Fin des quotas sucriers

Les syndicats de planteurs ne paniquent pas

  • PubliĂ© le 4 octobre 2017 Ă  03:00
  • ActualisĂ© le 4 octobre 2017 Ă  10:00
silo Ă  sucre au port ouest

Le sucre rĂ©unionnais brut extrait de la canne va maintenant se retrouver en concurrence avec celui de la betterave de mĂ©tropole. Le produit raffinĂ© localement va devoir affronter les importations Ă©trangĂšres. Le lundi 1er octobre 2017 marque en effet la fin des quotas. L'aide de l'État de 28 millions d'euros accordĂ©e Ă  La RĂ©union servira Ă  l'industriel TĂ©rĂ©os afin de garder sa compĂ©titivitĂ© intacte et Ă  Ă©couler sa production sucriĂšre brute.

 

L'officialisation de la libĂ©ralisation du marchĂ© europĂ©en intervient en pleine coupe "kan". La FĂ©dĂ©ration dĂ©partementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) alerte sur les pannes Ă  la centrale thermique de Bois Rouge, Ă  Saint-AndrĂ©. La cinquiĂšme fois selon elle. "L’usine stoppe automatiquement les rĂ©ceptions de canne par un envoi de texto aux planteurs", indique la FDSEA dans un communiquĂ©. ConsĂ©quences : pas de livraison, un non-rattrapage du quota perdu et des cannes laissĂ©es aux champs.

De quoi influer sur la richesse de la ressource et occasionner des pertes financiĂšres pour les professionnels. Certains d’entre eux risquent de ne pas terminer la campagne. Des planteurs demandent l’organisation d’une commission mixte d’usine afin de trouver une solution. Les syndicats rĂ©agissent, eux, Ă  cette fin des quotas prĂ©vue depuis 2013.

Jean-Bernard Gonthier, prĂ©sident de la Chambre d’agriculture et 1er vice-prĂ©sident de la ConfĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale des planteurs et Ă©leveurs de La RĂ©union (CGPER), analyse ce changement. Il craint l’avenir malgrĂ© les 28 millions d’euros censĂ©s servir de garantie jusqu’à 2021. Pour rappel, les organisations syndicales et l’usinier signaient le 11 juillet la derniĂšre convention cannes.

"Les planteurs savent qu’il y a un rĂ©pit jusqu’en 2021 mais ils surveillent de prĂšs le prix du sucre en mĂ©tropole. ConcrĂštement, le planteur ne verra pas de changement mais pour le sucre raffinĂ©, si le cours baisse trop au niveau europĂ©en, les 28 millions serviront Ă  compenser la baisse du prix", commente-t-il. Selon lui, les exploitants tentent dĂ©jĂ  de se moderniser ou de lancer de nouvelles variĂ©tĂ©s. Il compte Ă©galement sur les autres sous-produits de la canne.

Lire aussi : Les syndicats et Tereos ont signé la convention cannes. Le conflit est terminé

Johnny Apaya, directeur de la FDSEA, insiste lui aussi sur les prix de la tonne de canne validĂ©s dans le cadre de la convention. Il Ă©voque la diversification Ă  envisager aprĂšs 2021. "La rĂ©flexion est dĂ©jĂ  engagĂ©e avec les planteurs. On est davantage inquiets sur le sucre donc on prospecte vers d’autres modĂšles comme Maurice ou l’Inde. On veut emmener les planteurs vers l’aprĂšs 2021. On s’y prĂ©pare", considĂšre-t-il.

Cette prĂ©paration reste pour le moment Ă  l'Ă©tat de rĂ©flexion. Bruno Robert, prĂ©sident des Jeunes agriculteurs (JA), ne s'inquiĂšte non plus. La filiĂšre cannes-sucres aurait dĂ©jĂ  anticipĂ© cette libĂ©ralisation annoncĂ©e. Notamment avec les 28 millions d’euros de l’État.

"Les sucres spĂ©ciaux sont exclus de cette rĂ©forme et le prix minimum de la canne est garanti. L’inconnu concerne le bonus indexĂ© sur le prix du sucre. On a tout intĂ©rĂȘt Ă  ce que le cours augmente. Globalement le prix devrait remonter jusqu’à 2021. Pourquoi pas avoir un bonus d’ici 2 Ă  3 ans", prĂ©cise-t-il.

- 200 000 tonnes de cannes en moins -

Selon lui, la canne doit rester le pivot du monde agricole. Le but : mieux valoriser la ressouce afin de maintenir, a minima, le revenu du professionnel. MĂȘme s'il espĂšre plutĂŽt une augmentation. Les usines du Gol et de Bois Rouge rĂ©ussiront-elles Ă  broyer 2 millions de cannes d’ici la fin d’annĂ©e ? Un objectif difficile Ă  atteindre d’aprĂšs le dirigeant de la Chambre.

"Nous aurons une trĂšs bonne campagne dans le Nord-Est et une trĂšs mauvaise voire une campagne moyenne dans le Sud. Aux alentours d’1 million 8 Ă  1 million 85. En 2016, nous Ă©tions Ă  1 million 78. Le Nord-Est devrait approcher le million", avance Jean-Bernard Gonthier. Il ne met pas ce recul annoncĂ© sur le compte du retard dans le dĂ©but de la coupe avec le bras de fer entre agriculteurs et l’industriel.

Il Ă©voque surtout la sĂ©cheresse dans le Sud en fin d’annĂ©e derniĂšre. D’oĂč la baisse du tonnage. D'aprĂšs Johnny Apaya, les 2 millions de tonnes ne seront pas atteints. "Il y a 200 000 t de cannes broyĂ©es en moins par rapport Ă  l’an dernier Ă  pareille Ă©poque. Pour l’Est, les agriculteurs parlent d’un tonnage assez intĂ©ressant. La richesse s’élevait Ă  13,67 l’an dernier. On devrait ĂȘtre dans ces eaux-lĂ . Dans le Sud, il risque d’y avoir une perte importante", ajoute-t-il.

- "Une mauvaise richesse" -

Une diminution de la richesse confirmĂ©e par le reprĂ©sentant de la CGPER. "On aura une richesse moyenne dans le Nord-Est et une mauvaise richesse dans le Sud. L’an dernier, 50 agriculteurs Ă©taient en dessous de 11,88 de richesse. De Sainte-Rose Ă  Grand Bois, nous sommes dĂ©jĂ  Ă  150 personnes", regrette-t-il.

Bruno Robert, pense, lui que les deux millions peuvent ĂȘtre atteints. À Bois Rouge, 488 000 t sur 963 000 espĂ©rĂ©es ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© broyĂ©es. "Selon les simulations, la coupe devrait aller au moins jusqu’au 25 dĂ©cembre. Globalement, on ne sera pas loin du million neuf. Il faut s’attendre Ă  un peu moins de richesse car traditionnellement, beaucoup de tonnage signifie une perte de richesse", explique-t-il.

Pour rappel, 1 million 78 de tonnes de cannes Ă©taient broyĂ©es lors de la prĂ©cĂ©dente campagne sucriĂšre. En 2009, ce chiffre Ă©tait d'un million neuf. On verra s’il est dĂ©passĂ© dans les prochaines semaines.
 

ts.www.ipreunion.com

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4 Commentaires
GERARD97460
GERARD97460
8 ans

De toutes les façons vous Ă©tiez prĂ©venu de cela depuis maintenant plus de 25 ans que ce quota devait ĂȘtre supprimĂ© et aujourd'hui seulement vous commencez Ă  l'entendre juste un tout petit peu, vous ĂȘtes vraiment sourd ma parole. Depuis le temps qu'on vous dit de planter autre chose, NON, vous ne comprenez pas ce qu'on vous disait Ă  l'Ă©poque, alors maintenant il faut faire avec. A l'Île Maurice eux lĂ  bas ils ont compris cela depuis longtemps dĂ©jĂ  et vont tous arrĂȘter de planter la canne Ă  sucer et vont se mettre Ă  planter du cacao, eux n'ont plus de quota depuis un moment dĂ©jĂ , maintenant c'est vous les rĂ©unionnais les concernĂ© par le quota. Il faut faire avec maintenant, assumer cela comme des grands assistĂ©s....

la galette
la galette
8 ans

Ils vont se décider à planter carottes, l'ail, le choux, fruit à pain macaroni etc ?
Ah non suis-je bĂȘte ils comptent sur les aides et les subventions dĂ©partementales

CHABAN
CHABAN
8 ans

Normal, les fonctionnaires sont rarement inquiets pour leur paye.

CHABAN
CHABAN
8 ans

Normal, les fonctionnaires sont rarement inquiets pour leur paye.