Mobilisation agricole à Paris : plusieurs agriculteurs de La Réunion placés en garde à vue

  • Publié le 15 janvier 2026 à 10:09
  • Actualisé le 15 janvier 2026 à 13:45
Des tracteurs devant l'Assemblée nationale lors d'une manifestation d'agriculteurs le 13 janvier 2026, à Paris

Une centaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne sont parvenus mercredi à entrer dans une annexe du ministère de l'Agriculture à Paris, qu'ils ont occupée pendant une heure avant d'être délogés. Une cinquantaine d'agriculteurs ont été placés en garde à vue de 50. Parmi eux, plusieurs représentants du milieu agricole de La Réunion, dont des membres de la CGPER (Photo AFP)

Les membres de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER) étaient présents à Paris afin de porter les revendications spécifiques des agricultures ultramarines.

Dans une publication Facebook, le représentant de la CGPER, Jean-Michel Moutama, "exprime sa vive préoccupation face à ces placements en garde à vue, qui interviennent dans un contexte de mobilisation visant à alerter les pouvoirs publics sur les difficultés structurelles du monde agricole, et en particulier celles rencontrées dans les territoires ultramarins".

La "CGPER réaffirme son attachement au dialogue, au respect du droit de manifester et à la prise en compte des réalités agricoles des DROM".

La Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion "appelle les autorités à faire preuve d’apaisement et à engager sans délai des échanges constructifs avec l’ensemble des organisations agricoles mobilisées".

- Action coup de poing de la Confédération paysanne à Paris -

Les manifestants réunis dans l'enceinte de la direction générale de la performance économique, à quelques mètres de l'entrée du ministère dans le VIIe arrondissement de Paris, ont déployé une banderole plaidant: "L'agriculture, on veut en vivre, pas en mourir".

"Un groupe de personnes se revendiquant de la Confédération Paysanne a pénétré sans autorisation l'enceinte extérieure d'une annexe du ministère de l'Agriculture", a relaté la préfecture de Paris dans la soirée, précisant que "ces faits sont constitutifs d’un grave trouble à l'ordre public et de plusieurs délits".

La Confédération paysanne a appelé à un rassemblement devant le commissariat du XVIIIe arrondissement, dans le nord de Paris, pour protester contre le "mépris constant" du gouvernement envers les paysans.

"La ministre de l'Agriculture a porté plainte contre une action pacifique, menée sans aucune violence", a dénoncé le syndicat dans un communiqué appelant à la libération des militants et dénonçant "le deux poids deux mesures de ce gouvernement dans la répression syndicale et dans les réponses politiques aux demandes" des agriculteurs.

Etaient présents des agriculteurs venus d'Outre-mer, pour clamer "la solidarité entre les paysans" et dénoncer la politique agricole du gouvernement et l'accaparement selon eux des subventions publiques par un petit nombre d'exploitants et de grands groupes agroindustriels.

Fanny Métrat, une des porte-parole de la Confédération paysanne a demandé la "décolonisation de l'agriculture" et "la fin de cette cogestion insupportable de la FNSEA (premier syndicat agricole) et du ministère de l'Agriculture".

Cette déclaration intervient au lendemain d'une nouvelle salve d'annonces du gouvernement qui a notamment promis une "loi d'urgence agricole" portant sur la prédation (attaques de prédateurs sur le bétail), l'eau et les moyens de production, répondant très exactement aux demandes de l'alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs qui domine le paysage syndical agricole.

La FNSEA, qui a longtemps été le seul interlocuteur de l'Etat avant l'émergence d'autres syndicats et notamment la Confédération paysanne en 1987, est régulièrement accusée par les autres forces d'imposer son ordre du jour à l'État.

"La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu'on se mobilise, tout ce qu'on obtient c'est de la répression", a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.

Vendredi, Thomas Gibert et Stéphane Galais, le troisième porte-parole, avaient été interpellés brutalement au pied de l'Arc de Triomphe, où il étaient venus attendre six tracteurs de leur syndicat après une opération escargot sur le périphérique. 

www.imazpress.com avec AFP/[email protected]

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1 Commentaires
Ded
Ded
12 heures

ceux qui ont été arrêtés n'appartenaient donc pas à la FNSEA dont le patron Rousseau est le complice voire plus du gouvernement, Genevard lui obéit , il dicte sa loi , c'est tout.. C'est un industriel de l'agriculture qui a aussi de gros intérêts au Brésil et qui ne défend ( depuis toujours) que les industriels de l'agriculture , qui défend l'agriculture intensive sur d'énormes surface l'emploi en masse des engrais chimiques et des pesticides ( donc la FNSEA veut la disparition des petits mais chut , bons nombre d'entre eux sont à la FNSEA!!!) Ceux qui sont arrêtés dans les manifs sont les autres!