Dans un peu moins de quatre mois, le 6 novembre 2022, le skipper Réunionnais Victor Jost va s'élancer de Saint-Malo pour la mythique et bien connue course en voile de la Route du Rhum. Une course en solitaire que le jeune homme de 26 ans n'a pas peur d'affronter. Avant le grand départ pour plusieurs semaines seul à bord de son navire, il nous raconte sa passion pour le milieu de la voile. (Photos : Victor Jost)
NĂ© Ă La RĂ©union oĂč il a commencĂ© la voile, Victor quitte son Ăźle natale Ă 18 ans pour suivre des Ă©tudes dâingĂ©nieur en GĂ©nie MĂ©canique Ă lâĂ©cole Polytechnique FĂ©dĂ©rale de Lausanne (Suisse). En parallĂšle de ses Ă©tudes, Victor regarde toujours dâun Ćil avisĂ© les courses au large. "Je trouve ça incroyable ces courses autour du monde", dit-il. "Jâai toujours Ă©tĂ© passionnĂ© de voile, câest mon pĂšre qui mâa initiĂ© et mâa fait faire avec lui la traversĂ©e jusquâĂ Maurice", ajoute le jeune skipper. Â
En 2019, alors quâil travaille dans lâhorlogerie Ă GenĂšve, Victor Jost nâabandonne pas son rĂȘve dâenfant, qui est de participer Ă une saison de course au large. "Avec mon meilleur ami, on construit le projet de participer Ă la Transat Jacques Vabre, une course transatlantique assez rĂ©putĂ©e." Il prĂ©cise, "on construit ce projet, on nâa pas de bateau, pas de sponsors mais on a trĂšs envie". En juillet 2020, lâĂ©quipe rĂ©cupĂšre un bateau de catĂ©gorie Class 40. Il sâagit lĂ dâune classe de voilier monocoque hauturier de course et de croisiĂšre, dont la largeur est de 40 pieds, soit 12,18 mĂštres. Si sa passion pour la voile prend de la place, Victor Jost travaille toujours Ă GenĂšve et fait chaque week-end les allers-retours jusquâĂ Lorient pour sâentraĂźner.
- Victor se lance pour la transat Jacques Vabre -
Quelques mois aprÚs, Victor et son acolyte se lancent enfin. Mais avant de participer à la transat Jacques Vabre, les deux skippers doivent impérativement faire la saison de course pour se qualifier. "On a fait la Normandy Channel Race en 2021 qui nous a qualifié pour la transat Jacques Vabre", explique Victor Jost.
Les amoureux de la mer partent donc du Havre Ă bord de leur navire pour cette course transatlantique qui, en 2021, arrivait en Martinique. Ils terminent 28Ăšme. Suite Ă cette aventure, lâenvie dây retourner est plus forte que jamais. "CâĂ©tait la premiĂšre course au large que je faisais et jâai trouvĂ© ça fou", explique Victor Jost. De lĂ , le RĂ©unionnais dĂ©cide de sâinvestir Ă plein temps dans sa passion. "JâarrĂȘte le travail dans lâhorlogerie et jâessaie de me consacrer Ă mon nouveau projet, la Route du Rhum."
Pour concrĂ©tiser cela, Victor a un souhait, fĂ©dĂ©rer les entreprises rĂ©unionnaises et porter haut et fort les couleurs de son Ăźle. "Lâimage rĂ©unionnaise avait bien pris sur les pontons. Tout le monde sâintĂ©ressait", dit-il. La premiĂšre entreprise Ă adhĂ©rer Ă son projet est le Groupe CRC. Suivent aprĂšs dâautres groupes comme Alter Ego, Picard, McDonalds, Chevillard et One 2 One.
Grùce à ses soutiens, Victor monte sa propre entreprise et récupÚre un nouveau bateau, de catégorie Class 40.
- La Normandy Channe Race, sa premiÚre traversée en solitaire -
Victor avance tout doucement vers son projet de Route du Rhum, une course en solitaire. Mais avant de sâattaquer Ă cette course mythique, le RĂ©unionnais doit se qualifier. Pour ce faire, il participe Ă sa premiĂšre course en solitaire, la Drheam Cup.
Cette course de 1.850 kilomĂštres se fait au dĂ©part de Cherbourg. Objectif : traverser la Manche sans escale, tout en passant par l'Irlande et ensuite en redescendant vers La Rochelle. Victor Jost est arrivĂ© au bout de son Ă©popĂ©e, aprĂšs quatre jours et seize heures en mer. "Au niveau performances je nâavais pas dâambition", explique le skipper. "CâĂ©tait ma premiĂšre course en solo et je nâavais pas eu le temps de bien mâentraĂźner", ajoute-t-il. "Jâai rĂ©cupĂ©rĂ© le bateau, l'ai mis Ă lâeau en juin et la course Ă©tait dĂ©but juillet."
Avant de prendre la mer, Victor Jost avait une apprĂ©hension, "celle de prendre la mer seule car je me demandais comment cela allait se passer". Et en fait, au final, "jâai pris mon pied". Mais traverser la Manche seul nâĂ©tait-ce pas trop long ? "Non", nous rĂ©pond Victor. "On a tout le temps des choses Ă faire, on doit changer les voiles, passer du temps sur lâordinateur pour regarder la mĂ©tĂ©o, voir quel parcours est le plus rapide, tout en sachant que parfois et mĂȘme souvent le chemin le plus court nâest pas celui qui est le mieux", explique le skipper. "Il y a beaucoup de stratĂ©gie Ă mettre en place." Et dĂšs lors que câest plus calme, Victor Jost en profite pour se restaurer, se reposer, et appeler ses proches. Mais attention, il le prĂ©cise, "quand on est en solitaire on nâa pas le droit dâavoir de lâassistance mĂ©tĂ©o". Toutefois, "si un problĂšme technique survient, on a le droit dâavoir de lâassistance".
Sâil devait raconter sa course en quelques mots il dirait, "sur la course petit Ă petit je me sentais mieux et au final jâai terminĂ© la course et vraiment, jâaurais pu durer plus longtemps".
- La Route du Rhum, un rĂȘve qui se concrĂ©tise -
AprĂšs cette course qualificative, Victor Jost se prĂ©pare dĂ©sormais Ă la mythique Route du Rhum. "Cela fait 44 ans quâelle existe", dit-il. "Câest la course transatlantique la plus cĂ©lĂšbre dans le milieu de la course au large", ajoute le RĂ©unionnais. Cette annĂ©e, la course de 6.500 kilomĂštres part de Saint-Malo pour aller jusquâĂ Pointe-Ă -Pitres en Guadeloupe. 138 skippers seront au dĂ©part. Dans sa catĂ©gorie, la Class 40, Victor affrontera 55 autres concurrents. Une course qui va durer prĂšs de quinze jours.
Pour affronter lâocĂ©an parfois capricieux de lâAtlantique, Victor se prĂ©parer. "Je mâentraĂźne Ă la navigation, je recherche les partenaires, je prĂ©pare le bateau." AprĂšs ces prĂ©parations techniques, le marin doit sâassurer de ne rien oublier Ă bord. "Il y a dâabord la nourriture, avec des sacs lyophilisĂ©s car Ă bord on nâa pas de cuisine mais seulement une petite bouilloire, aprĂšs on prĂ©voit lâeau", explique-t-il. Et ce, mĂȘme si le skipper est Ă©quipĂ© dâun dĂ©salinisateur. Autre point trĂšs important, le matĂ©riel. "On fait une analyse des piĂšces susceptibles de casser et dans ce cas on prĂ©voit du matĂ©riel de secours pour ĂȘtre en mesure de rĂ©parer en mer", indique Victor Jost.
En amont de la course, Victor sâentoure Ă©galement dâun mĂ©tĂ©orologue afin "dâavoir de bons conseils pour le meilleur chemin Ă prendre et pour connaĂźtre les conditions en mer". Car il le sait, cette course mythique peut ĂȘtre dangereuse. "La premiĂšre partie dans la Manche est un peu stressante car les bateaux sont serrĂ©s, il y a des cargos, des pĂȘcheurs, Ă©normĂ©ment de courant. Câest une zone oĂč on ne dort pas car câest trop dangereux et tout le monde est excitĂ© par le dĂ©but de la course", souligne le skipper. Une fois cela passĂ©, "on a la traversĂ©e du Golfe de Gascogne et Ă 90% on est sĂ»r quâon va passer une dĂ©pression. Ce qui veut dire beaucoup de vents, de pluies, de nuages et de mer". Victor poursuit, "on longe le Portugal et Ă cet endroit il y a les alizĂ©s et le vent nous pousse jusquâĂ lâarrivĂ©e". "Câest la partie la plus agrĂ©able", ajoute-t-il.
Cette Route du Rhum, mĂȘme sâil est trĂšs enthousiaste Ă lâidĂ©e de la faire, laisse apparaĂźtre quelques craintes. "Mon objectif est de terminer la course, et cela serait super mais on sait quâen mĂ©canique tout peut arriver", dit-il. "AprĂšs, je vais partir trois semaines seule dans un monocoque, donc jây pense et jâespĂšre que tout va bien se passer", conclut Victor, le skipper RĂ©unionnais.
Lâaventure solitaire de Victor Jost lors de la Route du Rhum dĂ©marrera le 6 novembre 2022. Pour suivre son Ă©popĂ©e Ă bord du bateau "Caisses RĂ©unionnaises ComplĂ©mentaires", rendez-vous sur sa page Facebook ou son compte Instagram.
ma.m/www.ipreunion.com/[email protected]







Super et bravo pour la Réunion ''