Quand les blocages routiers bloquent pour de bon

Salaires, obligation de soins, prix en hausse : que dit la loi ?

  • PubliĂ© le 27 novembre 2018 Ă  02:59
  • ActualisĂ© le 27 novembre 2018 Ă  13:16
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Transports en commun perturbés, barrages filtrants voire bloquants : la manifestation des gilets jaunes entraßne son lot de galÚres pour de nombreux salariés qui ne peuvent aller travailler et craignent pour leur salaire en fin de mois, pour des particuliers ùgés ou/et handicapés ayant besoin d'aide qui ne voient pas arriver leurs soignants, pour les commerçants qui perdent un indispensable chiffre d'affaire et se disent contraints d'augmenter leurs prix. La loi, en matiÚre de salaire, d'obligation de soins et d'augmentation des prix est trÚs claire. Imaz Press fait le point.

Bloqué par les barrages, serai-je payé ?

Les blocages routiers ne sont pas une cause majeure d’absence, tel qu’un cyclone. Pourtant, dans la rĂ©alitĂ©, cela peut tout autant empĂȘcher un salariĂ© de se rendre Ă  son boulot. Mais la loi, c’est la loi


L'entreprise dĂ©cide de stopper l'activitĂ© Si l’entreprise dĂ©cide d’elle-mĂȘme de fermer, le salariĂ© sera payĂ©... en principe. Soit parce que l'entreprise demande que les salariĂ©s utilisent leurs RTT ou congĂ©s payĂ©s pendant les quelques jours de fermeture. Soit la fermeture dure et l'entreprise entreprend une dĂ©marche de mise en "activitĂ© partielle" (nouveau nom du chĂŽmage technique) qui permet au salariĂ© d'ĂȘtre payĂ© Ă  minima.

Selon la nouvelle loi de sĂ©curisation de l'emploi, l’employeur doit verser au titre des heures non travaillĂ©es une indemnitĂ© minimale, calculĂ©e sur la base du salaire brut habituel des salariĂ©s concernĂ©s. L’indemnitĂ© horaire est ainsi Ă©gale Ă  70% de la rĂ©munĂ©ration horaire brute du salariĂ©. Compte tenu de l’exonĂ©ration de certaines charges sociales, cela permet au salariĂ© de toucher au final une indemnitĂ© correspondante Ă  84% de son salaire net habituel. Une convention collective ou un accord d’entreprise peut mĂȘme prĂ©voir une indemnitĂ© calculĂ©e selon une formule plus favorable pour le salariĂ©. Tout dĂ©pend de l'importance de l'entreprise et des accords conventionnels.

Les salariĂ©s en chĂŽmage partiel  perçoivent une allocation, spĂ©cifique ou complĂ©mentaire, versĂ©e par l'employeur et partiellement compensĂ©e par PĂŽle Emploi. Selon Droits-finances : "Dans tous les cas, l'employeur doit assurer au salariĂ© en activitĂ© partielle une rĂ©munĂ©ration totale au moins Ă©gale au smic. Il peut donc ĂȘtre amenĂ© Ă  verser une allocation complĂ©mentaire "Ă  ses frais"".

Les heures non travaillées en deçà de la durée légale sont indemnisées par l'employeur, et compensées par l'Etat. La compensation par l'Etat est plafonnée à 1 000 heures par an et par salarié. Le salarié peut également percevoir une allocation complémentaire, à la charge de son employeur, dont le montant est fixé dans la convention collective.

A savoir : les indemnitĂ©s perçues au titre du chĂŽmage partiel sont considĂ©rĂ©es comme un Ă©lĂ©ment du salaire. Elles entrent donc dans l'assiette de calcul des primes, du treiziĂšme mois, des primes d'anciennetĂ© et de toutes les majorations habituelles de la rĂ©munĂ©ration.  De mĂȘme, les heures chĂŽmĂ©es et indemnisĂ©es sont comptabilisĂ©es dans le calcul des droits Ă  la retraite. En revanche, les heures de chĂŽmage partiel ne sont pas assimilĂ©es Ă  des heures de travail effectif.Elles ne sont pas donc prises en compte pour le calcul des congĂ©s payĂ©s ou de l'indemnitĂ© de congĂ©s payĂ©s.

L'entreprise poursuit son activitĂ© Mais si l’entreprise est ouverte et que le salariĂ© ne peut s’y rendre, alors c’est plus compliquĂ©. En effet, le salariĂ© est payĂ© pour un travail effectuĂ©. S’il ne peut l’effectuer et que ce n’est pas du fait de l’entreprise, il n’est pas rĂ©munĂ©rĂ©, perd ses droits Ă  tickets resto et Ă  congĂ©s payĂ©s sur le laps de temps oĂč il est absent

La solution consiste souvent Ă  poser des jours de RTT ou de congĂ©s payĂ©s, en concertation avec l'employeur. Mais quand le conflit dure, ça peut ĂȘtre frustrant de se voir sucrer son temps de congĂ© choisi. Autre solution, quand cela est possible, ce qui n'est pas le cas de toutes les professions, et avec l'accord de l'employeur : recourir au tĂ©lĂ©travail.

Certaines conventions collectives prĂ©cisent les modalitĂ©s de la rĂ©munĂ©ration en cas d’impossibilitĂ© de se rendre au travail. A consulter donc. Mais ne pas oublier que la rĂšgle numĂ©ro 1, quand on est bloquĂ© dans les embouteillages provoquĂ©s par des barrages, c’est de prĂ©venir son entreprise au plus tĂŽt. Ne pas prĂ©venir, mĂȘme si la cause du retard ou de l’absence semble tomber sous le sens, tomberait sous le coup de la faute.

Personnes ùgées ou handicapées isolées

Lorsque la personne dĂ©pendante est connue et suivie par un service social pour un besoin de soin et d’assistance, c’est Ă  ce service social d’organiser la permanence des soins malgrĂ© le blocage. MĂȘme quand les CCAS sont fermĂ©s, il existe une permanence d’astreinte. En cas de totale impossibilitĂ© Ă  assister cette personne Ă  son domicile, la personne dĂ©pendante sera hospitalisĂ©e le temps que le blocage soit levĂ©.

Plus problĂ©matique est la situation de la personne dĂ©pendante non suivie par un service social. Si sa famille ne peut momentanĂ©ment plus lui venir en aide du fait des barrages et de l’arrĂȘt des transports collectifs, il faut qu’elle demande elle-mĂȘme Ă  ĂȘtre hospitalisĂ©e, ce que peu de gramounes acceptent volontiers. La famille n’a pas le droit de le demander Ă  sa place, sinon Ă  demander en urgence au tribunal un placement d’office.

Mais avant d’en arriver Ă  des cas aussi extrĂȘmes, la solidaritĂ© collective peut remplacer la famille. Le voisinage, les connaissances Ă  proximitĂ© et motorisĂ©es, pouvant assurer le ravitaillement, dresser la bassine d’eau pour le toutou de compagnie et Ă©changer quelques mots avec la gramoune chaque jour... rappelons que le Code pĂ©nal (article 223-6) sanctionne la non-assistance Ă  personne en danger. Nous sommes donc tous responsables des personnes dĂ©pendantes dont nous connaissons la situation critique.

Autre solution si vous en avez les moyens, contacter une entreprise d'aide à la personne qui assure l'assistance aux seniors. Mais cette entreprise, qui n'est pas un service médical, n'a aucune obligation d'accepter ce contrat si elle ne peut l'assurer.

Le plus sage Ă©tant de toute façon de faire un signalement d’isolement au CCAS de la commune dont dĂ©pend la personne dĂ©pendante, Ă  la PMI du secteur, aux services du Conseil dĂ©partemental qui sont en charge de la dĂ©pendance, tout en activant son propre rĂ©seau de connaissances pour que la personne ĂągĂ©e ou/et handicapĂ©e ne reste pas isolĂ©e et sans ressources.

Les prix des aliments qui augmentent d’un jour à l’autre

Si vous constatez que le prix des tomates ou des courgettes augmente du simple au double sur l'Ă©tal d'un maraĂźcher, vous ne pouvez rien n'y changer, c'est lĂ©gal. Ou du moins, ce n'est pas inĂ©gal. En effet, les prix - en dehors du carburant et des mĂ©dicaments remboursĂ©s par l'assurance maladie - sont libres en France. Seule interdiction, vendre Ă  perte ou augmenter les prix quinze jours avant les soldes ou encore convenir d'un prix Ă  la tĂȘte du client.

Alors les courgettes à 13 euros le kilo alors que la veille, elles étaient à 5,95 euros, c'est fùcheux... surtout pour le maraßcher qui aura du mal à les écouler. Car la seule réponse sage consiste à passer son chemin et à trouver moins cher ailleurs. Le meilleur moyen pour faire baisser les prix, selon le principe de l'offre et de la demande.

ml/www.ipreunion.com

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