[VIDEOS] Grogne au port de Saint-Gilles

Les professionnels de la mer inquiets pour leur outil de travail

  • PubliĂ© le 12 avril 2018 Ă  10:30
  • ActualisĂ© le 12 avril 2018 Ă  10:33
PĂȘche

Les professionnels du port de Saint-Gilles se sont rĂ©unis ce mercredi 11 avril 2018 pour dĂ©noncer les difficultĂ©s qu'ils rencontrent face Ă  "une gestion calamiteuse du port". AprĂšs une rĂ©union avec la direction du port vendredi dernier "qui a laissĂ© les professionnels sans rĂ©ponse, ni solution", ces derniers se sont rĂ©unis en collectif sous l'Ă©gide du prĂ©sident de l'association des amodiataires du port de Saint-Gilles Guyllin Moutama. Les pĂȘcheurs professionnels, les gĂ©rants d'Ă©coles de plongĂ©e et les commerçants du port de Saint-Gilles ont pris l'initiative de s'unir pour sauver une structure "qui prend l'eau". Ils rĂ©clament des travaux de sĂ©curisation, une reconduction des (autorisation d'occupation temporaire (AOT), l'amĂ©lioration des Ă©quipements du port mais surtout "plus de transparence sur sa gestion". Face "Ă  l'absence de rĂ©ponse de la chambre des commerces et d'industrie de, La RĂ©union" sur leurs revendications, ils demandent au prĂ©sident de la CCI, Ibrahim Patel de "prendre ses responsabilitĂ©s " et attendent la dĂ©mission de l'actuel directeur du port.

Un port en dĂ©labrement. C’est le sentiment partagĂ© par ces pĂ©cheurs, commerçants et autres gĂ©rants d’école de plongĂ©e qui, depuis plusieurs annĂ©es "tirent la sonnette d’alarme" sur l’état du port de Saint-Gilles. Pontons cassĂ©s, quais qui s’affaissent, planches pourries, locaux qui prennent l’eau, absence d’équipement adĂ©quat, le tableau que dressent les professionnels de la mer sur leur outil de travail est peu reluisant. RĂ©unis en collectif, ils rĂ©clament des travaux d’urgence mais aussi une modernisation d’une structure vieillissante qui est pourtant un fleuron de l’économie rĂ©unionnaise.

 - Une gestion "calamiteuse" du port de Saint-Gilles -

L’incertitude est le sentiment qui gagne les professionnels du port de Saint-Gilles. Ils rĂ©clament une meilleure gestion du port. Pour ce faire, ils attendent que le prĂ©sident de la CCI, Ibrahim Patel "prennent ses responsabilitĂ©s". Au vu de la gestion "calamiteuse" du port, ces professionnels rĂ©clament la dĂ©mission de l’actuel directeur. Pour Guyllin Moutama, prĂ©sident de l'association des amodiatiares du port,"depuis un an, c’est comme une petite dictature, oĂč l’humain n’est pas prĂ©sent". Plusieurs griefs sont reprochĂ©s au directeur. Guyllin Moutama se souvient "Ă  la derniĂšre rĂ©union, il a dit que pour lui, la pĂȘche professionnelle ce n’est pas sa priorité ". Il assure "des courriers ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  toutes les autoritĂ©s et on est toujours sans rĂ©ponse, aujourd’hui on attend un geste fort d’Ibrahim Patel".

Ces professionnels rĂ©clament, avant tout, la sĂ©curitĂ© notamment concernant l’ensablement du port et les infiltrations que subissent les bĂątiments qui tombent en ruine.

Symbole "de la mauvaise gestion du port" disent-ils, le non renouvellement des autorisations d’occupation temporaire est une source d’inquiĂ©tude pour les commerçants. BenoĂźt Doki-Thonon, gĂ©rant de l’école de plongĂ©e "O Sea Bleu " estime qu’il n’y a pas de visibilitĂ© sur les AOT.  " La CCI n’a pas reconduit les autorisations des structures du port de Saint-Gilles depuis le 31 dĂ©cembre 2017 "dĂ©clare-t-il. Pour lui, c’est une difficultĂ© car "la banque ne peut pas nous accorder de prĂȘt puisqu’on n’a pas de garantie d’occupation des lieux. Il est donc difficile de dĂ©velopper la structure ".

L’absence d’AOT pose aussi des problĂšmes d’assurance. BenoĂźt Doki-Thonon poursuit "Ă  chaque pluie, j’ai des infiltrations d’eau et mon local est inondĂ©. Les travaux n’ont pas Ă©tĂ© fait par la CCIR. Du coup, j’ai perdu du matĂ©riel Ă©lectrique et je ne peux pas bĂ©nĂ©ficier d’une assurance pour ces pertes ". Les AOT n’ont pas Ă©tĂ© renouvelĂ©s, et pourtant on continue de payer les factures ", ajoute-t-il. Ces professionnels, souhaitent que les autorisations d’occupation temporaire soient dĂ©livrĂ©es en partenariat avec le TCO qui a aussi une part de responsabilitĂ© dans la gestion du port de plaisance.

- Et pourtant, le port gagne de l’argent –

Christophe Pottier, reprĂ©sentant des structures commerciales de la fĂ©dĂ©ration française de plongĂ©e interroge "oĂč est passĂ© l’argent ?". Il explique qu’à la derniĂšre rĂ©union portuaire, un bilan leur a Ă©tĂ© remis. Le dĂ©tail de ce bilan indique que le port de Saint-Gilles a gĂ©nĂ©rĂ© 1, 6 million d’euros de chiffre d’affaire avec un rĂ©sultat net de 340 000 euros. Christophe Pottier dĂ©clare "sur ces 340 000 on ne nous donne que 73 000 euros pour faire des travaux ".

Ces travaux "promis depuis longtemps n’ont jamais Ă©tĂ© faits". Les professionnels du port de Saint-Gilles rĂ©clament des travaux de sĂ©curisation des pontons, des bornes Ă©lectriques et des quais pour accueillir le public. Selon Christophe Pottier "mĂȘme le prĂ©sident du TCO a rĂ©clamĂ© ces travaux".

Les pĂ©cheurs, eux, dĂ©plorent le manque d’équipements du port de Saint-Gilles. Inquiets pour leur filiĂšre, ils doivent en plus s’accommoder des problĂšmes de sĂ©curitĂ© et de l’absence de matĂ©riel moderne indispensable dans le mĂ©tier.

Nicolas Hibon, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du comitĂ© rĂ©gional des pĂȘches souligne "c’est un port dĂ©laissĂ©". Il Ă©voque les difficultĂ©s des professionnels de la pĂȘche Ă  exercer correctement leur mĂ©tier "quand un pĂȘcheur arrive Ă  2 heures du matin et qu’il doit transporter son poisson jusqu’à son vĂ©hicule garĂ© Ă  l’autre bout du port, c’est un vrai problĂšme". Il poursuit " le port n’a mĂȘme pas de niche Ă  glace, les pĂȘcheurs sont obligĂ©s de se rendre au Port ou Ă  l’Etang SalĂ© en bateau pour aller chercher de la glace. Il n’y a pas non plus de mĂąt de levage pour le poisson". Toutes ces difficultĂ©s ne font qu’accroĂźtre le sentiment que la pĂȘche professionnelle est dĂ©laissĂ©e au profit de la pĂȘche de plaisance. Pourtant, assure Nicolas Hibon "ce sont ces professionnels de la pĂȘche qui remplissent les caisses du port de Saint-Gilles".

Pour Guyllin Moutama, le prĂ©sident de l’association des amodiataires du port de Saint-Gilles, "cette affaire va faire plus de bruit que celle des paillotes de l’Hermitage ". Il rappelle que le port de Saint-Gilles est une piĂšce maĂźtresse dans l’économie de Saint-Paul et plus largement de l’üle. Si la CCIR ne met pas d’argent dans le port, il est prĂȘt " à aller plus loin ".

La chambre de commerce et d'industrie n'a pas encore réagi à ces mises en cause.

www.ipreunion.com

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