Succession à Sudel Fuma

La nomination de l'universitaire nantaise annulée

  • Publié le 22 juin 2017 à 15:57
  • Actualisé le 1 juillet 2020 à 11:47
affaire Sudel Fuma

Ce jeudi 22 juin 2017k, le tribunal administratif a décidé d'annuler la nomination à La Réunion de l'universitaire nantaise Virginie Chaillou-Atrous. Les débats, tenus le 1er juin dernier, ont mis en exergue "dysfonctionnements et irrégularités" dans la procédure de recrutement de la métropolitaine. L'Université devra organiser un nouveau concours pour la nomination d'un successeur au poste de maître de conférence, laissé vacant après le décès de l'historien Sudel Fuma. (Photo d'illustration - Fin des débats au tribunal administratif le 1er juin 2017)

Le Crefom Réunion, a plaidé lors des débats le vice de forme dans la procédure de recrutement et l'absence de quorum lors des réunions du comité de sélection, ce qui aurait avantagé la Nantaise, lésant, selon le conseil, le candidat réunionnais à la succession de l'historien. Cette question avait relancé les polémiques sur la préférence régionale. Virginie Chaillou-Atrous, avant de son côté soulignait son intêret profond pour La Réunion, justifiant sa nomination. Le Crefom se félicite de cette "décision qui honore la justice". Nous publions leur communiqué dans son intégralité ci-dessous.

"Le Tribunal administratif de La Réunion par décision du 22 juin 2017, vient d’annuler la délibération du conseil d’administration de l’Université de La Réunion du 26 mai 2016 pour irrégularités de la procédure de recrutement sur le poste MCF Histoire laissé vacant par feu le professeur Sudel FUMA.

Cette décision donne raison au Crefom, à des historiens de l’Université de La Réunion et à l’un des candidats lésé.

Pour mémoire il convient de se rappeler que la saisine du Tribunal Administratif est intervenue après plusieurs tentatives amiables auprès des autorités de tutelle afin d’obtenir l’annulation de la procédure de recrutement entachée d’irrégularités. En effet, dès le 11 mai 2016 le Crefom Réunion, informé par des historiens de l’Université de La Réunion des vices de procédure constatés dans la mise en place du comité de sélection mandaté pour assurer le déroulement du concours de recrutement avait écrit au président de l’Université d’alors M. Mohamed Rochdi pour appeler l’attention de celui-ci sur ces irrégularités.

Nous lui indiquions notamment que "Si sur le plan éthique et déontologique cette proposition de recrutement questionne. Sur le plan du droit, des interrogations demeurent également à propos du quorum, de la quotité homme femme au sein du jury, de la non présence de quatre membres à chaque étape de la procédure….. Il n’est donc pas exclu qu’un recours administratif vienne encore une fois entacher l’image d’une institution qui se passerait bien d’une nouvelle vague de mauvaise publicité".

Le Crefom avait alors demandé "de surseoir à la proposition de nomination et de procéder à l’annulation du concours qui serait alors reconduit dans une démarche transparente et plus respectueuse des choix exprimés par les spécialistes de la discipline."

La sollicitation des autorités de contrôle de la légalité tant locales que nationales n’ayant apporté aucune réponse positive, les requérants n’ont pas eu d’autre solution que de saisir le Tribunal Administratif aux fins de constatations des irrégularités.

C’est chose faite, par décision en date du 22 juin 2017 le Tribunal Administratif annule la délibération du 26 mai 2016 du conseil d’administration de l’Université de La Réunion retenant les arguments des requérants et du rapporteur public.

Il a notamment été fait mention de l’absence de quorum, qui dès le départ avait vicié l’ensemble de la procédure, comme irrégularité majeure à l’origine de la décision.

Une décision qui honore la justice au moment où la moralisation de la vie publique est à l’ordre du jour et qui devrait contribuer, nous en sommes convaincus, à mettre un frein aux agissements de ceux qui confondent encore la mission qui leur est confiée dans une démocratie représentative avec le pouvoir autocratique.

Une page est tournée dont personne n’a à se glorifier. Le CREFOM qui, rappelons-le, a pris l’engagement de défendre les intérêts des Français d’outre-mer quels qu’ils soient, n’a fait que son devoir. L’accuser de créolisation, de localisme, de racisme… est le fait de ceux qui entendent encore et toujours exclure la compétence locale de la sphère des responsabilités et des centres de décision."

Richel Sacri, Délégué Régional-Crefom Réunion

 

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3 Commentaires
Horus7777
Horus7777
8 ans

La préférence péi... c'est pas un slogan de l'extrême-droite ça ?

Candide
Candide
8 ans

Et dans le même temps, on est ravi d'apprendre que le réunionnais IP gère parfaitement la CCIR. Vive la préférence régionale car être réunionnais est un gage de qualité.

Partisan
Partisan
8 ans

Cet article est partisan. Pourquoi accorder autant de place au CREFOM qui prétend donner des leçons de moralisation de la vie publique alors que ce sont des nantis (et non Nantais!) qui profitent de la surprime? Pourquoi ne pas expliquer aux Reunionnais que la plainte du CREFOM et des 4 universitaires a été rejetée par le TA??? C'est à lire sur le site du TA pourtant!
Pourquoi continuer à parler de "La Nantaise"! C'est parfaitement scandaleux.
Enfin, faire dire au juge que le vice de procédure a "avantagé la Nantaise" est un mensonge. Relisez les conclusions du TA. La démission des 4 universitaires la veille du concours a entrainé la présence de 4 personnes à Bordeaux et non à Saint-Denis... Cela n'avantage personne. Les candidats n'y sont pour rien et le juge ne s'est pas prononcé sur le résultat même du concours!
J'espère qu'IMAZ press va urgemment rectifier cet article....