La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) "lance un cri d'alarme" sur les difficultés rencontrées par les transporteurs routiers en cette période de crise. Augmentation des prix du carburant, "non respect du protocole d'accord signé suite aux blocages de novembre 2008" ou relance timide de la commande publique, autant de signes d'inquiétudes pour les membres de la Fédération. Ce constat établi, Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR, souhaite que "les politiques, le préfet et les professionnels du secteur travaillent ensemble pour trouver une solution". Pas question de bloquer les routes pour l'instant. "Nous avons changé notre façon d'agir", assure le responsable du collectif.
C'est entourĂ© des nouveaux membres du bureau de la FNTR que Jean-Bernard Caroupaye s'est prĂ©sentĂ© en confĂ©rence de presse ce jeudi 22 juillet 2010. Au menu, la prĂ©sentation de ce nouveau bureau mais surtout des revendications de la FĂ©dĂ©ration. "Nous avons prĂ©fĂ©rĂ© attendre que la nouvelle majoritĂ© au conseil rĂ©gional soit installĂ©e pour faire part de nos demandes", indique le prĂ©sident du collectif. C'est dĂ©sormais chose faite prĂšs de 4 mois aprĂšs l'Ă©lection de Didier Robert Ă la tĂȘte de la RĂ©gion."La situation est grave", lance Jean-Bernard Caroupaye qui rappelle que "les transporteurs routiers sont touchĂ©s de plein fouet par la crise Ă©conomique". "On nous promettait une relance de l'activitĂ© au 1er semestre 2010. Nous sommes dĂ©jĂ au second semestre et personne n'est capable de nous dire quelles sont les perspectives", affirme t-il. "Nous voulons juste travailler", ajoute le prĂ©sident de la FNTR.
Du travail que les transporteurs ne trouvent pas., ce qui les oblige Ă licencier voire mĂȘme Ă mettre la clef sous la porte. "Plus de 150 sociĂ©tĂ©s ont Ă©tĂ© fermĂ©es ces 3 derniĂšres annĂ©es", insiste Jean-Bernard Caroupaye. "Et ça ne va pas s'arrĂȘter", prĂ©dit-il.
Pourtant, les transporteurs routiers étaient optimistes en novembre 2008, aprÚs une semaine de blocage du réseau routier. Un protocole d'accord sur la mise en place de "mesures d'urgence" avait été signé entre les syndicats, l'Etat et les collectivités locales. Il prévoyait notamment la mise en place d'un "gasoil professionnel", le respect du "principe de prix de référence", la relance de la commande publique ou encore "la transparence sur la formation des prix du carburant".
PrÚs d'1 an et demi aprÚs "rien n'a été fait", déplore Jean-Bernard Caroupaye. "Nous avons levé le blocage des routes en faisant confiance aux politiques et on nous a menti", dénonce t-il. "Malgré cela, nous avons continué à croire, pensant que la situation allait évoluer", continue t-il.
Pour le responsable de la FNTR, l'arrivĂ©e de Didier Robert Ă la tĂȘte de la RĂ©gion n' "a rien changĂ©". "Il parle de plan de relance exceptionnel. Nous savons ce qu'est un marchĂ© public et le temps nĂ©cessaire pour le mettre en place. Son plan de relance ne se concrĂ©tisera que dans 3 ou 4 ans. Peut-on encore attendre toutes ces annĂ©es pour espĂ©rer sortir la tĂȘte de l'eau ?", s'interroge le prĂ©sident du collectif. MĂȘme critique contre la route du littoral : "Il lance le projet avec de nouvelles donnĂ©es (ndlr : 6 voies). Il doit donc tout recommencer. Je ne pense pas que ce chantier dĂ©marrera dans les 3 ou 4 prochaines annĂ©es", affirme t-il.
Autre sujet qui provoque la colÚre des transporteurs, les derniÚres hausses successives des prix des carburants. "Les pétroliers engrangent des milliards pendant que les Réunionnais trinquent", fustige Jean-Bernard Caroupaye. "Il faut que le préfet lance une étude sur les prix de revient du carburant", suggÚre t-il.
La FNTR demande également "une adaptation au niveau local de la réglementation européenne sur les pauses obligatoires". En effet, selon cette réglementation, les transporteurs doivent respecter des pauses de 45 minutes aprÚs 4 heures de conduite. "Ce texte n'est pas adapté au contexte particulier de La Réunion", signale le représentant du collectif qui rappelle "qu'il n'y a pas d'aires de repos adaptées aux camions à La Réunion". "Nous devons donc stationner dans des lieux qui ne sont pas appropriés et nous sommes donc souvent verbalisés", ajoute t-il.
Toutes ces raisons provoquent donc le mécontentement des transporteurs. Ils souhaitent désormais "demander des comptes" aux politiques et au préfet. Pour ce faire, "nous leur adresserons un courrier pour les rencontrer et trouver des solutions", indique Jean-Bernard Caroupaye. "Nous avons changé notre façon d'agir. Nous voulons travailler en partenariat avec tout le monde pour sortir de la crise", termine t-il.
Mounice Najafaly pour
