Débarqués mardi 5 février 2019 au Port-ouest, les 70 passagers du bateau sri-lankais l'Imula commencent leur (longue) bataille administrative et probablement judiciaire pour obtenir l'asile en France. Ils ont été placé en "zone d'attente" et sont logés dans des hÎtels, la zone d'attente de l'aéroport de Gillot étant trop limitée.
⹠Arrivés sur une coque de noix
Le navire de migrants a Ă©tĂ© interceptĂ© par les autoritĂ©s maritimes Ă environ 5 kilomĂštres au large des cĂŽtes rĂ©unionnaises en fin d'aprĂšs-midi, lundi 4 fĂ©vrier 2019. "L'Imula" transporte environ 70 personnes dont cinq enfants et huit femmes. Il ressemble en tout point aux autres bateaux arrivĂ©s prĂ©cĂ©demment : des navires de pĂȘches que nous trouvons trĂšs souvent au Sri-Lanka, nous expliquait il y a quelques semaines Anthony Goreau-Ponceaud, gĂ©ographe, maĂźtre de confĂ©rences Ă l'UniversitĂ© de Bordeaux. PrĂšs de 4.000 kilomĂštres et 20 jours de navigation sĂ©parent l'ancien Ceylan et La RĂ©union.
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⹠Placés en zone d'attente dans un hÎtel
A la fin des opérations administrative (identification des personnes etc.) et sanitaire, les 70 migrants ont été conduits dans un hÎtel. La zone en attente de Gillot est trop limitée
Cet hĂŽtel a donc le statut de "zone d'attente". C'est "un lieu dâenfermement de lâĂ©tranger, prĂ©cise l'avocat MaĂźtre Ali Mihidoiri. Câest une zone dâaccĂšs trĂšs limitĂ©e, la loi prĂ©voit spĂ©cifiquement les personnes qui sont autorisĂ©es Ă y accĂ©der."
La pĂ©riode maximum de maintien dans cette zone est de 20 jours, sous contrĂŽle du Juge des LibertĂ©s et de la dĂ©tention. "Ce dernier intervient une premiĂšre fois au bout de quatre jours pour dĂ©cider, le cas Ă©chĂ©ant, d'une prolongation de 8 jours supplĂ©mentaires et une seconde fois au terme de ces 8 jours en vue d'une Ă©ventuelle prolongation exceptionnelle d'encore huit jours," signale lâOffice français de protection des rĂ©fugiĂ©s et apatrides (Ofpra).
âą Vont-ils demander l'asile ?
D'aprÚs la Péfecture, les passagers de l'Imula ont bien l'intention de demander l'asile à la frontiÚre. Demander l'asile en France n'est en rien facile : c'est une véritable bataille administrative et parfois judicaire. Penser qu'un migrant obtient facilement l'asile est une erreur... C'est long, trÚs long et difficile.
La demande d'asile Ă la frontiĂšre a Ă©tĂ© instaurĂ©e en 1982. Elle a "pour objet dâautoriser ou non lâentrĂ©e sur le territoire, au titre de lâasile, des ressortissant Ă©trangers qui se prĂ©sentent aux frontiĂšres dĂ©munies des documents requis pour y ĂȘtre admis," Ă©crit lâOfpra sur son site. Câest le ministĂšre de lâIntĂ©rieur qui prend la dĂ©cision dâadmettre ou non le demandeur sur le territoire, aprĂšs avis de lâOfpra.
En cas dâadmission sur le territoire, lâĂ©tranger a huit jours pour formuler une demande d'asile auprĂšs de la PrĂ©fecture. Une dĂ©cision de non admission se traduira par le renvoi de la personne vers son pays dâorigine. Un recours est cependant possible devant le Tribunal administratif.
Durant cette pĂ©riode, lâĂ©tranger est maintenu en zone dâattente.
âą "Quels sont les moyens que nous pouvons mobiliser pour accueillir ces personnes" s'interroge Olivier Hoarau, maire du Port
Interrogé mardi 5 février 2019 sur les arrivées de migrants à La Réunion, le maire du Port Olivier Hoarau a déclaré : "quels sont les moyens que l'Etat français peut mobiliser pour enrayer ce phénomÚne, non pas que nous ne souhaitons pas les voir arriver, c'est surtout de pouvoir les accueillir." Pour lui, la ville du Port n'est pas la seule concernée. "Il y a une mobilisation de certains avocats pour défendre leur droit, poursuit-il. C'est la Constitution française, ils sont sur un territoire français et je me réjouis qu'elle protÚge ces personnes."
Au sujet des commentaires xĂ©nophobes, racistes entendus comme de coutume Ă chaque nouvelle arrivĂ©e, le maire du Port rĂ©agit : "Le premier sentiment en gĂ©nĂ©ral lorsqu'on parle avec Ă©motions, est nĂ©gatif. Dans ce genre de situation, il faut que la raison reprenne le pas dessus. Compte tenu de la situation de beaucoup de RĂ©unionnaises et de RĂ©unionnais, sur le logement ou le travail... et de voir peut-ĂȘtre ces arrivants comme des menaces pour leurs conditions, il faut rassurer dans la qualitĂ© et la capacitĂ© de prendre en charge ces ressortissants."
⹠Avant l'Imula, quatre bateaux sont arrivés à La Réunion en onze mois. Que sont devenus leurs passagers?
=> 1er bateau, arrivĂ© en mars 2018 : Les six hommes avaient pu dĂ©poser une demande dâasile. Lâun dâentre eux a choisi de rentrer au Sri-Lanka, les autres viennent de recevoir une rĂ©ponse nĂ©gative lâOfpra. Certains veulent faire appel de la dĂ©cision.
=> 2Úme bateau, arrivé en octobre 2018 : Les huit hommes ont été rapatriés en grande pompe quelques jours aprÚs leur arrivée. Du cÎté de la Cimade, l'association qui lutte pour le respect des droits des migrants, on se demandait si les procédures avaient été respectées...
=> 3Ăšme bateau, arrivĂ© le 14 dĂ©cembre 2018 : Les 62 Sri-lankais, hommes, femmes et enfants ont dĂ©posĂ© leur demande dâasile Ă la PrĂ©fecture. Ils sont en attente de la dĂ©cision de l'Ofpra.
=> 4Úme bateau, arrivé le 26 décembre 2018 : AprÚs de multiples péripéties judiciaires, les 7 hommes arrivés à bord du "Roshan" seront reconduits dans leur pays.
www.ipreunion.com

Je crois qu'il faudrait par commencer par l'avocat, ce n'est pas normal que ces gens arrivent avec pour seul papier, le numéro du miridoiri et connaissent que leur droit. Je suis certain que des gens bien placés à la Réunion sont complices dans cette filiÚre d'immigration.Il faudrait que l'avocat soit nommé, mais pas choisi par le clandestin avant de quitter son pays.