ©seaux de biologistes, rĂ©unis au sein de la PEP (plateforme d'exercice professionnel) ont dĂ©cidĂ© d'intensifier leur mobilisation et rappellent leur mot d'ordre Ă l'ensemble des biologistes mĂ©dicaux libĂ©raux de France : arrĂȘt massif des tĂ©lĂ©transmissions des feuilles de soins vers les CPAM (caisses primaires d'assurance maladie) la semaine du 26 novembre prochain. Nous publions ci-dessous leur communiquĂ©.
"Du dialogue aux preuves de dialogue !
Paraphrasant les propos rĂ©cents de Pierre Moscovici, Ministre de lâEconomie et des Finances, les porte-paroles de la PEP sâentendent Ă dire quâ âĂ lâheure actuelle, et aprĂšs 4 heures Ă la CNAMTS, nous constatons quâil nây a pas de rĂ©el dialogue, il nây a que des preuves de dialogue et pas encore de vraie nĂ©gociation. Dans lâattente de celles-ci, nous intensifions donc notre mobilisationâ.
De fait, pour les reprĂ©sentants de la PEP, cet entretien nâa abouti Ă aucune avancĂ©e rĂ©elle et formelle. Les propositions des professionnels sont pourtant connues de longue date : arrĂȘt des baisses de tarifs brutales sur les actes de biologie mĂ©dicale dĂšs 2013, refonte du mode dâencadrement des dĂ©penses du secteur, rĂ©munĂ©ration plus juste des actes au regard de leur coĂ»t de production et augmentation de la place accordĂ©e Ă la maĂźtrise mĂ©dicalisĂ©e des volumes.
Rapidement mobilisables, ces solutions dâĂ©conomie ont dâores et dĂ©jĂ dĂ©montrĂ© leur efficacitĂ© et demandent Ă ĂȘtre poursuivies. AppliquĂ©es aux actes d'exploration thyroĂŻdienne, elles ont engendrĂ© des Ă©conomies de plus de 6,6 millions d'euros entre 2008 et 2009.
âSi le Directeur de la CNAMTS a admis ĂȘtre conscient des difficultĂ©s rencontrĂ©es par nos laboratoires de biologie mĂ©dicale suite Ă la baisse de 2% de leur chiffre dâaffaires lâan dernier et aux baisses du budget de la biologie mĂ©dicale ces 6 derniĂšres annĂ©es, il nâest pas encore question dâun arrĂȘt de ces baisses ni dâune planification concertĂ©e selon un calendrier connu par avanceâ dĂ©clarent les reprĂ©sentants de la PEP.
Une porte ouverte sous la pression, que les biologistes ne laisseront pas se refermer
La premiĂšre vague dâarrĂȘt des tĂ©lĂ©transmissions des feuilles de soins, la fermeture des laboratoires et les 150 000 pĂ©titions signĂ©es par les patients ont permis aux reprĂ©sentants de la profession de rencontrer le Directeur de la CNAMTS.
Toutefois, Ă lâissue de cette premiĂšre rencontre, les autoritĂ©s conventionnelles nâont pas envoyĂ© le signal fort de soutien pourtant attendu par toute la profession. âAujourdâhui, nous continuons dâattendre lâouverture de rĂ©elles nĂ©gociations sur la base de notre revendication : la mise en place dâun contrat quinquennal avec la CNAMTS via une maĂźtrise mĂ©dicalisĂ©e des volumesâ, prĂ©cise un reprĂ©sentant de la PEP.
La CNAMTS a toutefois proposĂ© la poursuite des discussions dĂšs la semaine prochaine. La PEP attendra de ses partenaires conventionnels des propositions concrĂštes et sĂ©rieuses. âCette porte, que FrĂ©dĂ©ric Van Roekeghem vient dâentrouvrir, nous ne la laisserons pas se refermer. Il est donc indispensable de maintenir notre mobilisation et dâamplifier notre mouvement dâarrĂȘt des tĂ©lĂ©transmissions des feuilles de soins et de recueil de soutien des patientsâ.
Pour mĂ©moire, plus de 70% des diagnostics reposent aujourdâhui sur la biologie mĂ©dicale et le maillage territorial que reprĂ©sentent les 3 800 structures. Depuis 2008, sous lâeffet notamment des mesures draconiennes des diffĂ©rentes Lois de finance de la SĂ©curitĂ© sociale (LFSS), les emplois salariĂ©s au sein des laboratoires de biologie mĂ©dicale sont en chute. Lâactuel Projet de Loi de Financement de la SĂ©curitĂ© Sociale entraĂźnera la perte de 8 000 emplois Ă court terme dans le secteur de la biologie mĂ©dicale en France et entraĂźnera la fermeture totale ou partielle de nombreux sites gĂ©nĂ©rant de nouvelles dĂ©sertifications des soins et du diagnostic y compris dans les zones urbaines. Le PLFSS tel quâil est conçu actuellement ne tient donc absolument pas compte de cette nĂ©cessaire proximitĂ©.
De fait, la biologie mĂ©dicale française a dĂ» sâengager Ă marche forcĂ©e vers lâaccrĂ©ditation obligatoire. Lâeffort financier demandĂ© a fragilisĂ© les laboratoires. Les ponctionner lourdement aujourdâhui reviendrait Ă anĂ©antir une profession qui prend soin de 500 000 patients chaque jour et sans qui les retards de diagnostic seraient lĂ©gion avec toutes leurs consĂ©quences humaines et Ă©conomiques Ă venir".
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