Ils demandent l'état de catastrophe naturelle

Letchis : les agriculteurs ne peuvent honorer leurs charges sociales et fiscales

  • PubliĂ© le 13 novembre 2017 Ă  14:27
Letchis

Ils s'annoncent bien plus rares que les années précédentes sur les étals. En raison d'un hiver sec et chaud et des fortes pluies à l'heure des premiers fruits à récolter, Seuls 30% des letchis produits l'an dernier seront récoltés pour cette saison 2017-2018. Les agriculteurs, qui accusent un manque à gagner de 70%, demandent que soit décrété l'état de catastrophe naturelle. De son cÎté, la Chambre d'agriculture a monté plusieurs dossiers à destination de la sécurité sociale ou des impÎts. Elle demande qu'un geste soit fait vers les planteurs quant aux appels à cotisations qu'ils ne peuvent honorer.

Il va leur falloir de l'aide. Comme annoncĂ© le mois dernier, la saison des letchis s'annonce catastrophique. Les agriculteurs perdent cette annĂ©e 70% de leur production, entraĂźnant dans le mĂȘme temps, autant de pertes de revenus.

C'est sur la mĂ©tĂ©o que les agriculteurs comptent jouer pour justifier la demande pour que soit dĂ©clarĂ© l'Ă©tat de catastrophe naturelle. Ils Ă©voquent la sĂ©cheresse et les tempĂ©ratures douces subies pendant l'hiver austral, ainsi que les fortes pluies, notamment dans la rĂ©gion Est, qui ont eu des consĂ©quences sur la floraison des pieds de letchis. L'importante baisse de revenus qui touche les agricuteurs sera Ă©galement mentionnĂ©e. La balle est maintenant dans le camp de la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forĂȘt (DAAF), autrement dit dans les mains de l'Etat, dĂ©cisionnaire sur cette question.

Une dizaine de producteurs, notamment ceux qui ne produisent que des letchis, ont pour l'heure demandé de l'aide à la Chambre d'agriculture. Cette derniÚre s'adressera à la Sécurité sociale et aux impÎts pour qu'à minima, un échéancier des cotisations soit appliqué aux agriculteurs qui ne peuvent les honorer. La Chambre s'attend à ce que les demandes de ce type évoluent crescendo. "On espÚre une oreille attentive de la part des instances" explique Eric Lucas, technicien fruit au sein de la Chambre.

- Un impact important sur l'export -

De son cĂŽtĂ©, l'organisation consulaire s'inquiĂšte du marchĂ© Ă  l'export. "Nous avons mis plusieurs annĂ©es Ă  ĂȘtre prĂ©sents sur le marchĂ© mĂ©tropolitain. Cette annĂ©e, nous allons le perdre au vu de la baisse de la production. Il nous faudra au moins deux ans pour rĂ©cupĂ©rer ces parts de marchĂ©", dĂ©plore Eric Lucas.

Un dilemme s'impose ainsi devant les producteurs prĂ©sents sur le marchĂ© de l'export : "soit ils honorent le marchĂ© local et abandonnent leur marchĂ© extĂ©rieur, soit, ils consacrent une partie de leur maigre production Ă  l'export, au dĂ©triment des bazardiers rĂ©unionnais" note le technicien. Des aides exceptionnelles pourraient ĂȘtre allouĂ©es par les collectivitĂ©s ou par l'Etat, pour pallier le manque Ă  gagner qui s'annonce important pour la filiĂšre toute entiĂšre.

 

Lire aussi : Mauvaise saison pour les fruits : les letchis et les mangues vont manquer

 

La majoritĂ© des letchis devrait ĂȘtre disponible aux alentours du 20 dĂ©cembre. Ils Ă©taient vendus le 5 dĂ©cembre l'an dernier. Leur prix, actuellement compris entre 15 et 20 euros le kilo, devrait baisser dans les prochains jours, mais n'atteindra que rarement le prix d'un euro. En effet, quand 10.000 tonnes Ă©taient produites en 2016 sur l'ensemble de l'Ăźle, seules 2.500 tonnes de letchis sont prĂ©vues pour la rĂ©colte de cette saison. Comme un noyau qui reste en travers de la gorge.

jm/www.ipreunion.com

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1 Commentaires
yvan
yvan
8 ans

et l'année derniÚre, il y en a eu trop, ont-ils demandé de payer plus de charges...