Selon les syndicats de police de l'Ăźle

Mesures anti-casseurs : un "effet d'annonce"

  • PubliĂ© le 21 mars 2019 Ă  02:58
  • ActualisĂ© le 21 mars 2019 Ă  07:16
Edouard Philippe et Christophe Castaner lors d'une conférence de presse à Matignon, le 18 mars 2019

AprĂšs l'Ă©chec cuisant qu'a Ă©tĂ© la manifestation du 16 mars pour les forces de l'ordre et le gouvernement, Edouard Philippe annonçait ce lundi de nouvelles mesures afin de ne pas reproduire la mĂȘme erreur. Des mesures qui ne convainquent qu'Ă  moitiĂ© les syndicats Ă  La RĂ©union.

Le Premier ministre Edouard Philippe l’annonçait lundi 18 mars : la rĂ©pression anti-casseurs va largement se durcir. On peut notamment citer comme mesures phares l’interdiction de manifestations " Gilets jaunes " en cas de prĂ©sence d’ultras dans certaines zones, une autonomie accrue des forces de l’ordre sur le terrain, ou encore de nouveaux Ă©quipements pour ces derniĂšres (drones, produits marquants, etc).

Pour le secrĂ©taire rĂ©unionnais du syndicat UnitĂ© SGP Police FO, Gilles Clain, la nouvelle est plus que bienvenue. " Enfin ! " rĂ©agi-t-il simplement. S’il est d’avis que le discours n’est en rĂ©alitĂ© qu’un " effet d’annonce ", il salue tout de mĂȘme les nouvelles responsabilitĂ©s qui vont ĂȘtre incombĂ©es aux forces de l’ordre. " Nous le disons depuis le dĂ©but des manifestations : les technocrates ne sont pas qualifiĂ©s pour mettre en place une stratĂ©gie efficace, dĂ©veloppe-t-il, c’est aux spĂ©cialistes du terrain de le faire, et nous allons enfin pouvoir mettre notre expertise en place ".

Idriss Rangassamy, secrĂ©taire d’Alliance Police nationale 974, partage la mĂȘme vision. " Ces annonces sont de la poudre aux yeux, mais elles sont tout de mĂȘme les bienvenues concernant la nouvelle gestion des ordres sur le terrain, explique-t-il, l’ordre hiĂ©rarchique bloquait toute capacitĂ© des forces de l’ordre de rĂ©pondre efficacement contre les violences ".

ReconnaĂźtre les ultras ?

La question de l’identification des ultras reste cependant Ă©pineuse. Comment reconnaĂźtre un manifestant d’un " ultra " ? Gilles Clain l’admet, la tĂąche est loin d’ĂȘtre facile : " Nous connaissons leur visage, mais la plupart des manifestants sont de toute façon masquĂ©s, donc non-reconnaissables, explique-t-il, mais avec les nouvelles mesures, nous allons pouvoir faire plus de prĂ©vention ". Comprendre que les contrĂŽles entourant les manifestations seront bien plus encadrĂ©s, plus nombreux, et que les arrestations prĂ©ventives seront de mise.

" Nous avons de toute façon une liste de personnes fichées à La Réunion, que ce soit pour leur appartenance à une mouvance politique ou tout simplement des faits de violence en manifestation, développe Idriss Rangassamy, si elles sont contrÎlées en marge des manifestations, nous pourrons les exfiltrer ".

Mais ces annonces serviront-elles vraiment Ă  calmer les ardeurs des manifestants ? " L’interdiction de se masquer le visage en manifestation existe depuis bien longtemps, ça ne les a jamais empĂȘchĂ©s de le faire, souligne Gilles Clain, l’unique diffĂ©rence ici est notre plus grande marge de manƓuvre sur le terrain ".

" Je ne suis personnellement pas convaincu de l’efficacitĂ© de ces nouvelles mesures, mais j’imagine que cela se vĂ©rifiera lors de la prochaine manifestation " indique, lui, Idriss Rangassamy.

Les arrestations devraient en tout cas encore se multiplier si les violences ne diminuent pas. Et ces nouvelles mesures, que beaucoup dĂ©crient comme une atteinte Ă  la libertĂ© de manifester, ne devraient peut-ĂȘtre pas arranger les tensions.

as/www.ipreunion.com

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