Les professionnels du port de Saint-Gilles se sont rĂ©unis ce mercredi 11 avril 2018 pour dĂ©noncer les difficultĂ©s qu'ils rencontrent face Ă "une gestion calamiteuse du port". AprĂšs une rĂ©union avec la direction du port vendredi dernier "qui a laissĂ© les professionnels sans rĂ©ponse, ni solution", ces derniers se sont rĂ©unis en collectif sous l'Ă©gide du prĂ©sident de l'association des amodiataires du port de Saint-Gilles Guyllin Moutama. Les pĂȘcheurs professionnels, les gĂ©rants d'Ă©coles de plongĂ©e et les commerçants du port de Saint-Gilles ont pris l'initiative de s'unir pour sauver une structure "qui prend l'eau". Ils rĂ©clament des travaux de sĂ©curisation, une reconduction des (autorisation d'occupation temporaire (AOT), l'amĂ©lioration des Ă©quipements du port mais surtout "plus de transparence sur sa gestion". Face "Ă l'absence de rĂ©ponse de la chambre des commerces et d'industrie de, La RĂ©union" sur leurs revendications, ils demandent au prĂ©sident de la CCI, Ibrahim Patel de "prendre ses responsabilitĂ©s " et attendent la dĂ©mission de l'actuel directeur du port.
Un port en dĂ©labrement. Câest le sentiment partagĂ© par ces pĂ©cheurs, commerçants et autres gĂ©rants dâĂ©cole de plongĂ©e qui, depuis plusieurs annĂ©es "tirent la sonnette dâalarme" sur lâĂ©tat du port de Saint-Gilles. Pontons cassĂ©s, quais qui sâaffaissent, planches pourries, locaux qui prennent lâeau, absence dâĂ©quipement adĂ©quat, le tableau que dressent les professionnels de la mer sur leur outil de travail est peu reluisant. RĂ©unis en collectif, ils rĂ©clament des travaux dâurgence mais aussi une modernisation dâune structure vieillissante qui est pourtant un fleuron de lâĂ©conomie rĂ©unionnaise.
 - Une gestion "calamiteuse" du port de Saint-Gilles -
Lâincertitude est le sentiment qui gagne les professionnels du port de Saint-Gilles. Ils rĂ©clament une meilleure gestion du port. Pour ce faire, ils attendent que le prĂ©sident de la CCI, Ibrahim Patel "prennent ses responsabilitĂ©s". Au vu de la gestion "calamiteuse" du port, ces professionnels rĂ©clament la dĂ©mission de lâactuel directeur. Pour Guyllin Moutama, prĂ©sident de l'association des amodiatiares du port,"depuis un an, câest comme une petite dictature, oĂč lâhumain nâest pas prĂ©sent". Plusieurs griefs sont reprochĂ©s au directeur. Guyllin Moutama se souvient "Ă la derniĂšre rĂ©union, il a dit que pour lui, la pĂȘche professionnelle ce nâest pas sa priorité ". Il assure "des courriers ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă toutes les autoritĂ©s et on est toujours sans rĂ©ponse, aujourdâhui on attend un geste fort dâIbrahim Patel".
Ces professionnels rĂ©clament, avant tout, la sĂ©curitĂ© notamment concernant lâensablement du port et les infiltrations que subissent les bĂątiments qui tombent en ruine.
Symbole "de la mauvaise gestion du port" disent-ils, le non renouvellement des autorisations dâoccupation temporaire est une source dâinquiĂ©tude pour les commerçants. BenoĂźt Doki-Thonon, gĂ©rant de lâĂ©cole de plongĂ©e "O Sea Bleu " estime quâil nây a pas de visibilitĂ© sur les AOT. " La CCI nâa pas reconduit les autorisations des structures du port de Saint-Gilles depuis le 31 dĂ©cembre 2017 "dĂ©clare-t-il. Pour lui, câest une difficultĂ© car "la banque ne peut pas nous accorder de prĂȘt puisquâon nâa pas de garantie dâoccupation des lieux. Il est donc difficile de dĂ©velopper la structure ".
Lâabsence dâAOT pose aussi des problĂšmes dâassurance. BenoĂźt Doki-Thonon poursuit "Ă chaque pluie, jâai des infiltrations dâeau et mon local est inondĂ©. Les travaux nâont pas Ă©tĂ© fait par la CCIR. Du coup, jâai perdu du matĂ©riel Ă©lectrique et je ne peux pas bĂ©nĂ©ficier dâune assurance pour ces pertes ". Les AOT nâont pas Ă©tĂ© renouvelĂ©s, et pourtant on continue de payer les factures ", ajoute-t-il. Ces professionnels, souhaitent que les autorisations dâoccupation temporaire soient dĂ©livrĂ©es en partenariat avec le TCO qui a aussi une part de responsabilitĂ© dans la gestion du port de plaisance.
- Et pourtant, le port gagne de lâargent â
Christophe Pottier, reprĂ©sentant des structures commerciales de la fĂ©dĂ©ration française de plongĂ©e interroge "oĂč est passĂ© lâargent ?". Il explique quâĂ la derniĂšre rĂ©union portuaire, un bilan leur a Ă©tĂ© remis. Le dĂ©tail de ce bilan indique que le port de Saint-Gilles a gĂ©nĂ©rĂ© 1, 6 million dâeuros de chiffre dâaffaire avec un rĂ©sultat net de 340 000 euros. Christophe Pottier dĂ©clare "sur ces 340 000 on ne nous donne que 73 000 euros pour faire des travaux ".
Les professionnels du Port De #SaintGilles mécontents pic.twitter.com/rPoJ0Hr3fx
â Imaz Press RĂ©union (@ipreunion) 11 avril 2018
Ces travaux "promis depuis longtemps nâont jamais Ă©tĂ© faits". Les professionnels du port de Saint-Gilles rĂ©clament des travaux de sĂ©curisation des pontons, des bornes Ă©lectriques et des quais pour accueillir le public. Selon Christophe Pottier "mĂȘme le prĂ©sident du TCO a rĂ©clamĂ© ces travaux".
Les pĂ©cheurs, eux, dĂ©plorent le manque dâĂ©quipements du port de Saint-Gilles. Inquiets pour leur filiĂšre, ils doivent en plus sâaccommoder des problĂšmes de sĂ©curitĂ© et de lâabsence de matĂ©riel moderne indispensable dans le mĂ©tier.
Nicolas Hibon, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du comitĂ© rĂ©gional des pĂȘches souligne "câest un port dĂ©laissĂ©". Il Ă©voque les difficultĂ©s des professionnels de la pĂȘche Ă exercer correctement leur mĂ©tier "quand un pĂȘcheur arrive Ă 2 heures du matin et quâil doit transporter son poisson jusquâĂ son vĂ©hicule garĂ© Ă lâautre bout du port, câest un vrai problĂšme". Il poursuit " le port nâa mĂȘme pas de niche Ă glace, les pĂȘcheurs sont obligĂ©s de se rendre au Port ou Ă lâEtang SalĂ© en bateau pour aller chercher de la glace. Il nây a pas non plus de mĂąt de levage pour le poisson". Toutes ces difficultĂ©s ne font quâaccroĂźtre le sentiment que la pĂȘche professionnelle est dĂ©laissĂ©e au profit de la pĂȘche de plaisance. Pourtant, assure Nicolas Hibon "ce sont ces professionnels de la pĂȘche qui remplissent les caisses du port de Saint-Gilles".
Pour Guyllin Moutama, le prĂ©sident de lâassociation des amodiataires du port de Saint-Gilles, "cette affaire va faire plus de bruit que celle des paillotes de lâHermitage ". Il rappelle que le port de Saint-Gilles est une piĂšce maĂźtresse dans lâĂ©conomie de Saint-Paul et plus largement de lâĂźle. Si la CCIR ne met pas dâargent dans le port, il est prĂȘt " à aller plus loin ".
La chambre de commerce et d'industrie n'a pas encore réagi à ces mises en cause.
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