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Mouvement du 17 novembre : "il y a de la grogne et il faut que les gens s'expriment"

  • PubliĂ© le 16 novembre 2018 Ă  02:59
  • ActualisĂ© le 16 novembre 2018 Ă  07:33
ScĂšne de rue Ă  Saint-Denis

Demain nous serons le 17 novembre. Est-ce que le mouvement prendra ? Est-ce qu'il sera suivi ? Y aura des débordements ? Une ambiance bon enfant ? Difficile à dire, difficile à prévoir. Nous entendons tout et son contraire. Dans les rues de Saint-Denis, les passants soutiennent les actions menées, mais ils craignent également les casseurs. Les commerçants de leur cÎté hésitent à ouvrir leur boutique et ont du mal à anticiper...

Dans les rues de Saint-Denis, le mouvement du 17 novembre a bien pris. Les passants soutiennent pour la plupart les actions qui seront menĂ©es tout au long de la journĂ©e, certains y participeront, comme VĂ©ronique qui " crie haut et fort son mĂ©contentement " contre la vie chĂšre. " Je soutiens ces gilets jaunes. Il faut manifester !  Il ne faut pas penser aux dĂ©bordements, tout dĂ©pend des personnes, mais je ne m’inquiĂšte pas, si nous faisons ça bien. "

Anna quant Ă  elle restera chez elle : " je ne vais pas dĂ©penser ce jours lĂ , c’est ma façon de les soutenir. " AnaĂŻs et MaĂ«lle sont plus rĂ©servĂ©es sur ce sujet. Pour les deux copines, le 17 novembre ne prendra pas : " il n’y a pas de solidaritĂ© Ă  La RĂ©union, du communautarisme, mais pas de solidaritĂ©. " Les jeunes femmes soutiennent le mouvement mais craignent qu’il n’y aura que des dĂ©bordements " on ne sortira pas, on Ă©vitera. "

De son cĂŽtĂ©, Jean-Luc soutient les gilets jaune et ne craint pas les dĂ©bordements : " Il y a une pression fiscale permanente, on taxe les plus pauvres, ceux qui ont moins de ressources. Le 17 novembre est un mouvement populaire qui s’exprime, c’est bien et c’est normal. La casse n’est pas souhaitable mais il y a de la grogne et il faut que les gens s’expriment, c’est une manif, un mouvement dĂ©mocratique, c’est comme ça la dĂ©mocratie. "

"On ouvre et s’il y a des dĂ©bordements
"

Du cĂŽtĂ© des commerçants de la rue MarĂ©chal Leclerc Ă  Saint-Denis, c’est l’inconnu : on apprĂ©hende les blocages et on craint les dĂ©bordements. Thomas qui tient un magasin de cosmĂ©tiques et de maquillages dans le centre-ville explique que c’est " trĂšs compliquĂ© Ă  anticiper. J’aurais prĂ©fĂ©rĂ© qu’on nous dise : " Ă©coutez, tout sera bloquĂ©, vous ĂȘtes obligĂ© de fermer " Et j’aurai prĂ©venu mes salariĂ©s en leur disant que c’est une journĂ©e de congĂ©s payĂ©s. Mais c’est samedi donc je vais ouvrir, et si la tĂȘte de cortĂšge arrive en amont et me dis de fermer, je serais obligĂ© sinon je risque des jets de pierre, des casses de vitrines
 "

Le commerçant craint que les gilets jaunes ne fassent pas la distinction entre " les grands et les petits " : " nous sommes des petits commerçants, on se lĂšve trĂšs tĂŽt, on se couche trĂšs tard et on carbure pour payer nos retards. J’ai entendu qu’il n’y aura que 850 agents mobilisĂ©s pour ce 17 novembre Ă  La RĂ©union. Rien qu’à voir les dĂ©bordements d’Halloween, nous pouvons toujours craindre et anticiper
 "

MĂȘme discours dans le magasin de sport d’à cĂŽtĂ© : " s’il y a des dĂ©bordements, on ne prendra pas de risque, on fermera la boutique, s’exclame Sylvain. A La RĂ©union, quand il y a ce genre de mouvement, il y a aussi beaucoup de jeunes qui veulent se montrer
 c’est pas toujours pour la bonne cause
 " Patrick, gĂ©rant d’un magasin de chaussures, hĂ©site Ă  ouvrir
" j’habite juste Ă  cĂŽté  on verra comment la journĂ©e se dĂ©roule. Les dĂ©bordements sont trĂšs probables. Dans ce cas, je ne vais pas sortir et la boutique sera fermĂ©e. "

www.ipreunion.com

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